Recession 2025
Rappel de début d’année : un marché du travail détendu n’annonce pas la récession. L’expansion reste tirée par les salaires (6,4 %), pas par le crédit.

Voici votre rappel annuel : ce n’est pas parce que les marchés du travail ne sont plus tendus de manière séculaire que nous sommes proches de la récession.
Le marché du travail se détend, mais la masse salariale des ménages (+6,4 %) finance toujours la demande — l’expansion reste tirée par les revenus, pas le crédit.
Il est important de commencer l’année en se rappelant ce qui fait vraiment tourner l’expansion de ces dernières années : la croissance des revenus. Les rapports sur le PCE le confirment — cette expansion reste tirée par les revenus, pas par le crédit.
Une expansion tirée par les salaires
La croissance nominale des salaires des ménages est la plus forte depuis des décennies. Elle alimente une demande nominale toujours soutenue, alors même que le taux d’épargne reste stable et que les emprunts demeurent faibles.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
| Mesure | Croissance |
|---|---|
| Salaires totaux des ménages | 6,4 % |
| Consommation | ~5,3 % |
La croissance des salaires (6,4 %) reste supérieure à celle des dépenses (~5,3 %), et ce malgré un certain ralentissement des créations d’emplois sur l’année écoulée. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que la croissance des dépenses reste assez forte et que le taux d’épargne tienne, bien loin de ses plus bas cycliques.
« Les gens gagnent plus, donc ils dépensent plus »
Pour beaucoup, cette explication est trop simple, et l’on cherche toutes sortes d’autres raisons — généralement non étayées par les données. Or, ce qui ne soutient pas la demande, c’est précisément :
- Les intérêts : leur croissance a ralenti jusqu’à frôler zéro.
- Les transferts gouvernementaux : leur part dans la croissance du revenu des ménages reste assez faible face à la seule croissance des salaires.
- Les emprunts : malgré tous les graphiques pessimistes sur les niveaux nominaux d’encours de cartes de crédit, ils restent extrêmement anémiques par rapport aux fins de cycle passées et aux plus bas cycliques post-Covid.
- Le « déficit » : la thèse selon laquelle il soutiendrait les dépenses des ménages ne tient pas, puisque celles-ci se sont considérablement contractées depuis 2021, alors même que la croissance des salaires accélérait.
Une dynamique d’autrefois
Cette mécanique semblera familière à qui a étudié les économies anciennes, en particulier celles fondées sur des devises fortes (masse monétaire fixe) et des systèmes de crédit sous-développés (non axés sur le crédit). Dans ces cas-là, la croissance des revenus entraîne celle des dépenses, qui entraîne celle des revenus. Aussi simple que cela.
Cela peut-il ralentir ?
Qu’une expansion soit durablement tirée par les revenus ne la rend pas immunisée contre un ralentissement — simplement, contrairement aux cycles de crédit, elle n’est pas si sensible aux taux et au crédit.
Le ralentissement supposerait plutôt que les ménages relèvent leur taux d’épargne, probablement sous l’effet d’une baisse des prix des actifs. De là pourrait s’enclencher un cercle vicieux : réduction des dépenses → pertes d’emplois → baisse des revenus → ralentissement des dépenses.
Mais, pour l’heure, les signes de ce type sont rares : les prix des actifs atteignent de nouveaux sommets et l’emploi reste plutôt bon. L’expansion tirée par les revenus se poursuit donc.
En règle générale, les entreprises ne taillent pas dans leurs effectifs quand le cours de leur action est clairement en hausse par rapport aux deux années précédentes. Il a fallu la forte baisse de 2022 pour déclencher des réductions.
Source : FRED.