Pas un programme à apprendre par cœur. Chaque terme est introduit, démontré et pratiqué en cours — sur graphique, en live. L’aide-mémoire reste à portée pour relire une définition au calme.
Mécanique des marchés.
Avant toute méthode : comment un marché fonctionne vraiment. Qui pose les prix, qui les fait bouger — et ce que coûte le simple fait d’entrer et de sortir.
Le carnet & l’exécution
Carnet d’ordres
Depth of Market · DOM
La file d’attente des ordres, en direct. Tous les ordres limités en attente, empilés par prix : vendeurs au-dessus (ask), acheteurs en dessous (bid). Il révèle la liquidité disponible — mais reste surtout du bruit : un ordre affiché peut s’évaporer avant d’être touché.
Bid / Ask
Meilleur acheteur / meilleur vendeur
Les deux meilleurs prix de l’instant. Le bid est le prix le plus haut qu’un acheteur propose ; l’ask le prix le plus bas qu’un vendeur accepte. On achète à l’ask, on vend au bid — jamais l’inverse.
Spread
L’écart bid-ask
Le péage de l’immédiateté. La distance entre le bid et l’ask. Étroit sur un marché liquide, large sur un marché peu traité. C’est un coût caché : entrer puis ressortir aussitôt vous fait déjà perdre le spread.
Slippage
Dérapage
Le prix promis n’est pas le prix servi. Écart entre le prix espéré et le prix réellement obtenu sur un ordre au marché, quand la liquidité au meilleur niveau ne suffit pas et que l’ordre « mange » les niveaux suivants. Pire en faible liquidité et en pleine volatilité.
Ordre au marché
Market order
Exécution tout de suite, prix non garanti. Achète ou vend immédiatement au meilleur prix disponible. On est certain d’être exécuté — mais l’ordre consomme la liquidité et encaisse le spread et le slippage.
Ordre limité
Limit order
Prix garanti, exécution non garantie. Achète (ou vend) uniquement à un prix fixé ou meilleur. Il fournit la liquidité et évite le slippage — mais peut ne jamais être touché si le prix ne vient pas le chercher.
Ordre stop
Stop order
Un ordre qui dort jusqu’à un seuil. Inactif tant que le prix n’a pas franchi un niveau déclencheur ; il se transforme alors en ordre au marché. Sert à couper une perte (stop-loss) ou à entrer sur cassure.
Acheter-et-tenir
Buy and hold
Acheter, puis garder — longtemps. Stratégie passive : on achète un titre ou un indice et on le conserve des années, sans chercher à minuter les entrées et sorties, en pariant sur la hausse de long terme. À l’opposé du trading actif : simple et peu coûteuse en frais, mais elle subit de plein fouet les marchés baissiers.
Scalping
Profits éclair, répétés
Des gains minuscules, répétés sans fin. Le style de trading le plus rapide : on entre et on sort en quelques secondes à quelques minutes pour grappiller une fraction à chaque coup. Il vit de la liquidité et d’une fourchette serrée ; il meurt des frais — sans amplitude suffisante, le coût du passage et le dérapage dévorent le gain. Exige une exécution instantanée et un sang-froid de machine.
Coûts de transaction
Transaction costs
L’ennemi invisible. Le spread et les commissions payés à chaque aller-retour. Minuscules pris un par un, ils deviennent une fuite lente une fois cumulés sur des centaines de trades — au point de faire du trading un jeu à somme négative. Le « zéro commission » n’efface pas le spread.
TWAP
Time-Weighted Average Price
Découper l’ordre dans le temps. Un gros ordre exécuté en tranches égales réparties sur une durée fixe, pour réduire son empreinte sur le prix. À la différence du VWAP, il ignore le volume : il suit l’horloge, pas l’activité du marché.
Marquage au marché
Mark-to-market
Réévaluer la position en continu. À chaque instant, la position est valorisée au prix courant : le P&L latent monte et descend avec le marché, avant même la clôture. C’est ce qui fait gonfler ou fondre le compte au fil de la séance — et ce qui met les nerfs à l’épreuve.
Risque de gap
Gap risk
Le prix saute — le stop est franchi sans être servi. Quand le cours passe d’un niveau à un autre sans coter entre les deux (week-end, donnée, retrait d’un soutien), un stop placé dans le trou n’est pas exécuté à son niveau : on sort bien plus loin. Trois sources : de la clôture à l’ouverture, un événement, le retrait d’un plafond ou d’un plancher.
Position, levier & marge
Long & Short
Acheter / vendre à découvert
Parier à la hausse, ou à la baisse. Être long, c’est acheter en espérant que ça monte. Être short, c’est vendre un actif emprunté pour le racheter moins cher : on gagne quand ça baisse — mais la perte, elle, est potentiellement illimitée.
Position
Exposition ouverte
Votre pari en cours. L’exposition détenue sur un actif, longue ou courte, tant qu’elle n’est pas clôturée. Sa taille décide de combien un mouvement de prix vous fait gagner — ou perdre.
Levier
Leverage
Trader plus gros que son capital. Emprunter pour multiplier l’exposition : à 10×, 1 000 € en contrôlent 10 000. Les gains sont multipliés… et les pertes aussi. Un petit mouvement adverse peut effacer toute la marge.
Marge
Margin
La caution bloquée. Le capital immobilisé en garantie pour tenir une position à effet de levier. Si la position perd et que la marge devient insuffisante, le courtier réclame des fonds — ou solde d’office.
Appel de marge
Margin call
« Remettez au pot, ou je solde. » Quand les pertes rongent la marge sous le seuil exigé, le courtier réclame des fonds supplémentaires. Faute de quoi il clôture la position de force — souvent au pire moment.
Marge croisée / isolée
Cross / isolated margin
Tout le compte, ou juste la case. En marge croisée, l’ensemble du solde garantit toutes les positions : une perte pioche dans le compte entier, ce qui éloigne la liquidation mais l’étend à tout. En marge isolée, chaque position est cloisonnée avec sa propre marge : on ne perd que la mise engagée, mais elle saute plus vite.
Marge de variation / de maintien
Variation / maintenance margin
Le solde ajusté chaque soir. La marge de variation est le flux quotidien réglé au mark-to-market : gains et pertes passent en cash chaque jour. La marge de maintien est le plancher à tenir ; passer dessous déclenche l’appel de marge. La marge initiale ouvre la position, ces deux-là la maintiennent en vie.
Liquidation forcée
Forced liquidation
La position fermée sans votre accord. Le courtier solde d’office une position à levier dont la marge est épuisée. En crypto, ces liquidations en chaîne s’auto-alimentent et provoquent des mèches violentes — une cascade.
Pyramidage
Pyramiding
On muscle la position qui gagne. Ajouter à une position déjà bénéficiaire, par paliers, en remontant le stop suiveur derrière le coût moyen à chaque renfort : on agrandit la mise sur le mouvement sans rouvrir le risque initial. C’est l’exact inverse du moyennage à la baisse, qui, lui, arrose une position perdante — le réflexe qui ruine.
Vente à découvert
Short selling
L’achat joué à l’envers. On emprunte un titre pour le vendre tout de suite, dans l’espoir de le racheter moins cher et de le rendre : on parie à la baisse. Le risque est asymétrique — gain plafonné (le cours ne descend pas sous zéro), perte sans plafond (il peut monter sans limite) — et un coût de portage est prélevé chaque jour tant que la position reste ouverte.
Qui fabrique le prix
Trading haute fréquence
High-frequency trading (HFT)
Des machines qui cotent à la milliseconde. Programmes automatisés qui placent, modifient et annulent des ordres en continu pour arbitrer des écarts minuscules et tenir le marché. Souvent teneurs de marché électroniques, ils fournissent une grande part de la liquidité affichée et représentent environ la moitié du volume sur les actions américaines — au prix d’une course permanente à la latence.
Réseau électronique (ECN)
Electronic communication network
De la plomberie, pas un négociant. Une plateforme qui ne cote rien elle-même mais croise directement les ordres acheteurs et vendeurs, sans teneur de marché humain entre les deux. Quand un acheteur et un vendeur se rencontrent au même prix, l’ECN les apparie en microsecondes et s’efface — accès transparent au meilleur bid/ask, souvent même hors des heures classiques.
Paiement pour flux d’ordres
Payment for order flow · PFOF
Le courtier « gratuit » vous vend. Un courtier sans commission revend le flux d’ordres de ses clients particuliers à un internalisateur (un teneur de marché) qui les exécute hors Bourse, contre rémunération. D’où le conflit d’intérêts : le courtier est payé pour router là, pas forcément au meilleur prix. Autorisé mais encadré aux États-Unis, interdit dans l’Union européenne.
A-book / B-book
A-book / B-book
Le courtier transmet, ou parie contre vous. Deux modèles d’exécution. En A-book, le courtier route votre ordre vers le marché et se couvre : il gagne sur la commission, sans conflit d’intérêts. En B-book, il prend lui-même la contrepartie : vos pertes deviennent son gain. La plupart des courtiers de détail panachent les deux selon le profil du client.
Dark pool
Dark pool · carnet opaque
La liquidité qui s’échange dans le noir. Une plateforme d’échange privée où de gros blocs se croisent sans afficher la profondeur ni les intentions, pour ne pas déplacer le marché. Un fonds qui vend un énorme paquet d’actions y évite que le prix se dérobe avant la fin. Le revers : une part notable du volume se forme hors du grand carnet, à l’écart de la découverte publique du prix.
Lire le prix.
La grammaire du mouvement, indépendamment de la méthode Wyckoff — ces termes décrivent ce que le prix fait au quotidien.
Structure de marché
ATH
All-Time High
Plus haut historique d’un actif. Niveau psychologique fort.
Axis Line
—
Niveau de prix qui sert alternativement de support et de résistance. Les prix tournent autour de ces axes ; chaque cassure inverse le rôle.
CHoCH
Change of Character
Le marché change de caractère. La première cassure de structure à contre-tendance : après une série de sommets de plus en plus bas, le prix en dépasse un (ou l’inverse), et la tendance cède au range. À distinguer du BOS, qui prolonge la tendance. En lecture Wyckoff, c’est le rebond automatique (AR) qui brise le rythme baissier ; la cassure du range (SOS / SOW) vient ensuite.
HH
Higher High
Sommet plus haut que le précédent. Marqueur d’une tendance haussière.
HL
Higher Low
Creux plus haut que le précédent. Couplé à HH = tendance haussière confirmée.
LH
Lower High
Sommet plus bas que le précédent. Marqueur d’une tendance baissière.
Liquidité
Aimants à prix
Là où dorment les ordres en attente. Anciens sommets, anciens creux, sous les stops : des zones bourrées d’ordres que le prix vient chercher. Les gros opérateurs y trouvent la contrepartie pour ouvrir comme pour solder — d’où les objectifs de take-profit.
LL
Lower Low
Creux plus bas que le précédent. Couplé à LH = tendance baissière confirmée.
PA
Price Action
Lecture directe du mouvement du prix, sans intermédiaire indicateur.
Range
Zone de latéralisation
Phase de consolidation entre un support et une résistance, après l’épuisement d’une tendance. C’est dans le range que se construit la cause (accumulation ou distribution) qui déclenchera le prochain mouvement tendanciel.
SOT
Shortening of the Thrust
Raccourcissement progressif des impulsions dans le sens de la tendance. Signal de perte de momentum. Trois impulsions minimum pour identifier un SOT fiable.
Niveaux, zones & price action
Support
Le plancher de la demande
Le plancher où la demande reprend la main. Un niveau où les acheteurs sont assez nombreux pour stopper la baisse et faire rebondir le prix. Plus il est testé sans céder, plus il compte — mais chaque test l’use un peu.
Résistance
Le plafond de l’offre
Le plafond où l’offre reprend la main. Le niveau où les vendeurs stoppent la hausse et font refluer le prix. Symétrique du support — et une fois cassé, il se retourne souvent en support : c’est la polarité.
Order block
Order block
Là où l’impulsion a démarré. En lecture moderne (Smart Money Concepts), la dernière bougie de couleur opposée avant le mouvement — la zone d’où les gros ordres ont propulsé le prix. Le marché y revient souvent « se recharger » avant de repartir.
FVG
Fair Value Gap · vide de prix
Le vide laissé par un mouvement trop rapide. Un trou de prix, sur trois bougies, où le marché a sauté sans vraiment s’échanger (à distinguer de l’imbalance d’empreinte, qui mesure un flux). Le marché tend à revenir « combler » ce vide avant de poursuivre — un aimant à court terme.
BOS
Break of Structure
La cassure qui confirme la tendance. Le prix dépasse le dernier sommet (ou creux) de la structure, prolongeant la tendance en place. À distinguer du CHoCH, qui signale lui un changement de caractère.
Swing
Point pivot · sommet ou creux
Un sommet ou un creux local. Le point où le prix se retourne et laisse une trace. Les swing highs et swing lows dessinent la structure (HH, HL, LH, LL) sur laquelle se lit la tendance.
Cassure
Breakout
Le franchissement d’un niveau clé. Le prix sort d’un support, d’une résistance ou d’un range, souvent avec un regain de volume. Vraie cassure ou piège (fausse cassure) ? Le volume et le retest tranchent.
Pullback
Repli · retest
Le retour avant de repartir. Après une cassure, le prix revient tester le niveau franchi, désormais inversé (par polarité). L’entrée à moindre risque, une fois la direction confirmée. Au sens strict, le pullback suit la cassure d’un support ; son pendant haussier est le throwback.
Polarité
Inversion de rôle d’un niveau
Un niveau cassé change de camp. Une résistance franchie devient un support ; un support enfoncé devient une résistance. Le prix garde la mémoire de ses niveaux : le plafond d’hier sert de plancher demain. C’est ce qui fait tenir un retest.
Cassure d’ouverture
Opening range breakout · ORB
Casser la fourchette d’ouverture. On délimite le plus haut et le plus bas des premières minutes de séance (souvent 5 à 30 min, parfois plus) — la fourchette d’ouverture —, puis on entre dès que le prix en sort, dans le sens de la cassure. Setup intraday très répandu, à tester dans les deux sens : le résultat dépend beaucoup du marché et des frais.
NR7
Narrow range 7
La barre la plus étroite des sept dernières. Une séance dont l’écart haut-bas est le plus petit des 7 dernières — un ressort qui se comprime. La contraction de volatilité précède souvent son expansion : une cassure franche suit fréquemment. Variante : NR4, sur 4 barres. Signal de mise en alerte, pas d’entrée en soi.
Fausse cassure
Bull trap · bear trap
Le faux départ qui piège. Le prix franchit un niveau… puis y revient aussitôt : la cassure n’a pas tenu. Au-dessus d’une résistance, c’est un bull trap ; sous un support, un bear trap. Souvent un balayage des stops avant le vrai mouvement, en sens inverse.
Whipsaw
Whipsaw · dents de scie
Scié dans les deux sens. La série de faux signaux d’un marché sans direction : le prix casse, vous entrez, il se retourne aussitôt et vous sort — puis recommence à l’envers. Cousin de la fausse cassure, mais en rafale : typique des ranges hachés (fort indice de choppiness), où chaque signal meurt dans le bruit.
Throwback
Retest après cassure haussière
Le retest d’une résistance franchie. Après avoir cassé une résistance, le prix revient souvent la « toucher » par le dessus — devenue support — avant de repartir. Le miroir haussier du pullback, et une belle seconde chance d’entrer.
Figure avortée
Busted pattern
Une cassure qui se retourne aussitôt — et repart à l’opposé. La figure casse dans un sens, mais le mouvement avorte vite (moins de 10 %) ; le prix fait alors volte-face et franchit le bord opposé. Plus qu’une simple fausse cassure : l’échec lui-même devient un signal puissant, en sens inverse — souvent l’un des meilleurs départs.
Retracement
Retracement · repli
Un repli partiel avant que la tendance ne reprenne. Après une poussée, le prix rend une fraction du chemin parcouru — souvent jusqu’à un ratio de Fibonacci (38,2 %, 50 %, 61,8 %) — puis repart dans le sens initial. À distinguer du pullback, qui reteste un niveau précis : le retracement, lui, corrige un mouvement, pas une cassure. Tant qu’il reste partiel, la tendance tient.
Consolidation
Consolidation · congestion
Une pause horizontale, le temps de digérer. Après un mouvement, le prix dérive à plat dans un couloir étroit : acheteurs et vendeurs s’équilibrent et le volume se tarit. Le marché reprend son souffle avant, le plus souvent, de repartir dans le sens de la tendance. Beaucoup de figures de continuation — drapeau, rectangle — ne sont au fond que des consolidations.
NewsPivot
Le dernier prix avant la nouvelle
Le niveau d’équilibre d’avant l’événement. Le dernier cours coté juste avant une information importante. Sa reconquête signale que le marché rejette la nouvelle et revient à son ancien régime ; on place souvent son stop juste au-delà. Terme forgé pour ce glossaire.
Figures & chartisme.
Le marché dessine les mêmes formes parce que la peur et l’espoir se répètent. Reconnaître la figure, c’est lire l’intention de la foule — et anticiper sa sortie.
Liquidité (SMC)
Balayage de liquidité
Liquidity sweep · stop hunt · flush · flat · grab
Un coup de balai sous les stops, puis demi‑tour. Le prix pousse juste au‑delà d’un niveau évident — sous un plancher, au‑dessus d’un sommet — où dorment les ordres stop ; il les déclenche pour absorber leur liquidité (qui attire le prix comme un aimant), puis repart aussitôt en sens inverse, souvent en retraçant tout le mouvement. Selon les écoles on parle de chasse aux stops (stop hunt), de flush ou de flat, ou de balayage Smart Money : le même faux franchissement qui piège la foule et nourrit le vrai mouvement. C’est le ressort de Wyckoff ; cousin du shakeout et de la fausse cassure, fréquent sur les petits actifs (pump and dump).
Inducement
Le leurre
L’appât avant le vrai niveau. Un petit sommet ou creux que le marché met en évidence pour attirer les traders : ils y posent entrées et stops, croyant tenir le bon point. Cette liquidité accumulée devient le carburant — le prix vient la balayer avant de filer vers la vraie zone, le bloc d’ordres. Repérer le leurre, c’est éviter d’en être la proie.
Breaker block
Le bloc inversé
Un bloc d’ordres qui cède, et change de camp. Quand le prix casse la structure en traversant un ancien bloc d’ordres, ce bloc « grille » : il s’inverse et défend désormais le sens opposé — un ex‑support devenu résistance, et inversement. Le breaker offre alors une entrée dans le sens du nouveau courant, sur le principe de la polarité.
Théorie & outils
Analyse technique
Technical analysis
Lire le marché par ses traces. Étude de l’action du marché — prix et volume — pour anticiper l’évolution future des cours. Elle pose que toute l’information est déjà dans le prix, que les cours évoluent en tendances, et que les comportements se répètent. L’opposé de l’analyse fondamentale, qui scrute la valeur sous-jacente.
Lignes de vitesse
Speed lines
La cadence normale d’une tendance. Deux obliques tracées au tiers et aux deux tiers de l’amplitude depuis le départ d’une tendance, encadrant son rythme « normal ». Le prix qui les perd ralentit ; qui les regagne accélère.
Force relative
Relative strength
Qui surperforme qui. Rapport de deux actifs — un titre divisé par son indice, par exemple. La courbe qui monte signale une surperformance, quel que soit le sens du marché. À ne pas confondre avec le RSI, qui mesure le momentum d’un seul actif.
Vagues d’Elliott
Elliott Wave
Le marché en fractales. Théorie décrivant la tendance en cinq vagues motrices suivies de trois vagues correctives (A-B-C), le motif se répétant à toutes les échelles. Séduisante mais très interprétative — le décompte se relit souvent après coup.
Translation
Décalage du sommet de cycle
Où penche le cycle. Position du sommet à l’intérieur d’un cycle — tardive (translation droite) en marché haussier, précoce (translation gauche) en marché baissier. Un sommet qui arrive tôt trahit la faiblesse.
Rotation sectorielle
Sector rotation
Le leadership change de mains. Passage du leadership d’un secteur à l’autre au fil du cycle économique — défensives en fin de cycle, cycliques en reprise. Suivre la rotation, c’est lire l’horloge du marché par ses meneurs.
Système mécanique
Mechanical trading system
Des règles, pas des humeurs. Jeu de règles précises qui génère seul ses signaux d’entrée et de sortie, sans intervention émotionnelle. Sa force — la discipline — est aussi son piège : sur-optimisé sur le passé, il s’effondre sur l’inconnu.
Cycle
Amplitude · période · phase
Un rythme qui revient. Oscillation récurrente du marché, décrite par trois grandeurs — son amplitude (la hauteur), sa période (le temps d’un aller-retour) et sa phase (où l’on se situe). Repérer le creux d’un cycle aide à anticiper les retournements probables.
Cycle présidentiel
Presidential cycle
Quatre ans, un motif. Régularité boursière calée sur le mandat présidentiel américain — la deuxième année (mi-mandat) tend à être la plus faible, la troisième (pré-électorale) la plus forte. Une saisonnalité longue, à manier comme un biais de fond, jamais comme une certitude.
Analyse spectrale
Spectral analysis · MESA
Isoler les cycles dominants. Méthode qui décompose une série de prix en fréquences pour en extraire les cycles les plus marquants, une fois la tendance retirée. La version MESA (maximum d’entropie) fournit un spectre net même sur peu de données. Outil de pointe, réservé aux marchés réellement cycliques.
Tendance
Trend
La direction de fond du marché. Une suite de sommets et de creux de plus en plus hauts dessine une tendance haussière ; de plus en plus bas, une baissière. Tant que la série tient, on suit le mouvement ; le premier creux qui enfonce le précédent trahit son essoufflement.
Théorie de Dow
Les fondations du chartisme
L’ancêtre de l’analyse technique. Les principes de Charles Dow : le prix escompte tout, le marché évolue en trois tendances emboîtées (primaire, secondaire, mineure), et une tendance dure tant qu’elle n’est pas clairement renversée. Tout le chartisme en découle.
Ligne de tendance
Trendline
Le rail de la tendance. Droite reliant au moins deux creux ascendants (support haussier) ou deux sommets descendants. Plus elle est touchée sans casser, plus elle compte. Sa cassure signale souvent un essoufflement de la tendance, parfois son retournement.
Ligne interne
Internal trendline
La tendance des corps, pas des mèches. Une ligne de tendance tracée à travers l’amas des clôtures, en ignorant une ou deux mèches extrêmes qui dépassent. Souvent plus fidèle que la ligne des extrêmes : elle épouse là où le prix a vraiment passé son temps, pas ses pics de panique.
Canal
Channel
Deux rails parallèles. Une ligne de tendance doublée d’une parallèle de l’autre côté du prix, qui oscille entre les deux. On achète bas dans le canal, on vend haut — jusqu’à la cassure d’une borne.
Ligne d’axe
Channel midline
Le rail du milieu. La parallèle équidistante au centre d’un canal, à mi-chemin des deux bornes. Elle sert de jauge : prix au-dessus de l’axe, cher dans le canal ; en dessous, bon marché. Un repère cher au corpus Wyckoff pour situer une entrée dans la fourchette.
Échelle log / linéaire
Log vs linear scale
La même hausse, deux formes. En échelle linéaire (arithmétique), un écart vertical égal vaut un même nombre de points ; en logarithmique, un même écart vaut un même pourcentage. Une progression régulière en % est donc une droite en log, mais une courbe qui s’envole en linéaire — le choix déplace la pente, et donc le point de cassure d’une ligne de tendance, surtout sur les grands mouvements et les historiques longs.
Objectif de cours
Measured move · la balançoire
Jusqu’où peut aller le prix. La plupart des figures se mesurent pareil : on reporte leur hauteur de l’autre côté de la cassure, comme une balançoire. On obtient un objectif minimal théorique — souvent atteint, parfois dépassé — qui rend le rapport gain/risque calculable.
Apex
Apex · pointe
La pointe où les lignes se rejoignent. L’apex est le sommet où convergent les deux droites d’un triangle (ou d’un biseau). Deux repères : la figure se résout avant d’y arriver — la cassure tombe le plus souvent vers les deux tiers du chemin ; et l’apex sert souvent, plus tard, de support ou de résistance.
Mouvement mesuré
Measured move up / down
Une avancée en deux jambes presque égales. Un mouvement directionnel en deux jambes de taille et de pente voisines, séparées par une correction (souvent à mi-chemin). La seconde reproduit la première : on la reporte depuis la fin de la correction pour viser. À distinguer de la simple projection de hauteur (objectif de cours) : ici, c’est une figure à part entière, la version classique de l’AB=CD.
Mouvement partiel
Partial rise / decline
Un demi-trajet qui trahit la sortie. Dans un élargissement (ou un rectangle), le prix quitte une borne, n’atteint pas l’autre, et fait demi-tour. Ce trajet incomplet annonce souvent le sens de la cassure : un recul partiel (le prix ne touche pas le bas) précède une sortie par le haut, et inversement. L’un des rares signaux d’avance du chartisme.
Continuation
Continuation
La tendance reprend
Une pause, pas un demi-tour. Une figure de continuation se forme dans le sens de la tendance : le prix casse du même côté qu’il arrivait — vers le haut dans une hausse, vers le bas dans une baisse. Drapeau, fanion ou simple repli, elle marque une respiration avant la reprise. C’est l’exact opposé d’une figure de retournement, qui, elle, inverse le courant.
Rectangle
Range · consolidation
Une pause horizontale. Le prix oscille entre un support et une résistance plats. Indécision : la cassure d’un côté, avec volume, donne la direction — souvent, mais pas toujours, celle de la tendance qui précédait.
Base plate
Flat base
L’ascenseur qui dort. Une consolidation horizontale serrée et calme — des semaines de prix à plat, volatilité comprimée — d’où le prix finit par sortir par le haut. Base d’accumulation discrète : peu spectaculaire, mais les cassures qui en jaillissent offrent parfois de longues chevauchées.
Triangle ascendant
Ascending triangle
La pression monte. Résistance plate + creux de plus en plus hauts : les acheteurs paient toujours plus cher contre un plafond fixe. Biais haussier — la cassure du plafond libère le mouvement.
Triangle descendant
Descending triangle
La pression descend. Support plat + sommets de plus en plus bas : les vendeurs cèdent toujours moins cher sur un plancher fixe. Biais baissier — la cassure du plancher accélère la chute.
Biseau
Wedge
Deux bords qui penchent ensemble. Figure bornée par deux droites inclinées du même côté qui convergent — biseau ascendant (souvent baissier) ou descendant (souvent haussier). Elle se résout à l’inverse de sa pente.
Triangle
Symétrique · ascendant · descendant
Le marché se comprime. Figure de consolidation bornée par deux droites qui convergent — symétrique (indécision), ascendant (biais haussier) ou descendant (biais baissier). La cassure d’un côté, idéalement avant la pointe, donne le signal et un objectif proche de la hauteur de la base.
Triangle symétrique
Symmetrical triangle
Le ressort qui se comprime. Sommets descendants et creux ascendants convergent : la volatilité se tasse avant la sortie. Neutre par nature : la cassure donne le signal, le plus souvent dans le sens de la tendance.
Drapeau
Flag · continuation
Une respiration dans l’élan. Après un mouvement vertical (le mât), un petit canal incliné à contre-sens — une prise de bénéfices ordonnée. Figure de continuation : le prix repart en général dans le sens du mât.
Drapeau haut et serré
High and tight flag · HTF
Le sprint, puis la pause serrée. Variété rare et puissante du drapeau : le prix double au moins (≥ +90 %) en deux mois ou moins — un mât quasi vertical —, puis consolide brièvement dans un fanion étroit (repli de 10 à 25 %) avant de repartir. L’une des figures les plus performantes du répertoire, mais exigeante à repérer.
Fanion
Pennant · continuation
Le drapeau, en pointe. Après un mât vertical, une petite consolidation en triangle symétrique. Comme le drapeau, c’est une pause : la sortie prolonge en général le mouvement initial.
Tasse-anse
Cup & handle
Un grand U, puis une petite anse. Une base arrondie (la tasse) suivie d’un léger repli (l’anse) : l’offre s’épuise en douceur. Figure de continuation haussière — la cassure du rebord lance le mouvement.
Retournement
Journée de retournement
Reversal day
Un jour qui dit stop. Séance qui inscrit un nouveau plus-haut puis clôture sous la veille (ou l’inverse au creux) — l’élan s’épuise en séance. D’autant plus parlante en hebdomadaire, où elle filtre le bruit.
Figure de retournement
Reversal pattern
La tendance fait demi-tour. Configuration qui annonce la fin d’une tendance et le début de l’inverse — tête-épaules, double sommet ou creux, soucoupe. L’opposé d’une figure de continuation.
Encolure
Neckline
La ligne qui arme la figure. Droite reliant les creux (ou les sommets) d’une tête-épaules ; tant qu’elle tient, rien n’est joué. Sa rupture en clôture déclenche la figure et fixe l’objectif, égal à la hauteur de la tête.
Double sommet
Double top · M
Deux échecs au même plafond. Le prix bute deux fois sur la même résistance et retombe : les acheteurs ont épuisé leur force. La cassure du creux intermédiaire — la ligne de cou — confirme le retournement baissier.
Figure 2B
2B pattern
Le faux plus-haut qui retourne. Le prix dépasse d’un cheveu un sommet précédent, puis échoue à tenir et repasse dessous : une fausse cassure qui piège les acheteurs. Signal de retournement de Victor Sperandeo — l’image miroir vaut pour un faux plus-bas. Entrée au repli sous l’ancien sommet, stop au-dessus du faux plus-haut.
Double creux
Double bottom · W
Deux rebonds sur le même plancher. Le prix teste deux fois le même support et remonte : les vendeurs s’épuisent. La cassure du sommet intermédiaire confirme le retournement haussier. Le miroir du double sommet.
Triple sommet
Triple top
Trois échecs au même plafond. Le double sommet avec un test de plus : le prix bute trois fois sur la même résistance. Plus rare, mais d’autant plus fiable. La cassure du support sous les trois sommets confirme le retournement baissier.
Triple creux
Triple bottom
Le miroir du triple sommet. Trois rebonds sur le même plancher : les vendeurs échouent trois fois à l’enfoncer. La cassure de la résistance au-dessus des creux confirme le retournement haussier. Plus rare que le double creux : un plancher éprouvé trois fois.
Tête-épaules
Head & shoulders
Trois sommets, le central plus haut. Épaule, tête, épaule : un pic plus haut entouré de deux moins hauts. La cassure de la ligne de cou (joignant les creux) signale un retournement baissier majeur — l’une des figures les plus fiables.
Tête-épaules inversée
Inverse H&S
La tête-épaules à l’envers. Trois creux, le central plus bas : retournement haussier après une baisse. La cassure de la ligne de cou, au-dessus, confirme le signal. Même fiabilité que sa version classique.
Biseau ascendant
Rising wedge
Une montée qui s’essouffle. Deux droites montantes qui convergent : le prix monte encore, mais de moins en moins fort. Piège classique — la sortie se fait le plus souvent par le bas. Biais baissier malgré la pente.
Biseau descendant
Falling wedge
Une baisse qui s’épuise. Deux droites descendantes qui convergent : la chute ralentit. Le miroir du biseau ascendant — la sortie se fait en général par le haut. Biais haussier malgré la pente.
Élargissement
Broadening · mégaphone
Le mégaphone de la panique. Sommets plus hauts et creux plus bas : les bornes s’écartent au lieu de converger. Volatilité croissante, marché ingérable — souvent un signe de sommet, rare et difficile à trader.
Diamant
Diamond
Un élargissement qui se referme. Le prix s’écarte (mégaphone) puis se resserre (triangle) : la silhouette d’un losange. Figure de retournement, surtout en sommet de marché après une forte hausse.
V de retournement
V-reversal · spike
Le demi-tour brutal. Une chute (ou une hausse) verticale suivie d’un rebond tout aussi vif, sans phase de transition. Imprévisible, sans figure annonciatrice — souvent déclenché par une nouvelle ou une capitulation.
Premier élan
First thrust
La première poussée après le calme. Le mouvement franc et rapide qui suit une base ou un retournement — la première jambe, celle qui signe le changement de main. L’idée (chère à Dave Landry) : entrer tôt, sur ou juste après ce premier élan, plutôt que d’attendre une confirmation qui coûte les meilleurs points.
Arrondi
Rounding · soucoupe / dôme
Un basculement lent et arrondi. Le prix décrit un grand arc, sans rupture brutale : la tendance s’essouffle, s’aplatit, puis repart en douceur. En creux (soucoupe), il accompagne une accumulation ; en sommet (dôme), une distribution. Une figure de patience, aux mouvements souvent amples.
Bosse-et-fuite
Bump-and-Run · BARR
Un emballement spéculatif, puis la chute. Trois temps : une amorce calme le long d’une droite, une bosse qui s’en écarte violemment (au moins deux fois la hauteur d’amorce), puis la fuite — le prix casse la droite et se retourne quand l’excès se dégonfle. L’une des figures de retournement les plus performantes du répertoire.
Tube
Pipe top / bottom
Deux pics jumeaux, côte à côte. Sur un graphique hebdomadaire, deux longues mèches adjacentes de hauteur voisine, quasi accolées — les deux dents d’un diapason. Le tube de creux (deux mèches vers le bas) est un retournement rapide et puissant (~8 % d’échec) ; celui de sommet en est le miroir. Panique, puis épuisement.
Corne
Horn top / bottom
Deux pics séparés d’une seule barre. Cousine du tube, mais les deux mèches sont séparées par exactement une barre (une semaine) — deux cornes encadrant une barre centrale. La corne de creux est l’un des retournements les plus puissants du livre (~6 % d’échec, fort gain). L’écart d’une barre est la signature.
Trois vallées montantes
Three rising valleys
Trois creux en escalier ascendant. Trois creux successifs, chacun plus haut que le précédent — un escalier de plus bas plus hauts qui trahit une demande qui s’accumule. Figure haussière, confirmée quand le prix franchit en clôture le plus haut de la figure. Le miroir baissier : trois pics descendants.
Trois pics descendants
Three falling peaks
Trois sommets, chacun plus bas. Trois pics successifs de moins en moins hauts, reliés par un plafond qui descend : l’image miroir des trois vallées montantes. Escalier baissier qui trahit une distribution ; la rupture du dernier creux confirme la glissade.
Coquille
Scallop · J
Un J arrondi, en série. Un déclin doux qui s’incurve en une lente remontée (coquille ascendante), comme une soucoupe penchée. Elles apparaissent souvent en série le long d’une tendance, chacune un peu plus étroite — la tendance s’essouffle à mesure qu’elles rétrécissent, et une coquille resserrée au sommet annonce la fin. La descendante en est le miroir. Figure de continuation.
Biseau d’élargissement
Broadening wedge
Un biseau qui s’élargit. Deux droites qui divergent en penchant dans le même sens — un mégaphone incliné. Comme tout biseau, il casse à contre-pente : l’ascendant sort par le bas, le descendant par le haut. Le descendant qui casse vers le haut — la perle — atteint sa cible plus de huit fois sur dix. Il combine l’élargissement et la pente du biseau.
Gaps
Gap
Fenêtre · trou de cotation
Un trou dans la cotation. Un saut de prix sans échange entre deux séances. Trois types : de rupture (lance une tendance, fort volume), de continuation (à mi-parcours, mesure l’objectif), d’épuisement (en fin de mouvement, vite comblé).
Rebond du chat mort
Dead cat bounce · DCB
Un rebond trompeur après la chute. Sur une mauvaise nouvelle, le titre plonge brutalement (souvent −15 à −70 % en une séance), rebondit un peu — le « chat mort » qui rebondit —, puis reprend sa baisse. Le rebond moyen ne regagne qu’environ +27 % depuis le creux — un répit, pas un retournement. Piège classique : acheter le rebond. La version inversée — un gap haussier qui s’essouffle — annonce, elle, une baisse.
Île de renversement
Island reversal
Une île isolée par deux trous. Un gap à la hausse puis, quelques séances plus tard, un gap à la baisse au même niveau (ou l’inverse) : un groupe de bougies « isolé ». Retournement fiable, signe d’un basculement net du sentiment.
Types de gaps
Common · breakaway · runaway · exhaustion
Quatre trous — dont trois disent où en est la tendance. Un gap est un vide laissé par le prix d’une séance à l’autre. Le gap commun, en pleine congestion, se comble vite et n’annonce rien ; le gap de rupture ouvre un mouvement en cassant une zone ; le gap de continuation surgit en plein élan, à mi‑parcours ; le gap d’épuisement paraît en fin de course, juste avant le retournement. Le volume et la place dans la tendance les départagent.
Chandeliers japonais
Chandelier japonais
La brique du graphique
Quatre prix dans une seule bougie. Chaque chandelier résume une séance : ouverture, plus haut, plus bas, clôture. Le corps (ou corps réel) relie l’ouverture à la clôture — vert/blanc si l’on clôture plus haut qu’on a ouvert, rouge/noir sinon ; les ombres (ou mèches), de part et d’autre, marquent les extrêmes touchés puis abandonnés. La couleur dit qui l’a emporté dans la séance — pas par rapport à la veille.
Confirmation
Valider une figure
Tant que le marché n’a pas tranché, une figure n’est qu’une hypothèse. Une figure de chandelier ne compte vraiment que si le prix valide la cassure annoncée : une clôture au-delà de la figure, ou un gap d’ouverture le lendemain dans le sens attendu. Sans cette confirmation, un avalement ou un marteau n’est qu’un dessin ; confirmé, il devient un signal. Et plus la preuve est exigeante — un gap pèse plus lourd qu’une simple clôture —, plus le taux de réussite grimpe.
Doji
L’indécision
La bougie qui hésite. Ouverture = clôture : une bougie sans corps, ou presque, où acheteurs et vendeurs se neutralisent. Signal d’indécision ; à un sommet ou un creux marqué, il annonce souvent l’essoufflement de la tendance.
Marteau
Hammer · rejet du bas
Le rejet du bas. Petit corps en haut, longue mèche basse : le prix a plongé puis a été violemment racheté. Au bas d’une baisse, c’est un signal de retournement haussier — les acheteurs ont repris la main.
Pendu
Hanging man
Le marteau qui inquiète. Même forme que le marteau — petit corps haut, longue mèche basse — mais au sommet d’une hausse. Il trahit une première vague de ventes : signal de retournement baissier, à confirmer.
Avalement
Engulfing
Une bougie en gobe une autre. Un grand corps qui engloutit entièrement le corps précédent, de couleur opposée. Avalement haussier (vert sur rouge) en bas, baissier (rouge sur vert) en haut : bascule nette du rapport de force.
Étoile filante
Shooting star
Le rejet du haut. Petit corps en bas, longue mèche haute : le prix a grimpé puis a été repoussé. Au sommet d’une hausse, c’est un signal de retournement baissier. Le miroir du marteau.
Pin bar
Rejet d’un niveau
La mèche tâte, le corps recule. Une bougie à longue mèche et petit corps : le prix a dépassé un niveau clé puis y a été repoussé dans la séance. Le côté de la mèche désigne le camp rejeté — signal de retournement local.
Étoile du matin / du soir
Morning / evening star
Trois bougies qui retournent la tendance. L’étoile du matin marque un creux : une grande bougie rouge, une petite bougie d’hésitation détachée vers le bas, puis une grande verte qui repart — les vendeurs ont cédé. L’étoile du soir en est le miroir exact au sommet (verte, petite, rouge) et annonce la baisse.
Harami
La bougie contenue
Une petite bougie blottie dans la précédente. Un grand corps, suivi d’un petit corps entièrement contenu dans le sien, souvent de couleur opposée. L’élan se fige d’un coup : signal de retournement (haussier après une baisse, baissier après une hausse), que la bougie suivante doit confirmer.
Trois soldats / corbeaux
Three soldiers / crows
Trois poussées qui confirment. Trois grandes bougies vertes consécutives, chacune ouvrant dans le corps de la précédente et clôturant plus haut : une tendance haussière qui s’installe avec conviction. Le miroir baissier — les trois corbeaux noirs — enchaîne trois rouges qui s’enfoncent.
Marubozu
Le corps plein, sans mèche
Un corps plein, sans la moindre mèche. Ouverture et clôture coïncident avec les extrêmes de la séance : aucune ombre. Le camp dominant a tenu la barre du premier au dernier instant — pression d’achat (vert) ou de vente (rouge) ininterrompue. Une marque de forte conviction directionnelle.
Toupie
Spinning top
Petit corps, deux longues mèches. Le prix a exploré le haut puis le bas avant de revenir près de son point de départ : un corps réduit, coiffé et chaussé de longues ombres. Comme le doji, c’est un signe d’indécision — acheteurs et vendeurs à égalité, souvent juste avant une pause ou un retournement.
Marteau inversé
Inverted hammer
Le test du haut, en bas de marché. Petit corps en bas, longue mèche haute — la même silhouette que l’étoile filante, mais au creux d’une baisse. Une première poussée acheteuse repoussée : signal de retournement haussier, plus faible que le marteau et à confirmer, idéalement par un gap haussier le lendemain.
Passant de ceinture
Belt hold
Un grand corps qui ouvre à l’extrême. Un long chandelier qui ouvre sur son extrême — sans ombre de ce côté, un marubozu d’ouverture — puis file dans un seul sens. Haussier quand le blanc ouvre au plus bas et monte ; baissier quand le noir ouvre au plus haut et chute. Le camp dominant prend la barre dès la cloche.
Porteur d’eau
Doji à longues jambes
Le doji en équilibre. Un doji — ouverture = clôture — dont le trait se tient au centre de deux longues ombres équivalentes : le marché a exploré loin de part et d’autre avant de revenir à son point de départ. Forte indécision, d’autant plus parlante sur un sommet. Son nom évoque la perche du porteur d’eau en équilibre sur les épaules.
Doji dragon
Dragonfly doji
Le doji qui a sondé le bas. Un doji dont le trait se loge tout en haut du range, sous une longue ombre basse — la forme limite du marteau, corps réduit à zéro. Au creux d’une baisse, signal de retournement haussier, d’autant plus fort que l’ombre plonge profond.
Doji pierre tombale
Gravestone doji
Le doji repoussé du sommet. Le miroir du dragon : le trait se pose tout en bas du range, sous une longue ombre haute — la forme limite de l’étoile filante. Au sommet d’une hausse, signal de retournement baissier, d’autant plus net que l’ombre haute est longue.
Haute vague
High wave
Petit corps, très longues ombres. Une bougie qui a violemment exploré le haut et le bas avant de refermer près de son ouverture — la toupie poussée à l’extrême. Indécision « nerveuse » : plus les ombres sont amples, plus le bras de fer est intense. En série, elle précède souvent un mouvement d’amplitude, une fois la sortie tranchée.
Bébé abandonné
Abandoned baby
Un doji laissé seul, des deux côtés. Une bougie d’hésitation — souvent un doji — isolée par un gap complet, ombres comprises, avant et après elle. Au creux, c’est l’étoile du matin dans sa forme la plus pure ; au sommet, l’étoile du soir. Le vide de chaque côté signe une bascule franche du rapport de force.
Couverture en nuage noir
Dark cloud cover
L’assaut baissier au sommet. Après une hausse, une grande bougie noire ouvre au-dessus de la précédente (blanche) puis clôture bien dans son corps, sous la mi-hauteur. Les acheteurs sont refoulés : retournement baissier, d’autant plus net que la pénétration est profonde. Miroir de la ligne perçante.
Ligne perçante
Piercing pattern
Le rachat qui transperce. Après une baisse, une grande bougie blanche ouvre sous la précédente (noire) puis clôture au-dessus de sa mi-hauteur. Les vendeurs cèdent du terrain : retournement haussier, pendant exact du nuage noir. Plus la clôture remonte dans le corps noir, plus le signal est fort.
Trois méthodes
Rising / falling three methods
La pause qui ne casse pas. Une grande bougie de tendance, trois petites qui refluent sans sortir de son amplitude, puis une nouvelle grande bougie dans le sens de départ qui inscrit un nouvel extrême. Figure de continuation : le repli est contenu, la tendance reprend son cours.
Avancée bloquée
Advance block
La montée qui s’essouffle. Trois bougies blanches successives, mais dont le corps rétrécit et les mèches hautes s’allongent : chaque poussée peine davantage. Un avertissement d’épuisement en haut d’une hausse — souvent le prélude à un retournement, à confirmer par la suite.
Tasuki
Tasuki gap
Le repli qui mord le gap. Deux bougies de même couleur séparées par un gap, puis une bougie opposée qui entame le vide sans le combler. Tant que le gap reste ouvert, la tendance tient : figure de continuation dont la force tient au gap qui l’ancre.
Coup de pied
Kicking
Le renversement brutal. Deux marubozu de couleurs opposées séparés par un gap : le marché rouvre net dans l’autre sens et n’y revient pas. L’un des signaux de retournement les plus tranchés — le sentiment bascule d’une bougie à l’autre, sans mèche pour hésiter.
Trois en dedans / en dehors
Three inside / outside
Le harami (ou l’avalement) confirmé. Un harami (trois en dedans) ou un avalement (trois en dehors) auquel s’ajoute une troisième bougie qui valide le retournement en clôturant dans le sens neuf. La confirmation en plus : le signal à deux bougies gagne en fiabilité.
Frappe des trois lignes
Three-line strike
Une bougie avale les trois. Trois bougies dans le même sens, puis une quatrième, opposée et géante, qui les engloutit d’un coup. Malgré son allure de retournement violent, elle est le plus souvent classée en simple continuation — la reprise du mouvement initial, même si les études restent partagées.
Échappée
Breakaway
Le gap qui part, puis se comble. Une forte bougie, un gap dans le sens de la tendance, quelques bougies qui prolongent mollement, puis une grande bougie opposée qui referme le vide. Figure de retournement en cinq temps — à ne pas confondre avec le simple gap de rupture (breakaway gap).
Deux corbeaux
Upside gap two crows
Deux noires au-dessus du vide. En haut d’une hausse, une bougie blanche, un gap haussier, puis deux bougies noires qui glissent l’une après l’autre sans combler le gap. Le comblement rend le verdict : tant qu’il tient, l’avertissement baissier reste posé.
Lignes de séparation
Separating lines
Même ouverture, sens opposé. Deux bougies de couleurs contraires qui partent du même prix d’ouverture. Après un contre-mouvement, le marché rouvre pile là où il en était et repart dans le sens de la tendance : figure de continuation.
Lignes de contre-attaque
Counterattack lines
Même clôture, en miroir. Deux bougies opposées qui, malgré des ouvertures éloignées, viennent clôturer au même niveau. Le camp qui menait est contré net à la clôture : petit signal de retournement, moins puissant qu’une perçante mais de même esprit.
Gapping plays
High / low-price gapping play
La pause perchée, puis le saut. Après un fort mouvement, le prix se tasse en petites bougies collées près de l’extrême, puis un gap relance la tendance dans le même sens. La consolidation en altitude ne trahit aucune faiblesse : figure de continuation.
Lignes blanches côte à côte
Side-by-side white lines
Deux blanches jumelles après un gap. Un gap dans le sens de la tendance, puis deux bougies blanches de taille et d’ouverture voisines qui se tiennent côte à côte sans combler le vide. Rare, mais lue comme une continuation tant que le gap résiste.
Mat hold
Mat hold
La pause haut de gamme. Cousine des trois méthodes, mais plus fiable : une grande bougie, un léger repli contenu de deux ou trois petites, puis une reprise franche. Réputée l’une des figures de continuation les plus solides du répertoire.
Structure qui cale
Stalled pattern
La troisième qui hésite. Trois bougies blanches, mais la dernière n’est plus qu’une petite bougie — parfois perchée en étoile sur la précédente. La poussée délibère au lieu d’avancer : cousine de l’avancée bloquée, un avertissement d’essoufflement.
Lignes de pénétration
On-neck / in-neck / thrusting
Les percées qui échouent. Après une bougie noire, une blanche remonte — mais s’arrête au plus bas (on-neck), juste dedans (in-neck) ou sans franchir la mi-corps (thrusting). Contrairement à la perçante, la pénétration reste insuffisante : la baisse a le plus souvent le dernier mot.
Planchers têtus
Matching low · homing pigeon · stick sandwich
Le creux qui se répète. Une famille de petits signaux de fond où le prix bute deux fois sur le même bas — creux jumeaux (matching low), harami niché (homing pigeon) ou creux pris en sandwich entre deux clôtures identiques. Discrets, mais des repères de plancher à surveiller.
Harmoniques
AB=CD
AB=CD
Le socle des figures harmoniques. La plus simple : deux jambes de prix égales, AB et CD, séparées par un repli (BC souvent à 0,618 de AB), si bien que CD reproduit AB. Le prix atteint la zone D plus de neuf fois sur dix, mais ne s’y retourne qu’une fois sur trois — D est une zone à surveiller, pas une certitude. On attend la confirmation.
Gartley
Gartley · 222
L’harmonique de la confluence. Une figure en cinq points X-A-B-C-D où B retrace 0,618 de XA et D se pose à 0,786 de XA — D tombe à l’intérieur de la vague (un retournement « dans » l’onde). Quand plusieurs ratios de Fibonacci se rejoignent en D (confluence), le retournement réussit près de neuf fois sur dix.
Chauve-souris
Bat
Le stop le plus serré de la famille. Cousine du Gartley où B retrace moins (0,382 ou 0,50 de XA) et D plonge profond, à 0,886 de XA — tout près de X. Comme D effleure X, le stop (juste au-delà de X) est minuscule : un excellent rapport gain/risque.
Papillon
Butterfly
L’harmonique qui déborde. B retrace 0,786 de XA, et la dernière jambe dépasse X pour planter D à 1,27 de XA — un nouvel extrême au-delà du départ. Le papillon est une figure d’épuisement : on entre là où le prix a poussé un cran trop loin. Carte de famille : Gartley et chauve-souris se retournent dans l’onde ; papillon et crabe, au-delà.
Crabe
Crab
L’extension la plus profonde. L’harmonique le plus extrême : D se projette à 1,618 de XA — le nombre d’or — loin au-delà de X. À un tel étirement, le retournement est souvent violent et le stop (juste après D) minuscule : un superbe rapport gain/risque. Même plan que tous les harmoniques : marquer D, attendre la confirmation, viser C puis A.
Vague de Wolfe
Wolfe wave
L’harmonique sans Fibonacci. Cinq vagues qui dessinent un biseau dont les droites 1-3 et 2-4 convergent ; la vague 5 déborde la droite (le signal d’entrée), et la droite tracée par les points 1 et 4, prolongée, projette la cible. Contrairement aux autres harmoniques, elle n’utilise aucun ratio — de la pure géométrie. Elle dit quand entrer et jusqu’où viser.
Méthode Wyckoff.
Les événements qui structurent une accumulation ou une distribution. L’enjeu n’est pas de tous les étiqueter — c’est de reconnaître la phase en cours.
Lois
Opérateur composite
Le Composite Man
Un seul cerveau derrière tous les gros ordres. Fiction utile de Wyckoff : agréger les mains fortes en un acteur unique qui accumule dans l’indifférence et distribue dans l’euphorie. Lire le marché, c’est suivre sa trace — pas le deviner.
Offre & Demande
Loi · #1
Le prix est le déséquilibre — rendu visible. Quand la demande l’emporte, ça monte ; l’inverse pour la baisse. Le volume mesure l’engagement, pas la direction — c’est le prix qui désigne le camp gagnant.
Cause & Effet
Loi · #2
Trois mois consolidés ne donnent pas trois jours de tendance. La largeur d’un range préfigure la hauteur du mouvement qui suit. Plus la cause s’étend, plus l’effet est ample.
Effort vs Résultat
Loi · #3
Quand le volume parle plus fort que le prix, écoute le volume. Volume et prix montent ensemble = harmonie, la tendance respire. Volume qui décline alors que le prix pousse encore = divergence, le carburant manque.
Point & Figure
Comptage · projection
La cause se mesure à l’horizontale. Comptage des colonnes de la congestion × valeur de la case = objectif de prix, reporté au-dessus du dernier point d’appui. La loi cause/effet en pratique — fondée sur la volatilité, jamais sur le temps.
Structures
Accumulation
Phase préparatoire haussière
Range où les opérateurs construisent une position longue après l’épuisement d’une tendance baissière. Phases A à E — du climax au markup. La cause se construit en phase B, le test en C (spring), la sortie en D-E.
Range qui apparaît au milieu d’une tendance haussière établie. Les opérateurs ajoutent à leurs positions avant la reprise du markup. Souvent confondue avec une distribution — la lecture des structures internes (spring vs UTAD) départage.
Miroir de l’accumulation après une tendance haussière. Les opérateurs déchargent leurs positions longues dans le range. UTAD en phase C, cassure baissière en D, markdown en E.
Les mains fortes avalent ce que les faibles lâchent. En phase B, l’opérateur composite absorbe l’offre flottante sans laisser le prix monter : ranges étroits sur fort volume, l’effort ne se voit pas dans le résultat. Quand il n’y a plus rien à absorber, la voie s’ouvre.
Offre flottante
Floating supply
Les titres encore à vendre, en mains faibles. Tant qu’il en reste, le prix peine à monter. L’opérateur composite la fait sortir — par les secousses et les tests — avant de lancer le mouvement. Offre épuisée = moindre résistance.
Moindre résistance
Path of least resistance
Le prix prend toujours le chemin le plus facile. Une fois l’offre absorbée et la cause construite, la résistance d’un côté cède : le marché s’élance dans cette direction. On vérifie d’abord que la voie est libre — par les tests — avant de suivre.
Phases A → E
Phase A
Stop de la tendance
PS, climax (SC ou BC), AR puis ST. Le marché épuise sa tendance précédente. Le climax marque le retournement, l’AR fixe l’autre borne du futur range.
Phase B
Cause
Construction du déséquilibre dans le range. Tests internes (UA, ST as SOW, mSOW) qui mesurent l’engagement des opérateurs. Plus la cause est longue, plus l’effet (D-E) sera ample.
Phase C
Test
Le shakeout final. Spring (accumulation) ou UTAD (distribution) — une fausse cassure qui piège les retardataires et confirme la dominance du camp opposé.
Phase D
Effet
Sortie du range. SOS (acc) ou SOW (dist) avec amplitude et volume. Backup / LPSY confirme par retest avant la continuation.
Phase E
Tendance
Markup (acc) ou markdown (dist). La cause construite en B se déploie en effet directionnel — la tendance reprend dans le sens opposé à la précédente.
Markup
Phase E haussière
Sortie du range vers le haut après une accumulation réussie. La cause construite en phase B se déploie en effet — le prix grimpe avec une série de higher highs et higher lows.
Markdown
Phase E baissière
Sortie du range vers le bas après une distribution réussie. La cause construite en phase B se déploie en effet — le prix chute avec une série de lower lows et lower highs.
Tendances
Vitesse
Pente de la tendance
Angle de progression. Pente abrupte = conviction forte mais soutenabilité douteuse. Pente douce = tendance graduelle, mieux respectée. Décélération = essoufflement, signal d’épuisement.
Portée
Distance entre sommets successifs
Distance verticale d’un sommet au suivant — l’amplitude de chaque nouvelle poussée. À surveiller à chaque HH : portée stable = tendance qui respire ; portée qui rétrécit = essoufflement (shortening of thrust).
Profondeur
Distance entre creux successifs
Distance verticale d’un creux au suivant — combien chaque nouveau support remonte par rapport au précédent. À surveiller à chaque HL : profondeur stable = tendance qui respire ; profondeur qui rétrécit = supports qui peinent à monter, momentum qui s’érode.
Vague
Weis Wave · analyse par vagues
Le marché avance par vagues, pas en ligne droite. On compare les vagues montantes et descendantes — durée, amplitude, et surtout volume cumulé (les Weis Waves). Une vague qui progresse sur moins de volume que la précédente trahit l’essoufflement.
Momentum
L’élan du mouvement
Un mouvement lancé tend à continuer. La vitesse et la force d’une tendance : tant qu’aucune force contraire ne la freine, le prix poursuit sur sa lancée, comme une lourde roue qui tourne. Quand le momentum faiblit — poussées plus courtes, volume qui s’essouffle — le retournement approche, souvent avant que le prix ne tourne vraiment. Les oscillateurs (RSI, stochastique) tentent de le mesurer ; une divergence en signale l’affaiblissement.
Événements
AR
Automatic Rally / Reaction
Réaction mécanique après un climax (SC ou BC) qui établit l’autre borne du range.
BC
Buying Climax
Action parabolique qui marque la fin d’un mouvement haussier. Pendant inverse du SC, en distribution.
BU
Back Up
Dernier retest de l’ancienne résistance devenue support avant le mouvement tendanciel haussier. Phase D.
BUEC
Back Up to the Edge of the Creek
Le retour qui confirme la cassure. Après le franchissement du Creek (SOS), le prix revient effleurer le niveau cassé — devenu support — sur volume faible. C’est le dernier point d’appui (LPS) en phase D, et l’entrée préférée de Wyckoff.
Creek
La résistance du range
Le ruisseau à franchir. La résistance d’un range d’accumulation, tracée sur les sommets (le rebond automatique). Sa cassure haussière, avec aisance et volume, est le « saut par-dessus le ruisseau » — JAC, Jump Across the Creek — un signe de force (SOS).
Échec
Schéma raté
Quand un schéma Wyckoff ne se complète pas comme attendu (ex : après un spring, le prix doit pousser ; s’il retombe, c’est un échec). L’échec est aussi informatif que la réussite : il révèle la dominance de l’autre camp.
Exhaustion
Climax d’épuisement
Le mouvement s’éteint faute de carburant. Variante du climax sans pic de volume spectaculaire : le camp qui poussait disparaît peu à peu, le prix s’arrête de lui-même. On propose de la distinguer du climax classique — Selling / Buying Exhaustion.
ICE
Le support du range
La glace à briser. Le support d’un range de distribution, tracé sur les creux (la réaction automatique). Sa rupture baissière est un signe de faiblesse (SOW) ; le repli qui la confirme — la « chute à travers la glace », FTI — est le miroir du BUEC. Le niveau, lui, est l’inverse exact du Creek.
LPS
Last Point of Support
Dernier test avant le retest de la résistance, en phase D d’accumulation. Souvent le retest de la cassure.
LPSY
Last Point of Supply
Dernier rebond avant la continuation baissière, en phase D de distribution.
mSOS
minor Sign of Strength
Un test qui trahit la force, dans le range. Une poussée qui tient un moment au-dessus de la résistance avant de retomber : le pendant haussier du mSOW. Indice que les acheteurs prennent le dessus, en phase B.
mSOW
minor Sign of Weakness
Cassure temporaire du support en phase B d’une distribution. Équivalent du ST as SOW dans l’accumulation.
MSOS
Major Sign of Strength
La force, en grand. Un signe de force ample et décisif — large range, fort volume, clôture haute — qui confirme le contrôle des acheteurs à la cassure du range, en phase D. Le pendant haussier du MSOW.
MSOW
Major Sign of Weakness
Signe de faiblesse majeur en phase D : le mouvement baissier né après la phase C atteint le bas du range, confirmant la tendance baissière.
Ordinary
Secousse en tendance
La secousse, version pleine tendance. L’Ordinary Shakeout (en ré-accumulation) ou l’Ordinary Upthrust (en re-distribution) : le pendant du Spring ou de l’UTAD, mais au milieu d’un mouvement déjà établi et avec peu de préparation. Même piège, autre localisation — pour relancer la tendance.
PS
Preliminary Support
Première tentative (échouée) d’arrêter un mouvement baissier, au tout début d’une accumulation. Elle cède toujours et peut même être absente — mais c’est le premier indice que des acheteurs commencent à intervenir après une longue baisse.
PSY
Preliminary Supply
Première tentative (échouée) d’arrêter une tendance haussière. Pendant inverse du PS, en distribution.
SC
Selling Climax
Point culminant de la pression vendeuse qui marque la fin d’une tendance baissière. Établit la borne basse du range.
Shakeout
Secousse · Terminal Shakeout
La fausse cassure qui fait le plein de liquidité. Le terme générique de la secousse : une pénétration sous le support pour piéger les vendeurs avant la hausse. Le Spring en est la version légère (raffinement d’Evans) ; le Terminal Shakeout, la version profonde sur gros volume.
SOS
Sign of Strength
Signe de force : le prix casse la résistance du range avec volume et amplitude. Phase D d’accumulation.
SOW
Sign of Weakness
Signe de faiblesse. Le pendant du SOS, en distribution.
Spring
—
Shakeout baissier en phase C d’une accumulation : cassure des plus bas, puis réintégration. Après un spring, le prix doit immédiatement push. S’il ne le fait pas, c’est un échec.
ST
Secondary Test
Test du niveau établi par le climax. Marque la transition vers la phase B. Un ST en haut du range = force ; un ST qui colle au bas = faiblesse.
ST as SOW
Secondary Test as Sign of Weakness
Cassure temporaire du support suivie d’un retour dans le range. Test du minimum généré par le SC, en phase B d’accumulation.
Test
Vérification d’un niveau
Retour du prix sur un niveau (support, résistance, cassure) pour vérifier sa validité. Un test réussi = prix rebondit/respecte le niveau. Un test raté = cassure dans la zone, signal d’inversion.
UA
Upthrust Action
Cassure temporaire de la résistance suivie d’un retour dans le range. Test du maximum établi par l’AR, en phase B d’accumulation.
UT
Upthrust
Cassure temporaire de la résistance en phase B d’une distribution. Test du haut établi par le BC.
UTAD
Upthrust After Distribution
Shakeout haussier en phase C d’une distribution : cassure des plus hauts, puis réintégration. Miroir exact du spring.
Volume & Volume Profile.
Le volume dit où le marché a réellement échangé. Réparti par niveau de prix, il révèle les zones d’acceptation et de rejet — la matière première d’une lecture institutionnelle.
Théorie de l’enchère & Market Profile
Théorie de l’enchère
Auction Market Theory
Le marché est une enchère permanente. Le prix monte pour attirer des vendeurs, baisse pour attirer des acheteurs : il cherche sans cesse un niveau où les échanges abondent. Là où il s’attarde, il bâtit de la valeur (acceptation) ; là où il file, il rejette un prix. Tout le profil — de marché comme de volume — découle de cette idée : lire où l’enchère a accepté ou refusé.
Market Profile
Profil par le temps · TPO
La séance rangée par le temps. On empile chaque demi‑heure de cotation, en lettres (les TPO), au niveau de prix qu’elle a visité : il en sort une cloche couchée. Le ventre — là où le marché a passé le plus de temps — dessine la zone de valeur et son point d’équilibre (POC). Les queues fines marquent les prix rejetés. Le cousin du profil de volume, bâti sur le temps plutôt que le volume.
TPO
Time Price Opportunity
Une brique du profil : un prix, un instant. Chaque période (souvent trente minutes) reçoit sa lettre ; on la dépose à chaque niveau de prix touché pendant ce laps de temps. Empilées, ces lettres bâtissent le profil de marché. Un prix couvert de nombreuses lettres a été longuement accepté ; une lettre isolée trahit un passage éclair.
Initial Balance
IB · la première heure
L’amplitude de la première heure. Le haut et le bas tracés dans les deux premières demi‑heures de la séance. Cette fourchette devient la référence du jour : tant que le prix y reste, la séance tourne en équilibre ; quand il la casse — une extension de range — une direction s’affirme, souvent poussée par les intervenants de plus long terme.
Single prints
Impressions uniques
Un niveau traversé d’un seul trait. Dans un profil, un prix marqué par une seule période : le marché y est passé si vite qu’il n’a laissé qu’une empreinte. Ces zones de déséquilibre trahissent une poussée vigoureuse ; elles servent souvent de support ou de résistance plus tard, le marché aimant revenir « réparer » ce qu’il a sauté.
Enchère inachevée
Unfinished auction · poor high/low
Un extrême sans rejet net. Quand un plus-haut (ou plus-bas) se forme mou, en plusieurs touches à plat, sans mèche de rejet ni single print : l’enchère n’a pas « fini » son travail. Ce poor high/low agit alors comme un aimant — le prix revient souvent le retester pour compléter l’enchère.
Open-drive
Open-drive
La sortie franche, dès l’ouverture. Un type de séance du Market Profile : le prix part net dans une direction dès l’ouverture et n’y revient plus. Signe d’une conviction forte et d’une journée directionnelle ; l’extrême du départ tient souvent lieu de borne pour toute la séance.
Volume Profile
VP
Volume Profile
Distribution du volume échangé par niveau de prix (sur l’axe vertical, pas temporel). Montre où le marché a "passé du temps" — les zones d’acceptation et de rejet.
VPOC
Volume Point of Control
Niveau de prix avec le plus gros volume échangé sur la période. Le prix le plus "juste" selon le marché — point d’équilibre maximal.
Naked VPOC
—
VPOC vierge qui n’a jamais été retesté. Agit comme un aimant fort : le prix tend à revenir le toucher.
DVPOC
Developing VPOC
Le point de contrôle en train de naître. Le VPOC tel qu’il se déplace pendant la séance, avant d’être figé à la clôture. Le niveau où s’échange le plus de volume à l’instant présent : un aimant à prix mouvant, souvent visé comme objectif. Distinct du VPOC nu (final, jamais retesté).
HVN / LVN
Nœuds de volume
Les zones très — ou peu — échangées. HVN (High Volume Node) : un pic d’acceptation, le prix y ralentit et y revient, comme un aimant. LVN (Low Volume Node) : un vide de volume, le prix le traverse vite. Lus sur le profil de volume.
VA
Value Area
Zone regroupant ≈ 70 % du volume échangé. Zone d’acceptation, d’équilibre. Délimitée par VAH et VAL.
VAH / VAL
Value Area High / Low
Bornes haute et basse de la Value Area. Niveaux opérationnels : un retour dans la VA appelle souvent une traversée vers l’autre borne.
VWAP
Volume Weighted Average Price
Prix moyen pondéré par le volume, cumulé depuis le début de la série affichée (ancré à l’origine). Niveau de référence très suivi par les institutionnels ; en intraday on l’ancre souvent à la séance, réinitialisé chaque jour.
Lecture du volume
Volume
Activité · conviction
Le carburant du mouvement. Le nombre de titres ou de contrats échangés sur une période — donc l’intensité du bras de fer. Il mesure la conviction derrière le prix : une cassure sur fort volume est crédible, la même sur volume faible, suspecte.
Climax
Climax de volume
Le pic qui marque la fin. Un volume soudain et énorme, après une longue tendance : capitulation des derniers vendeurs (climax de vente) ou euphorie finale (climax d’achat). Il ouvre souvent un range avant le vrai retournement, plutôt qu’un demi-tour immédiat.
VSA
Volume Spread Analysis
Lire l’intention dans le volume. Croiser le volume, l’amplitude de la bougie et sa clôture pour démasquer l’action des mains fortes. L’héritière directe de la loi effort vs résultat de Wyckoff.
No Demand / No Supply
No demand / no supply
Les bougies-test du volume. En VSA, une bougie étroite à faible volume qui teste un niveau : No Supply (petite baisse, volume sec) dit que les vendeurs ont disparu — haussier ; No Demand (petite hausse, volume sec) dit que les acheteurs ne suivent pas — baissier. Le marché sonde, sans munitions.
Barre significative
Significant bar (SOS / SOW)
La bougie qui signe le contrôle. Une barre large, à fort volume, qui clôture près de son extrême dans le sens du mouvement : la marque d’un opérateur décidé. Chez Wyckoff, c’est elle qui matérialise un signe de force (SOS) ou de faiblesse ; on la lit sur ses quatre critères — amplitude, volume, clôture, contexte.
Stopping volume
Volume d’arrêt
Le mur qui stoppe la chute. Un afflux de volume qui absorbe la vente et freine une baisse : les mains fortes achètent tout ce qui se présente. Souvent suivi d’un test, puis d’un retournement.
Order flow & dérivés.
Ce qu’on voit dans les carnets d’ordres ne dit pas la vérité. Le prix est une fonction de la profondeur de liquidité, pas du supply. Au-delà du carnet, le flux d’exécution et les dérivés — funding, open interest, liquidations — trahissent où se place vraiment la pression.
Microstructure & dérivés
Funding
—
Mécanisme qui lie le prix des perps à celui du spot via des paiements périodiques entre longs et shorts. Funding très positif = excès de longs (signal contrarian potentiel).
OI
Open Interest
Nombre total de contrats dérivés ouverts sur un actif. L’OI en dollars est biaisé (varie avec le prix) ; l’OI en unités de l’actif est plus révélateur.
Perps
Perpetual contracts
Le future perpétuel : un contrat à terme sans date d’expiration. Là où un future ordinaire converge vers le comptant à l’échéance, le perp n’a pas de dernier jour : c’est le funding, versé toutes les huit heures entre longs et courts au prorata du premium (l’écart perp − comptant), qui l’amarre au prix. Le dérivé le plus échangé de la planète ; à fort levier, l’exposition ouverte (l’open interest) peut même dépasser le supply en circulation du sous-jacent.
Contrat inversé
Inverse (coin-margined) contract
Le payoff en 1/x. Un contrat à terme margé dans l’actif lui-même (du bitcoin, pas des dollars) : gains et pertes se comptent en pièces, pas en monnaie. Conséquence : le P&L suit une courbe en 1/x — asymétrique, où les pertes s’accélèrent quand le prix chute. Fréquent sur les perpétuels crypto.
Premium
Perpetual premium
L’écart entre le perpétuel et le comptant. Quand le perpétuel cote au-dessus du comptant, le premium est positif et les longs paient le funding : la foule penche à l’achat. Thermomètre de positionnement (il culmine avec l’euphorie), c’est l’équivalent — côté perp — de la base d’un future. À ne pas confondre avec la prime d’une option.
Prix mark
Mark price
Prix de référence dérivé d’un index spot composite, qui sert à déclencher les liquidations — et non le dernier prix de la plateforme. Cet ancrage au spot mondial empêche la manipulation des liquidations.
Contango
Contango
Situation où un contrat à terme cote au-dessus du prix spot ; la prime se résorbe à l’approche de l’échéance. En crypto, cette prime équivaut au taux du dollar non garanti plus le risque de contrepartie (laisser ses fonds sur une plateforme plutôt qu’en portefeuille froid).
Backwardation
L’inverse du contango
La courbe à l’envers. L’inverse du contango : les contrats proches cotent au-dessus des lointains, et le spot au-dessus du terme. Signe d’une demande urgente ou d’une pénurie immédiate ; sur la volatilité, c’est la signature d’un krach — la protection rapprochée s’arrache, et le portage se paie à l’envers.
Roll yield
Le revenu du portage
Le revenu du temps qui passe. En contango, un contrat à terme cote au-dessus du spot ; en vieillissant, son prix « glisse » vers le spot, et le vendeur encaisse cette descente — sans que rien ne bouge. C’est le moteur du carry sur la volatilité ; en backwardation, il joue contre vous.
Courbe à terme
Forward curve
Le prix dans le temps. Pour un même sous-jacent, il existe un prix par échéance — la courbe à terme relie ces points et photographie ce que le marché paie pour une livraison dans 1, 3, 6 ou 12 mois. Sa pente dit tout : montante, c’est le contango ; descendante, la backwardation.
Coût de portage
Cost of carry
Le prix d’attendre. Détenir une matière première coûte : stockage, assurance, financement du capital immobilisé. En théorie, le prix à terme ≈ spot + ces coûts − la convenience yield. Quand le portage domine, la courbe monte (contango) ; c’est l’ancrage du lien spot ↔ terme.
Convenience yield
La prime du physique
La prime d’avoir le bien sous la main. Avantage non monétaire à détenir la matière physique plutôt qu’un contrat : ne jamais manquer, garder l’usine en marche. Elle se paie quand le stock se raréfie ; si elle dépasse le coût de portage, la courbe bascule en backwardation.
Backwardation normale
Keynes, 1930
La prime du spéculateur. Thèse de Keynes : les producteurs vendent à terme pour se couvrir, ce qui pousse le prix à terme sous le prix spot attendu ; celui qui prend l’autre côté du marché encaisse cette prime de risque à l’échéance. À distinguer de la simple backwardation de courbe — et c’est une thèse débattue, pas une loi.
Calendar spread
Calendar spread
Parier sur l’écart, pas la direction. Acheter une échéance et vendre une autre du même actif (le mois proche contre un mois lointain) : on joue la forme de la courbe — l’écart se creuse en contango, se referme en backwardation. Souvent moins margé qu’une position directionnelle.
Crack spread
Crack spread
La marge du raffineur. Écart entre le prix des produits raffinés (essence, diesel) et celui du brut qui les fabrique — la marge brute du raffinage. Le raffineur la verrouille sur les futures pour se couvrir contre un brut qui monterait plus vite que ses ventes.
Crush spread
Crush spread
La marge de trituration. La transformation du soja en tourteau (alimentation animale) et en huile : l’écart entre la valeur des deux produits et celle de la fève est la marge du transformateur. Cousin agricole du crack spread, qu’on trade comme un écart, pas une direction.
Spark spread
Spark spread
La marge de la centrale. Écart entre le prix de l’électricité produite et celui du gaz brûlé pour la produire (ajusté du rendement de la centrale) — la marge brute du producteur d’électricité au gaz. Même logique d’écart que le crack et le crush.
ETC
Exchange-Traded Commodity
La même étiquette, deux destins. Tracker coté sur une matière première. Adossé au physique (or en coffre), il colle au spot ; adossé aux futures (pétrole), il roule des contrats et se fait ronger par le contango (roll yield négatif). Ne jamais confondre les deux.
Dr Copper
Le thermomètre du cuivre
Le métal qui aurait un doctorat en économie. Surnom du cuivre : présent partout (construction, réseaux électriques, véhicules, data centers), sa demande épouse le cycle réel, si bien que son prix se lit comme un thermomètre conjoncturel. Un diagnostic, pas une boule de cristal.
AISC
All-in sustaining cost
Le vrai coût d’une once, d’une tonne. Coût complet de production d’une mine en activité : l’extraction, mais aussi la maintenance, les redevances et les frais de soutien. C’est le plancher sous lequel produire détruit de la valeur ; au-dessus, chaque dollar de prix en plus gonfle la marge — le levier opérationnel du minier.
Limit up / limit down
Limit up / limit down
Le marché qui se fige. Bornes de variation journalière fixées par la bourse sur certains contrats (grains, énergie). Touchée, la cotation se bloque à la limite (locked limit) : on peut rester prisonnier d’une position perdante, sans contrepartie pour sortir. Un risque structurel propre aux futures.
Coupe-circuit
Circuit breaker
La suspension d’urgence. Un arrêt automatique de la cotation quand le prix bouge trop vite ou trop fort, le temps que les esprits se calment et que la liquidité revienne. Cousin de la limite de fluctuation, mais lui gèle carrément les échanges au lieu de border le prix. Transverse aux actions et aux futures.
VIX
Volatility Index
L’indice de la peur. La volatilité implicite du S&P 500 à 30 jours, lue dans les prix d’options : le « prix de l’assurance » du marché. En calme plat il rampe en bas ; au moindre krach il bondit — il monte quand les actions chutent. Le vendre, c’est encaisser la prime de risque ; le détenir, payer pour se protéger.
Volatilité implicite
Implied volatility
La peur mise en prix. La volatilité que les prix d’options anticipent (tournée vers l’avenir), par opposition à la volatilité réalisée, constatée après coup. En moyenne l’implicite dépasse la réalisée : cet écart est la prime de risque de volatilité — ce qu’encaisse le vendeur d’assurance. Le VIX la mesure sur le S&P 500.
Gamma
Le delta qui change
La courbure du risque. Le rythme auquel le delta d’une option change quand le sous-jacent bouge — la courbure de son profil de gain. Vendeur d’options = court de gamma : pour rester couvert, il achète quand ça monte, vend quand ça baisse — et chaque aller-retour se paie : acheté haut, revendu bas. Petits mouvements : indolore ; grands : la perte s’accélère.
Vente de volatilité
Short volatility
Encaisser le calme. Parier que les marchés resteront tranquilles : on touche une prime régulière tant que rien ne bouge trop, on paie gros quand la tempête frappe. C’est le geste commun à tout carry — vendre une option, écrire un CDS, acheter le creux. Le revenu vient de la prime de risque de volatilité ; le danger, de la rare secousse qui efface des années de gains.
Prime de risque de volatilité
Volatility risk premium
Le sur-prix de l’assurance. L’écart, en moyenne positif, entre la volatilité implicite (ce que paie l’acheteur d’options) et la volatilité réalisée (ce qui arrive vraiment). L’assurance se paie plus cher que son coût moyen : le vendeur empoche la différence. C’est le revenu qui rémunère la vente de volatilité — et la contrepartie du risque de krach.
Convexité
La courbure du gain
Quand le gain ne suit plus une droite. La façon dont un profit ou une perte s’accélère à mesure que le sous-jacent bouge. Le vendeur d’options est en convexité négative : indolore sur les petits mouvements, ruineux sur les grands — sa perte s’emballe dans le krach. L’acheteur a la convexité positive, inverse. C’est la lecture en relief du gamma, le cœur du danger de la vente de volatilité.
Prime de corrélation
Correlation premium
La part la plus riche. Vendre la volatilité d’un indice rapporte plus que vendre celle de chaque titre pris à part : l’écart est la prime de corrélation. Elle paie le risque qu’au krach, tout chute ensemble — les corrélations bondissent vers 1 et la diversification s’évapore. C’est le cœur de la prime de volatilité du S&P 500.
CDS
Credit default swap
L’assurance contre le défaut. Un contrat où le vendeur touche une prime régulière et s’engage à indemniser l’acheteur si un emprunteur fait défaut. Vendre un CDS, c’est vendre une assurance — un carry de crédit : revenu lisse en temps normal, perte brutale au sinistre. Au cœur de la crise des subprimes.
ADL
Auto-deleveraging
Auto-désendettement : quand une liquidation ne peut être absorbée par le marché, la plateforme ferme d’office les positions des traders les plus exposés et les plus profitables. Rare, mais réel.
Market maker
Market maker
Fournisseur de liquidité delta-neutre qui cote en continu un prix d’achat et un prix de vente, et vit du spread (plus un rebate). Sans opinion directionnelle : il n’a aucun intérêt à orienter le marché — il préfère un marché calme et à double sens.
Skew
Quote skew
Décalage que le market maker applique à ses deux cotations après avoir été exécuté d’un côté, afin d’attirer l’autre côté et de revenir à l’équilibre (rester delta-neutre).
Spoofing
—
Ordres placés dans le carnet puis annulés avant exécution. Crée une fausse impression de liquidité. Très courant ; à ne jamais lire au premier degré.
Wall
—
Mur d’ordres limites concentrés à un niveau de prix. Posé par les market makers pour absorber des liquidations ou bloquer un mouvement. Pas un signal de retournement.
Empreinte & flux
Delta
—
Différence entre le volume acheteur agressif et le volume vendeur agressif. Une divergence prix / delta révèle une absorption (achats sur Buy Limit qui absorbent les ventes agressives).
Footprint
L’empreinte du volume
Voir qui frappe, et à quel prix. La bougie est décortiquée niveau par niveau : combien s’est échangé au bid, combien à l’ask. On y lit qui, des acheteurs ou des vendeurs agressifs, a vraiment dominé.
Delta cumulé
Cumulative Volume Delta · CVD
Le fil du flux acheteur net. La somme, bougie après bougie, des deltas (achats agressifs − ventes agressives). Sa pente dit qui pousse vraiment ; une divergence prix / CVD trahit un mouvement sans carburant.
Imbalance
Déséquilibre d’empreinte
Un côté écrase l’autre. Sur l’empreinte, l’agression d’un camp dépasse nettement (≈ 3×) celle du niveau d’en face, lue en diagonale. Plusieurs déséquilibres empilés signalent un camp clairement aux commandes. À distinguer du FVG, qui est un vide de prix, pas un flux.
Ordre agressif / passif
L’agresseur vs l’attentiste
Qui croise le spread, et qui attend. L’ordre passif patiente dans le carnet (un ordre limité) ; l’ordre agressif franchit le spread pour s’exécuter sur‑le‑champ (un ordre au marché). L’agresseur est le moteur du mouvement : un achat agressif lève l’offre, une vente agressive frappe la demande. Lire le flux, c’est repérer quel camp agresse.
Lecture de bande
Tape reading · time & sales
Lire le ruban des transactions. La bande est le flux brut des trades exécutés — prix, taille, heure, côté agresseur. C’est la plus ancienne lecture du flux : le rythme des impressions, leur taille et leur couleur trahissent l’urgence et le camp qui mène. Quand la bande s’accélère en vert sur un support, la demande s’impatiente.
Iceberg
Ordre caché
La partie visible d’un gros ordre. Seule une fine tranche s’affiche dans le carnet ; à mesure qu’elle est consommée, une réserve cachée la réalimente. On le devine quand un niveau absorbe vague après vague sans céder. C’est l’arme des institutions pour écouler une grosse position sans dévoiler sa taille.
Block trade
Transaction de bloc
Un gros ordre d’un seul tenant. Une transaction de taille exceptionnelle, souvent négociée de gré à gré puis imprimée d’un bloc, hors du carnet visible. Elle trahit la main d’un acteur institutionnel — un signal fort, à replacer dans le contexte : un bloc à l’achat sur un support n’a pas le même sens qu’au sommet d’une hausse.
Stacked imbalances
Déséquilibres empilés
Plusieurs déséquilibres, l’un sur l’autre. Quand des imbalances d’empreinte s’enchaînent sur des niveaux de prix adjacents, un camp domine sans partage sur toute une zone. C’est l’une des empreintes les plus parlantes : elle marque souvent le point de départ d’un mouvement, ou un niveau que les institutions défendront au retour.
Wash trading
Cotations fictives
Du volume qui ne veut rien dire. Acheter et vendre à soi-même (ou entre comparses) pour gonfler artificiellement le volume et l’activité d’un titre — afin d’attirer les acheteurs avant de leur écouler une ligne, ou de simuler un intérêt qui n’existe pas. Le faux mouvement se trahit souvent par un gros volume coincé dans un intervalle de prix minuscule. Cousin du spoofing ; interdit sur les marchés régulés, endémique sur les plateformes crypto peu surveillées.
Dérivés
Ratio put/call
Put/call ratio
La peur, mise en chiffres. Volume des options de vente (puts) rapporté à celui des options d’achat (calls). Indicateur à contre-courant — très élevé, il trahit une peur extrême, souvent près d’un creux ; très bas, un excès d’optimisme près d’un sommet.
COT
Commitments of Traders
Qui détient quoi, chaque semaine. Rapport hebdomadaire ventilant les positions à terme entre commerciaux (les mains fortes, souvent à contre-tendance aux extrêmes) et grand public. Un positionnement record annonce souvent un retournement.
Warrant
Warrant
Un bon pour acheter (ou vendre) à prix fixé. Produit dérivé donnant le droit, jusqu’à une échéance, d’acheter (call) ou de vendre (put) un sous-jacent à un prix d’exercice convenu. Cousin de l’option, mais émis par une banque ou la société elle-même. Le levier amplifie gains et pertes — et il peut expirer sans aucune valeur.
Basis
Base · futures − spot
L’écart entre le terme et le comptant. Prix du contrat à terme moins prix spot. Positif (contango), le marché paie pour détenir plus tard ; négatif (backwardation), il y a urgence à détenir maintenant. Un thermomètre du sentiment.
Liquidations
Cascade de liquidations
Les positions soldées de force. Quand le prix franchit le seuil de marge des traders à levier, leurs positions sont fermées d’office — ce qui pousse le prix dans le même sens et déclenche les suivantes. Une cascade auto-alimentée.
Squeeze
Short / long squeeze
Les piégés forcés de racheter. Quand trop de vendeurs à découvert sont pris à contre-pied, leurs rachats forcés propulsent le prix encore plus haut (short squeeze) — et l’inverse pour les longs. Le carburant des mouvements paraboliques.
Crypto
On-chain
Données de la chaîne
Lire le registre, pas seulement le prix. Les données inscrites sur la blockchain elle‑même : flux de jetons entre portefeuilles et plateformes, soldes, activité du réseau. Des jetons qui quittent les exchanges vers des portefeuilles froids trahissent l’accumulation ; un afflux vers les plateformes annonce souvent des ventes. L’avantage propre à la crypto : le grand livre est public.
Baleine
Whale
Un portefeuille assez gros pour faire bouger le marché. En crypto, où la liquidité est mince, quelques très gros détenteurs — les baleines — peuvent faire pivoter un cours à eux seuls. On suit leurs mouvements on‑chain : elles accumulent dans le calme et se délestent dans l’euphorie — l’opérateur composite de Wyckoff, version blockchain.
Altcoin
Alternative à Bitcoin
Toute crypto qui n’est pas le Bitcoin. Du grand nom à la micro‑capitalisation, les altcoins suivent en général la tendance du Bitcoin — mais amplifiée : ils montent plus fort dans l’euphorie, chutent plus brutalement dans la peur. Plus volatils et plus spéculatifs, ils réclament des positions plus petites et des stops plus larges.
Dérivé
Derivative
Un contrat dont la valeur découle d’un autre actif. Sa valeur dérive d’un sous-jacent — action, indice, devise, taux ou matière première — qu’il ne possède pas. Il ne crée pas de richesse : il déplace le risque d’un acteur à l’autre. La réplication et le notionnel en sont les notions clés.
Créance contingente
Contingent claim
Un paiement futur qui dépend d’un événement incertain. Le flux n’a lieu — ou ne prend sa valeur — que si une condition se réalise. On oppose l’engagement ferme, où l’on devra payer quoi qu’il arrive, comme un forward, au droit conditionnel, où l’on n’exerce que si c’est avantageux, comme une option.
Notionnel
Notional
Le montant de référence qui sert à calculer les flux. C’est la taille théorique du contrat sur laquelle on applique un taux, un prix ou un rendement — souvent colossale. Mais ce n’est pas l’exposition réelle ni l’argent qui change de mains : c’est le piège d’échelle des dérivés. Le levier et le swap de taux reposent dessus.
Réplication
Replicating portfolio
Reconstituer le payoff d’un dérivé avec du sous-jacent et du cash. Si un portefeuille d’actifs simples reproduit exactement les gains et les pertes du dérivé, alors leur prix doit être identique. Le prix juste est le coût de portage de ce portefeuille, par non-arbitrage. C’est le principe au cœur de Black-Scholes et du delta-hedging.
Parité call-put
Put-call parity
Call − put = sous-jacent − valeur actualisée du strike. Cette relation d’arbitrage lie le call et le put de même strike et même échéance. Détenir un call et vendre un put revient ainsi à détenir le sous-jacent à crédit. Tout écart à cette égalité ouvre un arbitrage sans risque.
Forward
Forward
Verrouiller aujourd’hui un prix pour une date future. Accord de gré à gré (OTC) d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé maintenant, livrable à une échéance convenue. Son profil de gain est linéaire et passe par zéro au prix verrouillé : un euro de hausse du sous-jacent rapporte un euro, un euro de baisse en coûte un. Cousin coté et standardisé, le future y ajoute marge et chambre de compensation ; l’écart au comptant est le basis.
Future
Futures
Un forward standardisé et coté en Bourse. Contrat à terme dont la taille, l’échéance et la qualité sont fixées d’avance : tous les contrats d’une même échéance sont identiques, donc fongibles et très liquides. Une chambre de compensation garantit chaque position, sécurisée par la marge et le règlement quotidien (mark-to-market). À l’échéance, on le roule vers l’échéance suivante pour rester exposé.
Chambre de compensation
Clearing house (CCP)
L’intermédiaire qui devient la contrepartie de tous. Institution qui s’interpose entre acheteur et vendeur par novation : elle devient l’acheteur de chaque vendeur et le vendeur de chaque acheteur. Le lien direct fragile entre les deux parties est ainsi remplacé par un nœud central qui efface le risque de contrepartie, adossé à la marge et au mark-to-market. C’est elle qui sécurise le future et, depuis 2008, la compensation centrale des swaps.
Gré à gré
Over-the-counter · OTC
La transaction sans Bourse. Un échange négocié directement entre deux parties, hors carnet central : sur mesure, mais chacun porte le risque que l’autre fasse défaut — ce que la chambre de compensation efface en marché organisé. L’essentiel du volume mondial de dérivés et de change se traite ainsi, de gré à gré.
Mark-to-market
Mark-to-market
Régler les gains et pertes chaque jour. Réévaluation quotidienne d’une position au prix de marché : ce qui est gagné ou perdu dans la journée est crédité ou débité du compte le soir même, puis le compteur repart à zéro. Le risque ne s’accumule donc pas jusqu’à l’échéance, contrairement à un forward. Si la marge tombe trop bas, c’est l’appel de marge ; ce mécanisme est le cœur du future.
Roulement
Roll
Passer du contrat qui expire au suivant. À l’approche de l’échéance, on ferme le contrat proche et on ouvre l’échéance suivante pour conserver l’exposition. Le coût dépend de la pente de la courbe : en contango l’échéance suivante est plus chère, le roll coûte ; en backwardation elle est moins chère, il rapporte. Ce gain ou cette perte récurrente est le roll yield, central pour qui détient un future dans la durée.
Compensation centrale
Central clearing
Faire passer l’OTC par une chambre garantie. Depuis la crise de 2008, les swaps standardisés ne se traitent plus « sur parole » entre deux contreparties mais via une chambre de compensation qui exige du collatéral déposé en garantie. Le risque de contrepartie du gré à gré est ainsi transféré vers la CCP, mutualisé et adossé à la marge. Cela vise surtout les grands swaps comme l’IRS et le CDS.
Call
Call option
Le droit, pas l’obligation, d’acheter. Une option call donne à son acheteur le droit d’acheter le sous-jacent au prix d’exercice jusqu’à l’échéance. Il verse une prime : son risque est borné à cette prime, son gain potentiellement illimité dès que le cours dépasse le strike.
Put
Put option
Le droit de vendre, comme une assurance. Une option put donne le droit de vendre le sous-jacent au prix d’exercice jusqu’à l’échéance. On l’achète pour se protéger d’une baisse (protective put) ou pour parier dessus : le gain grandit à mesure que le cours chute sous le strike.
Prix d’exercice
Strike
Le prix-pivot d’une option. Le strike est le prix convenu auquel l’option permet d’acheter (call) ou de vendre (put) le sous-jacent. C’est lui qui place le coude du profil de gain et qui fixe la moneyness selon la position du cours.
Moneyness
In/at/out-of-the-money
Où se situe le cours par rapport au strike. Dans la monnaie (ITM), l’exercice est profitable ; à la monnaie (ATM), le cours colle au strike ; hors la monnaie (OTM), l’exercice n’a aucun intérêt. La moneyness commande la valeur intrinsèque et la part de valeur temps dans la prime.
Prime
Option premium
Le prix d’une option, en deux morceaux. La prime se décompose en valeur intrinsèque (le gain d’un exercice immédiat) et valeur temps (ce qu’on paie pour la possibilité d’ici l’échéance). Elle dépend du strike, de l’échéance et de la volatilité implicite.
Valeur temps
Time value
Ce qu’on paie pour le temps qui reste. La valeur temps est la part de la prime au-delà de l’intrinsèque : le prix de la possibilité d’amélioration d’ici l’échéance. Elle fond vers zéro à mesure qu’on approche l’échéance, érosion de plus en plus rapide que mesure le theta.
Chaîne d’options
Option chain
Le tableau de toutes les options d’un sous-jacent. La chaîne aligne les strikes en lignes, calls d’un côté, puts de l’autre, avec bid/ask et la volatilité implicite par strike. On y lit l’open interest et l’intérêt du marché.
Pin risk
Pin risk
Le risque quand le cours clôture pile au strike. À l’échéance, si le sous-jacent finit collé au strike, le vendeur ignore s’il sera assigné et l’acheteur s’il doit exercer. Cette incertitude d’assignation peut laisser une position résiduelle non couverte, un piège qu’aggrave la zone de max pain.
Theta
Theta
L’érosion quotidienne de la valeur temps d’une option. Theta mesure ce que l’option perd chaque jour qui passe, toutes choses égales par ailleurs : négatif pour l’acheteur (un loyer payé au temps qui s’écoule), positif pour le vendeur qui l’encaisse. Cette fonte n’est pas linéaire — elle s’accélère nettement à l’approche de l’échéance et ne ronge que la valeur temps de la prime.
Vega
Vega
La sensibilité du prix d’une option à la volatilité. Vega chiffre de combien la prime varie quand la volatilité implicite bouge d’un point : plus le marché anticipe d’agitation, plus la prime gonfle, même si le sous-jacent ne bouge pas d’un cent. C’est la grecque clé pour qui achète ou vend de la vol.
Rho
Rho
La sensibilité du prix d’une option au taux d’intérêt. Rho indique de combien la prime varie quand le taux sans risque bouge d’un point : un call y gagne, un put y perd. C’est généralement la moins influente des grecques sur les échéances courtes, mais elle pèse sur les options longues. Elle relie le prix à la parité call-put via le modèle de pricing.
Delta-hedging
Delta hedging
Neutraliser le sens du marché pour ne garder que la vol. Le dealer annule l’exposition directionnelle de l’option en prenant une position inverse en sous-jacent, dosée par le delta (position dite delta-neutre). Comme le delta dérive avec le prix (effet du gamma), il faut rééquilibrer sans cesse — il ne reste alors exposé qu’à la volatilité.
Open interest
Open interest
Le nombre de contrats encore ouverts, non dénoués. L’open interest compte les positions toujours vivantes sur une option ou un future ; à ne pas confondre avec le volume, qui mesure ce qui s’est échangé sur la séance. Réparti par strike, il montre où se concentre le positionnement et alimente le calcul du max pain dans l’option chain.
Max pain
Max pain
Le strike où le plus d’options expirent sans valeur. C’est le prix d’expiration qui inflige la perte la plus lourde à l’ensemble des détenteurs d’options, calculé à partir de l’open interest par strike. Le hedging des dealers tend à « aimanter » le spot vers cette zone en fin de cycle, sans garantie.
Covered call
Covered call
Détenir l’action et vendre un call dessus. On encaisse la prime du call vendu, ce qui dégage du revenu et amortit une baisse modérée. En échange, le gain est plafonné au strike : au-delà, l’action est appelée. La perte reste celle de l’action détenue, simplement adoucie par la prime.
Protective put
Protective put
Détenir l’action et acheter un put en assurance. Le put pose un plancher de perte : sous le strike, chaque baisse de l’action est compensée par le gain du put. La hausse reste entière. La prime payée joue le rôle de franchise de cette assurance.
Collar
Collar
Un protective put financé par la vente d’un call. On combine un protective put et un covered call : la prime du call vendu paie le put acheté, d’où une protection quasi gratuite. En échange le gain est plafonné comme la perte : le résultat reste enfermé dans une bande bornée des deux côtés.
Spread vertical
Vertical spread
Acheter une option et en vendre une autre, même échéance, strikes différents. La prime encaissée sur l’option vendue réduit le coût de celle achetée. On borne ainsi le gain pour borner le coût et le risque : un pari directionnel à perte et gain plafonnés. Vaut pour les calls comme pour les puts.
Straddle
Straddle
Acheter un call ET un put au même strike. On gagne si le sous-jacent bouge fort, peu importe le sens : c’est un pari sur l’ampleur, pas sur la direction. En clair on achète la volatilité ; il faut un mouvement assez ample pour couvrir les deux primes.
Strangle
Strangle
Comme un straddle, mais avec des strikes écartés. Le call et le put sont hors de la monnaie, donc moins chers que pour un straddle. La contrepartie : une zone morte entre les deux strikes où l’on perd les primes, donc il faut un mouvement plus ample avant de devenir gagnant.
Butterfly
Butterfly
Quatre jambes dont le gain culmine au strike central. On combine un spread acheté et un spread vendu autour d’un même strike : le profit est maximal si le sous-jacent finit pile dessus, et s’efface en s’en éloignant. C’est une façon de vendre la volatilité avec une perte bornée des deux côtés.
Condor
Iron condor
Un strangle vendu, protégé par un strangle acheté plus loin. Frère du butterfly mais avec un plateau de gain : on encaisse la prime tant que le cours reste dans une fourchette. Les jambes achetées, plus à l’écart que celles du strangle vendu, plafonnent le risque. Une vente de volatilité à perte bornée.
Swap de taux
Interest rate swap (IRS)
Échanger un taux fixe contre un taux variable. Deux parties s’accordent pour s’échanger des flux d’intérêt calculés sur un même notionnel : l’une verse un taux fixe (montant constant à chaque échéance), l’autre un taux variable (qui suit un indice de marché et monte ou baisse). Seuls les intérêts circulent — le principal, lui, ne change jamais de mains. C’est le dérivé de gré à gré le plus échangé au monde, le plus souvent compensé par une chambre de compensation.
Swap de devises
Cross-currency swap (CCS)
Échanger principal et intérêts dans deux monnaies. Deux parties s’échangent un principal libellé dans deux devises au départ, se versent ensuite des intérêts chacune dans la devise reçue, puis se rendent le principal à l’échéance. C’est l’outil pour se financer dans une monnaie tout en couvrant le risque de change sur toute la durée. Cousin du swap de taux, mais ici le principal circule vraiment, et la parité des taux gouverne les prix.
Total return swap
Total return swap (TRS)
Toucher la performance d’un actif sans le posséder. Une partie reçoit la performance totale d’un actif — plus-values comme revenus — contre le paiement d’un financement (un taux), tandis que l’autre encaisse ce financement et garde l’actif à son bilan. Le levier peut être énorme et la position reste hors radar : c’est le mécanisme qui a fait imploser Archegos. À distinguer du CFD et du swap de taux.
CFD
Contract for difference
Parier sur la variation de prix sans posséder l’actif. Contrat où l’on s’échange la différence de cours entre l’ouverture et la clôture de la position. Le levier est élevé et des intérêts de financement courent chaque nuit. Le courtier est souvent la contrepartie : votre gain est sa perte, et inversement — d’où un conflit d’intérêt potentiel.
Turbo
Turbo / knock-out
Levier élevé avec une barrière qui tue le produit. Produit à fort levier doté d’une barrière désactivante : si le sous-jacent la touche, le turbo expire instantanément, le plus souvent à zéro. Quasiment aucune valeur temps, mais une mèche très courte avant le knock-out.
Produit structuré
Structured product
Une obligation socle plus une ou plusieurs options, vendues comme un seul titre. La plus grande partie achète une obligation qui protège (en partie) le capital ; le reste finance des options qui dessinent le profil de gain (reverse convertible, autocallable). Le coupon généreux rémunère presque toujours un risque caché, souvent une vente de volatilité.
Autocallable
Autocallable
Remboursé d’avance si une barrière est franchie à une date d’observation.Produit structuré qui se rembourse par anticipation, avec coupon conditionnel, dès que le sous-jacent dépasse un seuil lors d’une date d’observation. C’est le plus souvent une vente d’option déguisée : on encaisse une prime contre un risque de perte en cas de forte chute.
ETN
Exchange-traded note
Un titre de dette qui réplique un indice, pas un panier d’actifs. L’ETN est une simple promesse de l’émetteur de verser la performance d’un indice ; on porte donc son risque de crédit, et s’il fait défaut, la note peut s’effondrer même si l’indice tient. À ne pas confondre avec un ETF, qui détient réellement des actifs.
ETF à levier
Leveraged / inverse ETF
2×, −1× ou −3× la performance QUOTIDIENNE.ETF qui multiplie ou inverse le rendement du jour grâce au levier. Le rebalancement journalier provoque, sur la durée, une dérive (decay) : même quand le sous-jacent revient à son point de départ, le produit à levier finit plus bas. C’est un outil de court terme.
ETF synthétique
Synthetic ETF
Réplique l’indice via un swap, sans détenir les titres. Au lieu d’acheter les composants, l’ETF synthétique signe un swap avec une contrepartie qui lui livre la performance de l’indice (contre une rémunération adossée à un collatéral). Le suivi est très fidèle, mais on hérite d’un risque de contrepartie, contrairement à l’ETF physique.
Black-Scholes
Black-Scholes-Merton
La formule fondatrice du prix d’une option. Elle calcule la prime à partir de cinq ingrédients : le cours, le strike, le temps restant, le taux sans risque et la volatilité. Ses hypothèses — volatilité constante, pas de sauts — sont fausses : le smile de volatilité est la cicatrice que le marché lui laisse.
Arbre binomial
Binomial tree (CRR)
Pricer une option pas à pas, en remontant le temps. À chaque période, le cours ne peut faire que deux choses — monter ou descendre — ce qui dessine un arbre de chemins possibles. On évalue l’option à l’échéance, puis on remonte branche par branche vers aujourd’hui en imposant le non-arbitrage. Plus souple que Black-Scholes pour les options à exercice anticipé, il converge vers lui quand les pas se multiplient.
Novation
Novation
La chambre se glisse au milieu de chaque contrat. Par la novation, le contrat unique entre A et B est remplacé par deux : A face à la chambre de compensation, la chambre face à B. Plus personne ne porte le risque de contrepartie de l’autre : il est concentré sur la chambre, puis neutralisé par la marge.
Cash-secured put
Cash-secured put
Vendre un put en gardant le cash pour acheter. On immobilise de quoi acheter l’action au strike si l’on est assigné, et l’on encaisse la prime en attendant. Le prix de revient effectif tombe à strike − prime. C’est le miroir du covered call.
Reverse convertible
Reverse convertible
Un gros coupon… contre un put que vous avez vendu. Ce produit structuré sert un coupon flatteur ; en échange, si le sous-jacent chute sous une barrière, vous êtes remboursé en actions dépréciées. Le coupon n’est rien d’autre que la prime de ce put vendu à la banque.
Gamma scalping
Gamma scalping
Transformer le gamma en gains, ajustement après ajustement. En détenant des options longues, on re-couvre le delta à mesure que le sous-jacent bouge (delta-hedging) : on achète bas et vend haut mécaniquement. Chaque aller-retour encaisse un petit gain — qui doit couvrir le theta payé chaque jour.
Exercice
Exercise
Faire valoir le droit que donne l’option. Exercer, c’est acheter (pour un call) ou vendre (pour un put) au strike. Une option européenne ne s’exerce qu’à l’échéance, une américaine à tout moment ; et l’on n’exerce que si l’option est dans la monnaie.
Assignation
Assignment
L’envers de l’exercice, côté vendeur. Quand un acheteur exerce, la chambre de compensation désigne au sort un vendeur encore ouvert qui doit livrer. C’est le risque clé du vendeur d’options — un call peut être assigné juste avant un détachement de dividende, un put dès qu’il passe dans la monnaie.
Smile de volatilité
Volatility smile
La volatilité implicite n’est pas la même à chaque strike. Tracée contre le strike, elle dessine un sourire : plus chère loin de la monnaie, des deux côtés. Sur actions et indices, l’aile des puts est relevée — c’est le skew de volatilité. Ce sourire est la cicatrice des hypothèses fausses de Black-Scholes.
Profil de gain
Payoff diagram
Le gain d’une position à l’échéance, dessiné. En abscisse le prix du sous-jacent, en ordonnée le gain ou la perte. Le profil est une droite pour un forward, une ligne coudée au strike pour une option : pour un call acheté, plat sous le strike (la prime perdue), puis montant une fois dans la monnaie. La grammaire visuelle de toutes les stratégies.
Capital garanti
Capital-protected note
Rendre (presque) toute la mise, plus un bout de la hausse. Ce produit structuré mêle une obligation zéro-coupon — qui remonte à 100 à l’échéance — et un call acheté avec le petit reste. D’où un plancher et une participation plafonnée. Revers de décor du reverse convertible ; la garantie ne vaut que la solvabilité de l’émetteur.
Matières premières
Prix spot
Spot price
Le prix d’aujourd’hui, livrable tout de suite. Le prix au comptant, celui auquel un actif s’échange pour une livraison immédiate. Sur les matières premières, c’est le premier point de la courbe à terme ; son écart avec le contrat à terme est la base, qui se referme à zéro à l’échéance. Sur le change, il se règle à J+2 — la date de valeur —, et le forward n’en est que la version corrigée des points de swap.
Inélasticité
Price inelasticity
Quand l’offre et la demande refusent de plier. Une courbe est inélastique quand il faut un mouvement de prix énorme pour déplacer un peu les quantités. Côté offre (une mine met dix ans) comme côté demande (on ne se chauffe pas à moitié), les matières premières sont raides à court terme : un petit déséquilibre fait un grand prix. La courbe de coûts et l’horloge minière en sont la cause.
Courbe de coûts
Cost curve
L’escalier des producteurs, du moins cher au plus cher. On range les producteurs par coût complet (l’AISC pour une mine) : ceux sous le prix de marché tournent à plein, ceux au-dessus ferment. Le dernier rentable fixe le coût marginal — le plancher de long terme vers lequel le prix revient quand l’offre se contracte.
Squeeze (corner)
Short squeeze
Quand les vendeurs à découvert ne trouvent plus rien à livrer. Une main accapare le stock physique — les warrants — et les vendeurs à terme, contraints de livrer, doivent racheter à tout prix. Le cours se détache de toute valeur fondamentale : il mesure la détresse, pas l’offre. Cas d’école : le nickel au LME en mars 2022, au-dessus de 100 000 $/t.
Ratio stock/flux
Stock-to-flow
Le stock déjà là, divisé par le flux qui s’y ajoute. Pour l’or, l’encours (~216 000 t) est immense devant le flux qui s’y ajoute chaque année (~1,5 % du stock) : impossible à diluer vite, d’où sa solidité comme réserve de valeur. Un ratio élevé décrit la résistance à la dilution monétaire — il ne prédit pas le prix.
S&P GSCI
L’indice pondéré à la production
L’indice matières premières pesé à la production mondiale. Le S&P GSCI pondère chaque commodité selon ce que le monde en produit (moyenne 5 ans) : l’énergie y domine de loin (~52 %). Y placer son épargne, c’est parier pour moitié sur le pétrole — à l’opposé du BCOM, qui plafonne. Administré par S&P Dow Jones Indices.
Bloomberg Commodity Index
BCOM
L’indice matières premières bridé par des plafonds. Le BCOM refuse qu’un secteur écrase les autres : des plafonds de 15 % par contrat et 33 % par groupe ramènent l’énergie à ~29 % sur 25 contrats. Bien plus diversifié que le GSCI pesé à la production. Administré par Bloomberg.
Financiarisation
Financialization
L’épargne du monde entre dans les matières premières. Depuis les années 2000, fonds de pension et allocataires d’actifs achètent des paniers indiciels — sans jamais toucher la marchandise. Cet argent, massif et mécanique (il roule aux mêmes dates), s’ajoute aux couvreurs et aux spéculateurs, et peut déformer la courbe par sa seule taille.
Roll indiciel
Index roll
Quand des dizaines de milliards roulent le même jour. Un indice ne prend jamais livraison : il vend l’échéance proche et rachète la suivante, à dates publiées. Comme tous les fonds suivent les mêmes règles, ils roulent ensemble — une pression synchronisée qui pèse sur l’échéance vendue et tire l’autre, déformant la courbe le temps de la fenêtre.
Spéculateur
Speculator
Celui qui achète le risque dont les autres veulent se débarrasser. Sans puits ni récolte, le spéculateur prend la contrepartie du couvreur et porte le risque de prix, dans l’espoir d’un gain. Loin d’être un parasite, il est l’organe qui rend la couverture possible et liquide — et réclame pour cela une prime.
Gaz naturel liquéfié
LNG
Le gaz refroidi pour voyager par bateau. À −162 °C, le gaz naturel devient liquide et réduit son volume environ 600 fois : on peut alors le charger sur un méthanier et le porter d’un continent à l’autre, là où le gazoduc ne va pas. Liquéfier, transporter, regazéifier coûte ~3-5 $/MMBtu — l’écart vers lequel convergent, en théorie, les prix régionaux du gaz.
OPEP+
La « banque centrale du pétrole »
Un cartel qui règle le robinet du brut mondial. L’OPEP+ — les pays exportateurs et leurs alliés, dont la Russie — pilote l’offre par des quotas de production : serrer soutient le prix, desserrer le fait fléchir. Son talon d’Achille : un quota n’est qu’une promesse, et chaque membre gagne à tricher un peu — la cohésion est l’actif le plus fragile du groupe.
Heat rate
Le rendement de la centrale
Combien de gaz pour faire un mégawattheure. Le rendement d’une centrale : la quantité de combustible à brûler pour produire une unité d’électricité. C’est lui qui convertit le prix du gaz en coût du courant — la pièce qui manque pour calculer le spark spread, car on ne soustrait pas naïvement le gaz de l’électricité.
Rapport EIA
Petroleum status report
Le relevé hebdomadaire des stocks de pétrole américains. Chaque mercredi à 10h30 (heure de New York), l’agence américaine de l’énergie publie le niveau des stocks de brut, d’essence et de distillats. Grand market-mover : on ne trade pas le chiffre, mais la surprise — l’écart au consensus. Le pendant agricole est le WASDE.
Rapport WASDE
USDA WASDE
L’estimation mensuelle de l’offre et de la demande agricoles. Le département américain de l’agriculture publie chaque mois ses bilans mondiaux : stocks de fin de campagne, rendements, balances des grandes cultures. Comme pour les stocks de pétrole de l’EIA, c’est la surprise — l’écart au consensus — qui fait bondir le maïs ou le soja, pas le chiffre brut.
Métaux du groupe platine
PGM
Le platine et le palladium, métaux de la catalyse automobile. Les PGM ne sont ni des refuges comme l’or, ni des hybrides comme l’argent : ce sont des métaux industriels précieux, dont le destin se joue dans le pot catalytique des voitures thermiques. Un véhicule 100 % électrique n’en porte aucun — d’où un levier directionnel sur l’électrification.
Ratio or/argent
Gold-silver ratio
Combien d’onces d’argent pour acheter une once d’or. Le prix de l’or divisé par celui de l’argent. Élevé, l’argent est bon marché face à l’or ; bas, c’est l’inverse. Un thermomètre du rapport de force entre les deux métaux — mais sans seuil magique : la moyenne longue n’est pas un aimant, et le ratio peut rester « trop » haut des années.
Métaux précieux
Precious metals
Or, argent, platine, palladium : la famille à double nature. Métaux rares et durables, tenus tantôt comme monnaie (on les thésaurise), tantôt comme matière industrielle (ils conduisent, catalysent, réfléchissent). La question utile n’est jamais « est-ce un précieux ? » mais quelle part de sa demande est monétaire, quelle part industrielle — ce dosage décide à quel vent il réagit.
Métaux de base
Base metals
Cuivre, aluminium, nickel, zinc : les intrants de l’industrie. Les métaux « de base » (par opposition aux précieux) charpentent la production réelle — bâtiment, réseaux, machines, batteries. Tous se vendent à la tonne et montent quand les usines tournent. Leur chef de file, le cuivre, sert de thermomètre à la conjoncture.
Sociétés minières
Mining stocks
Jouer le métal par l’action de qui l’extrait — un proxy à levier. Une minière amplifie le métal : son coût d’extraction (l’AISC) est en grande partie fixe, si bien qu’au-dessus du seuil la marge explose, en dessous elle devient négative. Elle ajoute aussi le risque d’entreprise — dette, dirigeants, géologie — que le lingot n’a pas.
LME
London Metal Exchange
La bourse des métaux de base, branchée sur le métal physique. Le LME cote le cuivre, l’aluminium, le nickel, le zinc — mais à la différence des places américaines, il garde un lien charnel avec la matière : un réseau d’entrepôts agréés où le métal est stocké, chaque lot représenté par un warrant. Cette plomberie façonne sa réaction aux tensions physiques.
Taux d’intérêt réels
Real interest rates
Le taux nominal, moins l’inflation. Le vrai rendement de l’argent une fois la hausse des prix retranchée. C’est le grand moteur de l’or : taux réels hauts, l’obligation qui paie écrase le métal stérile ; bas ou négatifs, l’or brille. Une bascule parmi les plus robustes de la macro — sauf quand l’acheteur marginal change.
Réserve de valeur
Store of value
Une chose qui traverse le temps sans se dégrader. Un actif qu’on détient pour conserver du pouvoir d’achat, parce qu’il ne rouille pas et que personne ne peut l’imprimer. L’or en est l’archétype : sans émetteur, donc sans défaut possible, il a servi de monnaie pendant cinq mille ans. On ne le tient pas pour son rendement — il n’en verse aucun — mais pour ce qu’il est.
Dé-dollarisation
De-dollarization
Réduire la part du dollar dans les réserves. Beaucoup d’États — surtout hors du bloc occidental — jugent qu’une réserve trop concentrée en dollars les expose au levier financier de Washington. Diversifier, c’est détenir un actif qu’aucune sanction ne peut geler à distance : l’or, sans émetteur. C’est ce qui a fait des banques centrales l’acheteur marginal du métal.
Prime de risque géopolitique
Geopolitical risk premium
Le prix de la peur de manquer. Quand une route d’approvisionnement est menacée — un détroit, une région minière, un grenier à blé — l’acheteur paie un peu plus cher pour s’assurer d’être livré. Cette surcote n’est pas le prix de la matière : c’est une prime d’assurance contre la rupture, posée par-dessus. Elle gonfle à la menace, se dégonfle à la détente — souvent avant qu’un seul baril ne manque.
Marché du carbone
EU ETS · quota de CO₂
Une matière première créée par la réglementation. Un quota d’émission (l’EU ETS européen) donne le droit d’émettre une tonne de CO₂ — une rareté décidée par la puissance publique, puis échangée comme un contrat à terme. Le plafond baisse chaque année, ce qui renchérit le droit de polluer. Le signe que « matière première » ne veut plus seulement dire « chose tirée du sol ».
Tick
Le pas de cotation
Le plus petit pas de prix — et ce qu’il vaut en dollars. Un tick n’est pas une somme, c’est un incrément de cotation d’un contrat. Sa valeur en argent vient d’une multiplication : taille du contrat × pas du tick. Sur le WTI (1 000 barils, pas de 0,01 $), un tick vaut 10 $. Tant qu’on n’a pas posé ce produit, on ne sait pas ce qu’un cran coûte — ni dimensionner sa position.
Livraison physique
Physical delivery
À l’échéance, le contrat devient la marchandise. Une des deux fins possibles d’un future : le vendeur livre réellement le baril ou le lingot au point convenu, l’acheteur le prend et le paie en totalité. C’est ce que veulent les commerciaux — la raffinerie, le négociant —, pas le particulier, qui déboucle avant le terme pour ne pas voir mille barils à sa porte. À distinguer du règlement en espèces.
Règlement en espèces
Cash settlement
Solder le contrat en argent, sans livrer la marchandise. Face à la livraison physique, l’autre fin d’un future : à l’échéance, la bourse calcule un prix de référence final et vire la différence — le perdant paie, le gagnant encaisse, aucun baril ne bouge. Le résultat économique d’une livraison suivie d’une revente, sans le camion ni l’entrepôt. Le mode taillé pour qui ne veut que l’exposition au prix.
Détention physique
Physical holding
Tenir le métal en main, sans aucun intermédiaire. Une pièce, un lingot — pas une ligne sur un relevé, pas une part de fonds comme l’ETC : l’objet lui-même, qui ne dépend d’aucun bilan. Son prix : une prime au détail au-dessus du spot (3-8 % sur une pièce d’or), des frais de garde annuels, et un écart achat-vente plus large à la revente.
Indicateurs.
Des grandeurs dérivées du prix. Aucune ne remplace la structure — elles la confirment, mesurent la vélocité ou la volatilité du prix, et signalent les divergences.
Lire un indicateur
Retard
Lag
Le passé, montré avec un temps de retard. Tout indicateur qui moyenne les barres écoulées tourne après le prix : sa courbe confirme le mouvement une fois lancé, d’autant plus tard que la fenêtre est longue. Ce n’est pas un défaut mais le prix du lissage — l’arbitrage fondateur des moyennes mobiles : utile en tendance pour ne pas sortir trop tôt, coûteux en range où l’on entre après coup.
Lissage
Smoothing
Effacer le bruit pour voir la tendance. Moyenner les prix atténue les secousses de court terme et dégage la direction de fond : plus on lisse, plus la courbe est propre — mais plus elle prend de retard. Tout l’art d’une moyenne mobile tient dans cet arbitrage ; les moyennes rapides (EMA, Hull) cherchent à lisser sans trop retarder.
Indicateur avancé / retardé
Leading / lagging
Anticiper ou confirmer. Un indicateur avancé tourne avant le prix — il naît de la structure, du volume ou de niveaux (pivots) ; un indicateur retardé ne fait que confirmer après coup, comme les moyennes et la plupart des oscillateurs. L’avancé prévient mais se trompe plus souvent ; le retardé rassure mais arrive tard. Aucun n’est meilleur : on les combine.
Overlay
Overlay
Posé sur le prix, même échelle. Un indicateur overlay se dessine directement sur le graphique du prix, dans la même unité : moyennes mobiles, VWAP, bandes de Bollinger, Supertrend. Il répond au où : où est le prix par rapport à sa moyenne, ses bandes, son stop. Son pendant est l’indicateur en panneau.
Indicateur en panneau
Pane
Dans son propre cadre, sous le prix. Un indicateur en panneau vit dans une fenêtre séparée avec sa propre échelle, souvent bornée : RSI de 0 à 100, MACD centré sur zéro, ADX. Il répond au quand et à la force — surachat, croisement de zéro, puissance de tendance — là où l’overlay répond au où.
Multicolinéarité
Indicator multicollinearity
Cinq courbes, une seule information. Empiler des indicateurs qui mesurent la même chose (RSI + Stochastique + Williams %R + CCI + CMO) ne donne pas cinq confirmations mais une seule, répétée cinq fois : elles montent et descendent ensemble. La parade : un indicateur par famille — un de tendance, un de momentum, un de volume — pour croiser des angles vraiment différents. C’est le principe de la confluence.
Croisement de zéro
Zero cross
Franchir la ligne de partage. Sur un oscillateur centré sur zéro (MACD, momentum, TRIX), la ligne zéro sépare deux régimes : au-dessus, le mouvement penche à la hausse ; en dessous, à la baisse. Le passage de la courbe à travers ce niveau date la bascule — à ne pas confondre avec le croisement de deux moyennes ni avec la ligne de signal.
Ligne de signal
Signal line
La courbe qui déclenche. Beaucoup d’oscillateurs ajoutent une seconde ligne — une moyenne lissée de la première (MACD et son EMA à 9, %D du Stochastique) : son croisement avec la courbe principale donne le signal d’achat ou de vente. Plus réactive que le passage du zéro, mais plus bruitée.
Confirmation
Confirmation
L’indicateur dit comme le prix. Quand le prix inscrit un nouveau sommet et que l’oscillateur (ou le volume) en fait autant, le mouvement est confirmé : les deux vont dans le même sens, la conviction monte. C’est l’exact opposé de la divergence — et l’usage le plus sain d’un indicateur : valider ce que la structure raconte déjà, pas prédire à sa place.
Failure swing
Failure swing
Le retournement lu sur l’oscillateur seul. Signal de Wilder qui ne regarde même pas le prix : en zone de surachat, le RSI fait un sommet, reflue, puis rebondit sur un sommet plus bas et casse le creux intermédiaire. Ce double échec à repartir signe l’essoufflement — cousin de la divergence, mais entièrement contenu dans l’indicateur.
Effet de chute
Drop-off
Le saut fantôme d’une fenêtre glissante. Un indicateur à fenêtre glissante de n barres (moyenne, ROC) : quand une vieille valeur extrême quitte la fenêtre par le bord, sa seule disparition fait décrocher la courbe — un saut sans rapport avec le prix courant. Piège classique : on croit à un signal, ce n’est que de la mécanique de calcul.
Overshoot
Overshoot
La moyenne rapide qui va trop loin. Les moyennes à faible retard (DEMA, TEMA, Hull) paient leur réactivité par un dépassement : aux retournements, la courbe file au-delà du prix avant d’y revenir, et amplifie le bruit. Le revers du gain de réactivité — à surveiller en range.
Prix typique
Typical price
Une barre résumée en un seul prix. Le prix typique — (H + B + C)/3, moyenne du haut (H), du bas (B) et de la clôture (C) — sert d’entrée à quantité d’indicateurs (VWAP, CCI, MFI, pivots) qui préfèrent ce point d’équilibre à la seule clôture. Variante : le prix médian (H + B)/2, sans la clôture.
Repaint
Repaint
Le passé qui se réécrit. Un indicateur repaint quand son dernier segment se recalcule à mesure que de nouvelles barres arrivent : le ZigZag et les fractales en sont coutumiers, car leur valeur dépend de barres futures. Redoutable en backtest : le signal semblait parfait… parce qu’il a été tracé après coup (biais rétrospectif). Sur barres closes, un indicateur causal ne repeint pas.
Moyennes mobiles
Croisement doré / de la mort
Golden / death cross
Deux moyennes se croisent. La moyenne courte passant au-dessus de la longue (croisement doré, haussier) ou en dessous (croisement de la mort, baissier) — souvent les moyennes 50 et 200. Signal lent et tardif, mais largement surveillé.
EMA
Exponential Moving Average
Moyenne mobile exponentielle, donnant plus de poids aux prix récents. Brique de base du MACD.
Guppy (GMMA)
Guppy Multiple Moving Average
Deux faisceaux d’EMA — un groupe court terme (les traders) et un groupe long terme (les investisseurs) — dont l’écartement (compression ou expansion) révèle la nature et la force d’une tendance. N’indique ni entrée, ni sortie, ni sommet : inutilisable hors tendance.
Divergence
Divergence
Désaccord entre le prix et un indicateur (RSI, volume…) : le prix inscrit un nouveau sommet mais l’indicateur non. Signe que le mouvement s’essouffle et qu’un retournement se prépare.
SMA
Simple Moving Average
Le prix débarrassé du bruit. La moyenne des derniers cours, recalculée à chaque bougie : elle lisse le prix et révèle la tendance de fond. Plus lente que l’EMA — qui, elle, pondère les cours récents — mais moins sensible au bruit.
WMA
Weighted Moving Average
Chaque cours pèse selon sa fraîcheur. Moyenne mobile à poids linéaires : la dernière bougie compte n fois plus que la plus ancienne. À mi-chemin entre la SMA (poids égaux) et l’EMA (poids exponentiels).
VWMA
Volume Weighted Moving Average
La moyenne que le volume tire. Comme une SMA, mais chaque clôture pèse son volume : les séances traitées en taille comptent plus que les séances creuses. Quand la VWMA s’écarte de la SMA, c’est que le gros du volume s’est fait d’un côté. Cousine glissante du VWAP (lui, ancré).
Hamming MA
Hamming Moving Average
La moyenne à fenêtre en cloche. Une moyenne pondérée comme la WMA, mais les poids suivent une fenêtre de Hamming — une cloche qui pèse surtout le CENTRE de la fenêtre et atténue les bords. D’où un lissage très doux : le bruit haute-fréquence est mieux atténué qu’une SMA de même longueur (à retard comparable, comme toute fenêtre symétrique).
SMMA
Smoothed Moving Average (RMA)
Le lissage de Wilder. Une EMA à mémoire longue (facteur 1/n) : très lente, très stable, presque insensible au bruit. C’est elle qui lisse le RSI et l’ATR d’origine.
DEMA
Double Exponential Moving Average
Le retard divisé, pas le lissage. Recombinaison de deux étages d’EMA (2·EMA − EMA d’EMA) qui annule une grande part du décalage : la courbe colle au virage là où l’EMA traîne encore.
TEMA
Triple Exponential Moving Average
Trois étages d’EMA, un retard minimal. Même idée que la DEMA poussée d’un cran : encore plus collée au prix, encore plus nerveuse — à réserver aux marchés qui avancent vraiment.
HMA (Hull)
Hull Moving Average
La moyenne qui vire avec le prix. Deux WMA recombinées (2× la courte − la longue) puis re-lissées sur √n : retard quasi nul, courbe d’une netteté remarquable. Revers de la réactivité : elle épouse aussi les faux virages.
ALMA
Arnaud Legoux Moving Average
Une fenêtre gaussienne décalée vers le présent. Les poids dessinent une cloche centrée près des cours récents (offset, sigma) : le lissé d’une moyenne longue avec la réactivité d’une courte, et très peu de bruit résiduel.
LSMA
Least Squares Moving Average
La régression qui glisse. À chaque bougie, la droite des moindres carrés est recalculée sur les n derniers cours — et l’on ne trace que son point final. Résultat : une courbe qui anticipe le virage au lieu de le subir.
KAMA
Kaufman Adaptive Moving Average
Sourde dans le bruit, véloce en tendance. Sa vitesse dépend de l’efficience du mouvement (chemin net ÷ chemin parcouru) : quasi plate dans un range, elle accélère dès que le prix devient directionnel.
McGinley
McGinley Dynamic
La moyenne auto-régulée. Son facteur de lissage se recalcule selon la vitesse du marché : elle accélère dans les baisses, freine dans les hausses, et colle au prix sans qu’on retouche la période — moins de faux croisements.
Canal de MM
Moving Average Channel
Une moyenne ± k %. Deux bandes parallèles décalées d’un pourcentage fixe autour d’une moyenne : enveloppe de sur-extension (l’indicateur « Envelopes » des plateformes). Parent simple des bandes de Bollinger — qui, elles, respirent avec la volatilité.
Triple EMA
Triple EMA Crossover (4-9-18)
Trois horizons qui doivent s’aligner. Système de croisement classique : une EMA rapide, une moyenne, une lente (4-9-18). Tant que l’ordre des courbes est respecté, la tendance est installée ; le croisement complet signale le basculement.
Momentum & oscillateurs
Oscillateur
Oscillator
La vélocité, entre deux bornes. Indicateur qui évolue dans une fourchette fixe pour mesurer le momentum et repérer les excès (suracheté / survendu) et les divergences. Précieux en range, piégeux en tendance forte, où il reste collé à un extrême. RSI, stochastique et CCI en sont les classiques.
MACD
Moving Average Convergence Divergence
Indicateur mesurant la vélocité du prix dans le temps — différence entre deux EMA (12 et 26 par défaut). Une divergence n’indique pas un retournement, mais une perte de vitesse. Toujours confirmer par la structure.
ROC / Momentum
Rate of Change
De combien depuis n barres ? Le ROC mesure la variation en % entre la clôture et celle d’il y a n barres ; l’indicateur Momentum est le même écart, en brut. Au-dessus de zéro le prix monte plus vite qu’avant, au-dessous il recule — la ligne zéro est la frontière de régime, ses divergences annoncent l’essoufflement.
Price Osc.
Price Oscillator
L’écart entre deux EMA, devenu une ligne. EMA rapide moins EMA lente : positif quand la rapide est dessus, zéro pile au croisement. C’est le cœur du MACD sans sa ligne de signal — sa variante en % (PPO) rend l’écart comparable d’un actif à l’autre.
TRIX
Triple Exponential Average
La vitesse d’une moyenne triple-filtrée. Variation d’une barre à l’autre d’une EMA d’EMA d’EMA : trois étages de lissage éliminent presque tout le bruit, et la traversée du zéro marque le vrai retournement de fond — tardif mais propre.
CMO
Chande Momentum Oscillator
Hausses moins baisses, sur le total. Somme des gains moins somme des pertes sur n barres, rapportée à leur total : borné ±100, zéro quand ça s’équilibre. Cousin du RSI sans lissage — plus brut, plus nerveux ; ±50 = zones tendues.
DPO
Detrended Price Oscillator
La tendance retirée, reste le cycle. Le prix décalé d’une demi-période, comparé à sa moyenne courante : la pente de fond s’annule et il ne reste que l’ondulation autour d’elle — l’outil des cycles (longueur creux-à-creux), pas du timing d’entrée.
KST
Know Sure Thing
Quatre vitesses, une conviction. Quatre ROC (10, 15, 20, 30) lissés puis pondérés 1-2-3-4 : le long terme pèse le plus, le court terme affine. Le croisement avec sa ligne de signal et la traversée du zéro donnent des bascules lentes mais argumentées.
Coppock
Coppock Curve
Le détecteur de creux de marché. Deux ROC longs (14 et 11) additionnés puis lissés par une WMA de 10 : conçu pour l’unité mensuelle. Le signal historique est précis : la courbe est sous zéro et se retourne à la hausse — les grands creux, pas les sommets.
TSI
True Strength Index
Le momentum, doublement lissé. La variation barre à barre passée dans deux étages d’EMA (25 puis 13), normalisée par la même cascade sur sa valeur absolue : une jauge ±100 lisse qui garde le SENS du mouvement net. Zéro = bascule de régime ; divergences fiables car déjà filtrées.
SMI Ergodic
SMI Ergodic Oscillator
Un TSI avec sa gâchette. Le TSI accompagné d’une ligne de signal (EMA 5) : le croisement des deux donne le timing que le TSI seul, très lisse, ne précise pas — même logique que le couple MACD/signal.
AO
Awesome Oscillator
L’élan du marché en barres. SMA 5 moins SMA 34, calculées sur le point médian (H+L)/2 : un histogramme autour de zéro qui compare l’élan récent à l’élan de fond. Barre plus haute que la précédente = vert, plus basse = rouge — c’est le changement de couleur qui parle, pas le niveau.
AC
Accelerator Oscillator
La pédale, pas le compteur. L’AO moins sa propre moyenne (SMA 5) : mesure si l’élan accélère ou freine. L’AC ralentit AVANT que l’AO ne tourne, qui tourne avant le prix — un cran d’anticipation de plus, au prix de plus de bruit.
Fisher
Fisher Transform
Des extrêmes rendus pointus. Le prix médian normalisé sur n barres, passé dans la transformée de Fisher : la distribution devient quasi gaussienne et les retournements dessinent des POINTES nettes au lieu d’arrondis mous. Les pics au-delà de ±1,5 sautent aux yeux — l’un des oscillateurs les plus précoces, à filtrer par la structure.
RVI
Relative Vigor Index
Où ferment les bougies, en moyenne. Clôture moins ouverture, rapportée au range haut-bas, lissée symétriquement sur 4 barres puis sommée : positif quand les séances ferment au-dessus de leur ouverture — la vigueur des acheteurs, dans l’esprit du VSA (le corps relatif au range). Croisement avec sa ligne de signal = bascule.
BOP
Balance of Power
Qui possède la bougie ? Clôture moins ouverture, divisée par le range haut-bas : +1 quand les acheteurs prennent TOUT le range, −1 quand les vendeurs raflent. Brut, barre par barre — le cousin nerveux du RVI, qui lui lisse la même idée.
Tendance & force
ADX / DMI
Average Directional Index
La force d’une tendance, pas son sens. Issu du système directionnel (+DI / -DI), l’ADX monte quand le marché tend — peu importe la direction — et retombe quand il s’essouffle ou s’enlise dans un range. Au‑dessus de ~25, la tendance porte le mouvement ; sous ~20, mieux vaut s’abstenir ou jouer les bornes. Le sens, lui, se lit au croisement de +DI et -DI.
Aroon
Aroon Up / Down
Le chronomètre des extrêmes. Up mesure la fraîcheur du dernier plus-haut, Down celle du dernier plus-bas (0-100, en % de la période écoulée). Tendance saine : Up campé vers 100, Down au plancher. Leur croisement ne dit rien de l’ampleur — seulement que le temps a tourné. Cousin de l’ADX, en plus lisible.
Vortex
Vortex Indicator (+VI / −VI)
Deux flux qui s’enroulent. +VI cumule les mouvements bas-d’hier → haut-du-jour, −VI les mouvements haut-d’hier → bas-du-jour, normalisés par le range vrai : deux lignes qui s’enlacent comme un tourbillon. +VI au-dessus = régime haussier ; le croisement signe le renversement. Cousin du système ±DI.
ASI
Accumulative Swing Index
Le prix « pur » de Wilder. Chaque barre reçoit un Swing Index (clôture, ouverture, range vrai pondérés) et l’ASI les cumule : une ligne qui réécrit le marché en ne gardant que le swing significatif. Son usage canon : quand l’ASI casse SON propre niveau en même temps que le prix, la cassure est tenue pour authentique.
Volume
Demand Index
Demand Index
Prix et volume en une courbe. Indicateur (James Sibbet) combinant prix et volume pour jauger la pression acheteuse ou vendeuse, censé devancer le prix. À lire en divergence plutôt qu’en niveau absolu.
Herrick Payoff
Herrick Payoff Index
Le flux d’argent d’un contrat à terme. Indice mesurant l’argent qui entre ou sort d’un future, à partir du prix, du volume et de la position ouverte. Positif, l’argent afflue ; négatif, il déserte.
OBV
On‑Balance Volume
Le volume, additionné dans le sens du prix. On ajoute le volume des séances qui clôturent en hausse, on retranche celui des séances en baisse : le cumul progresse tant que les acheteurs poussent. Sa vraie valeur tient à la divergence — quand l’OBV grimpe alors que le prix plafonne, des mains accumulent en coulisses ; quand il décroche sous un prix qui tient encore, la tendance se vide.
MFI
Money Flow Index
Le RSI pondéré par le volume. Même jauge 0-100 que le RSI, mais chaque variation pèse son volume : quand un sommet du prix n’est plus financé par l’argent réel, l’indice décroche — la divergence se lit avant le retournement. Zones 20/80.
A/D Line
Accumulation / Distribution Line
Où ferme la bougie, pondéré par le volume. Chaque barre apporte son volume multiplié par la position de la clôture dans le range (+1 tout en haut, −1 tout en bas), et la ligne cumule. Différence avec l’OBV : pas besoin de clôturer en hausse — fermer HAUT dans la bougie suffit à compter comme accumulation.
CMF
Chaikin Money Flow
La pression d’achat, en fenêtre. La même brique que l’A/D Line (position de la clôture × volume), mais sommée sur 20 barres et normalisée par le volume total : un oscillateur borné ±1. Au-dessus de zéro, l’argent ENTRE ; en dessous, il sort — et un CMF qui reste positif pendant un repli est une main qui tient.
Chaikin Osc.
Chaikin Oscillator
L’élan du flux d’argent. EMA 3 moins EMA 10 de l’A/D Line — le MACD appliqué au flux plutôt qu’au prix : il capte l’accélération de l’accumulation avant qu’elle se voie sur la ligne elle-même. Zéro = bascule du flux.
Klinger
Klinger Volume Oscillator
Le volume converti en force. Chaque barre produit une « Volume Force » : le volume signé par la tendance du prix typique, amplifié quand le range progresse. EMA 34 moins EMA 55 de cette force : un oscillateur qui cherche les renversements là où l’effort volumique contredit le mouvement — parent de l’OBV, en version sensible à l’ampleur.
EOM
Ease of Movement
Le prix avance-t-il sans effort ? Déplacement du point médian × range, divisé par le volume : grand quand le prix parcourt beaucoup de chemin avec PEU de volume (la voie est libre), proche de zéro quand un gros volume n’obtient rien (ça frotte). La loi effort/résultat en une formule, lissée sur 14.
Force Index
Elder’s Force Index
Ampleur × volume = force. La variation de clôture multipliée par le volume de la barre, lissée par une EMA 13 : un mouvement ne compte que s’il est AMPLE et TRAITÉ. Un petit pas à gros volume et un grand pas à petit volume pèsent pareil — c’est le produit qui mesure la conviction.
Net Volume
Net Volume
Le volume signé, barre par barre. +V quand la clôture monte, −V quand elle baisse, zéro sinon — SANS cumul : chaque barre repart de zéro, contrairement à l’OBV qui additionne. La lecture du delta en version clôture-à-clôture : qui a gagné CETTE barre, et avec combien.
PVT
Price Volume Trend
L’OBV qui dose. Même cumul que l’OBV, mais le volume est multiplié par la variation en % au lieu d’être compté en bloc : une séance de −0,1 % ne pèse presque rien, une chute de −5 % pèse cinquante fois plus. Le cumul reflète l’AMPLEUR des mouvements, pas seulement leur sens.
Volume Osc.
Volume Oscillator
Le volume est-il en expansion ? Moyenne courte du volume moins moyenne longue, en % de la longue : positif quand l’activité enfle, négatif quand elle se tarit. Une cassure à volume oscillator montant a du carburant ; une dérive à volume décroissant prépare l’épuisement.
Multiplicateur de flux / CLV
Close location value
Où la clôture tombe dans la barre. Le close location value — ((C−B)−(H−C)) / (H−B) — situe la clôture dans le range de la barre, de +1 (clôture au plus-haut, accumulation) à −1 (au plus-bas, distribution). Pondéré par le volume, c’est le cœur de l’Accumulation/Distribution et du CMF.
Pression acheteuse / vendeuse
Buying / selling pressure
Qui tient le stylo à la clôture. La pression acheteuse pousse la clôture vers le haut de la barre ; la vendeuse, vers le bas. Beaucoup d’indicateurs de flux la chiffrent : Ultimate Oscillator, Balance of Power, MFI. C’est la lecture, barre par barre, du rapport de force entre acheteurs et vendeurs.
Internes de marché
Largeur de marché
Market breadth
Combien de titres suivent vraiment ? La largeur mesure la participation à un mouvement d’indice : si l’indice monte mais que peu de valeurs avancent, la hausse est fragile. Une famille de mesures — ligne d’avance-déclin, TICK, TRIN, McClellan — qui radiographie la santé du marché sous la surface du prix.
Ligne d’avance-déclin
Advance-decline line
La santé sous la surface. Cumule chaque jour le nombre de titres en hausse moins ceux en baisse. Quand l’indice fait un nouveau sommet mais que la ligne, elle, plafonne : la hausse ne repose plus que sur quelques géants — divergence baissière classique. À ne pas confondre avec l’A/D Line de volume (accumulation-distribution).
Volume haussier / baissier
Upside / downside volume
Le camp qui draine le volume. Répartit le volume total selon que les titres montent ou baissent : un fort volume haussier confirme une avancée, un volume baissier dominant trahit la distribution. Différent du volume net d’un seul titre — ici on pèse tout le marché, camp contre camp.
Indice TICK
TICK (breadth)
Le pouls de la séance, à la minute. Le nombre de titres cotant sur une hausse moins ceux sur une baisse, en temps réel. Il oscille autour de zéro et gicle jusqu’à ±1000 aux extrêmes émotionnels : un pic très haut trahit un achat de panique, très bas une vente de capitulation. Un outil de largeur intraday — rien à voir avec le tick, pas de cotation.
Indice Arms (TRIN)
Arms index · TRIN
La bascule achat-vente. Le TRIN rapporte le ratio des titres en hausse/baisse au ratio de leurs volumes. Sous 1, le volume se porte sur les hausses (achat) ; au-dessus de 1, il afflue sur les baisses (vente). Contrarian : un TRIN extrême signale souvent un retournement imminent. Le duo du day-trader avec le TICK.
Oscillateur de McClellan
McClellan oscillator
L’élan de la largeur. Un oscillateur bâti sur l’avance-déclin : la différence de deux moyennes exponentielles du solde avancées−déclins. Au-dessus de zéro, la largeur s’améliore ; en dessous, elle se dégrade. Ses croisements de zéro et ses divergences anticipent souvent les tournants de l’indice.
Surachat / survente
RSI
Relative Strength Index
Suracheté ou survendu ? Un oscillateur borné de 0 à 100 qui mesure la vitesse des variations. Au-dessus de 70 le marché est dit suracheté, sous 30 survendu. Son vrai pouvoir : repérer les divergences avec le prix.
Stochastique
Stochastic oscillator
Où le prix ferme dans sa fourchette. Un oscillateur borné de 0 à 100 : la ligne %K situe la clôture entre le plus bas et le plus haut récents, et %D en est la version lissée. Près de 80, chaque séance ferme en haut de l’amplitude — le marché est tendu (surachat) ; près de 20, il ferme en bas — épuisé (survente). Le signal ne vient pas du niveau seul, mais du croisement des deux lignes et de leurs divergences avec le prix.
KDJ
KDJ oscillator
Le stochastique chinois, avec une ligne d’avance. À partir du stochastique, deux lissages récursifs donnent les lignes K (rapide) et D (lente) ; s’y ajoute la ligne J = 3K − 2D, qui amplifie l’écart entre K et D et déborde volontairement la plage 0-100. Quand J plonge sous 0 ou jaillit au-dessus de 100, l’extrême est franc — souvent en avance d’une bougie sur le croisement K/D. Plus nerveux que le stochastique simple, à confirmer.
Stoch RSI
Stochastic RSI
L’oscillateur d’un oscillateur. Le stochastique appliqué aux valeurs du RSI plutôt qu’au prix : il situe le RSI dans sa propre fourchette récente. Là où le RSI reste sage au milieu de sa plage, son Stoch RSI sature les extrêmes — très réactif, donc bruyant : à confirmer par la structure.
CRSI
Connors RSI
Le RSI du très court terme. La moyenne de trois jauges : un RSI(3) du prix, un RSI de la série de hausses ou baisses consécutives, et le rang percentile de la dernière variation. Conçu pour le retour à la moyenne : seuls les extrêmes parlent — au-delà de 90 ou sous 10, l’élastique est tendu.
Surachat / survente
Overbought / oversold
Tendu à la hausse, ou épuisé à la baisse. Un état que signalent les oscillateurs (RSI, stochastique…) : passé leur seuil haut, le prix a tant monté qu’il paraît suracheté ; sous leur seuil bas, survendu. Mais ce n’est pas un ordre d’achat ou de vente : dans une tendance forte, un marché reste suracheté longtemps. C’est un contexte à confirmer, jamais un déclencheur isolé.
Williams %R
Williams Percent Range
Le stochastique, à l’envers. Un oscillateur de momentum gradué de 0 à -100 : il situe la clôture dans l’amplitude des dernières séances. Au‑dessus de -20, le marché est suracheté ; sous -80, survendu. Très réactif — pratique pour chronométrer un retournement de court terme — mais bruyant : à confirmer par la structure et le volume.
UO
Ultimate Oscillator
Trois horizons, un seul chiffre. La pression acheteuse — la clôture mesurée depuis le vrai plus-bas, rapportée au range vrai de l’ATR — moyennée sur 7, 14 et 28 périodes, pondérées 4/2/1 : le court terme mène, les deux autres l’assagissent. Moins de fausses divergences qu’un oscillateur mono-période. Zones 30/70.
CCI
Commodity Channel Index
L’écart à la moyenne, mesuré. Le CCI chiffre la distance entre le prix et sa moyenne récente, rapportée à sa dispersion habituelle. Au‑delà de +100, le prix s’éloigne franchement vers le haut — élan puissant, parfois excès ; sous -100, vers le bas. Comme il n’est pas borné, ses pointes signalent la vigueur d’un mouvement, et ses divergences son essoufflement.
Volatilité & canaux
Bandes de Bollinger
Bollinger Bands
Une enveloppe de volatilité. Une moyenne mobile encadrée de deux bandes à deux écarts-types. Elles s’écartent quand la volatilité monte, se resserrent quand elle tombe — ce resserrement (« squeeze ») précède souvent un mouvement.
%B
Bollinger %B
Où suis-je dans la bande ? La position du prix entre les bandes de Bollinger, ramenée à une jauge : 0 sur la bande basse, 1 sur la haute, au-delà de 1 le prix est SORTI. Transforme la lecture visuelle des bandes en nombre comparable et backtestable.
BBW
Bollinger Band Width
Le pied à coulisse du squeeze. La largeur des bandes de Bollinger rapportée à la médiane, en % : au plancher quand la volatilité se comprime — le ressort se bande —, au plafond après la détente. Les squeezes extrêmes précèdent les grands mouvements ; la direction, elle, reste à lire ailleurs.
Keltner
Keltner Channels
Le canal qui respire à l’ATR. Une EMA centrale ± un multiple de l’ATR : la largeur suit le range RÉEL des bougies, pas la dispersion statistique des Bollinger — plus stable, moins de pincements brutaux. Un squeeze classique : les Bollinger qui rentrent DANS le Keltner.
Bandes STARC
STARC bands (Stoller)
Le canal de l’élastique. Des bandes tracées à une distance en ATR autour d’une moyenne — cousines des Keltner, mais lues à l’envers : toucher la bande haute signale un prix étiré qu’on fade (retour à la moyenne), là où Keltner y voit une cassure à suivre. Nommées d’après Manning Stoller.
Donchian
Donchian Channels
Le canal des extrêmes purs. Bande haute = plus-haut des n barres, bande basse = plus-bas, milieu = leur médiane (l’indicateur « Price Channel » des plateformes) : des MARCHES qui ne bougent qu’aux nouveaux extrêmes. Toucher le plafond, c’est par définition faire un nouveau plus-haut — le canal des systèmes de cassure (les Turtles l’ont rendu célèbre).
Std Error Bands
Standard Error Bands
La qualité du fit, en bandes. Une droite de régression glissante (la LSMA) ± l’erreur standard du fit, le tout lissé : bandes ÉTROITES quand le prix suit docilement sa droite, ÉVASÉES quand il s’en disperse. Ce n’est pas la volatilité brute qu’on lit — c’est la propreté de la tendance.
LinReg Slope
Linear Regression Slope
La pente de la droite, en continu. La pente de la régression linéaire glissante : combien la droite des moindres carrés (la LSMA) gagne par barre. Positive = tendance haussière mesurée, zéro = plat — la version chiffrée de « ça monte fort ou ça monte mou ».
CHOP
Choppiness Index
Tendance ou marmelade ? Compare le chemin parcouru — la somme des ranges vrais de l’ATR — à l’espace réellement couvert : au-dessus de 61,8 le prix piétine dans un range ; sous 38,2 il déroule en tendance. Jamais la direction — seulement la qualité du terrain.
Chop Zone
Chop Zone
L’angle de la moyenne, en couleurs. Mesure la PENTE d’une EMA 34, normalisée par l’amplitude récente et convertie en degrés, puis peinte par paliers : turquoise quand ça grimpe fort, rouge quand ça plonge, teintes molles autour de zéro. Ne pas confondre avec le Choppiness Index : ici on lit la DIRECTION et sa force, pas la congestion.
Chaikin Vol.
Chaikin Volatility
Le range accélère-t-il ? La variation en % d’une EMA du range haut-bas : positif quand les bougies s’élargissent, négatif quand elles se referment. Un pic d’élargissement près d’un creux sent la capitulation ; un rétrécissement prolongé prépare la détente.
HV
Historical Volatility
La volatilité des statisticiens. L’écart-type des rendements logarithmiques sur n barres, annualisé (×√252) : le même langage que les options et la gestion de risque. Là où l’ATR parle en points de prix, la HV parle en % par an — comparable entre actifs et dans le temps.
Mass Index
Mass Index
Le renflement qui annonce le pivot. Somme sur 25 barres du ratio EMA/EMA² du range haut-bas : quand les ranges enflent en série, l’indice gonfle. Le setup canonique : un « bulge » au-dessus de 27 qui retombe — renversement PROBABLE, mais l’indice ne dit jamais dans quel sens. À lire avec la structure.
ATR
Average True Range
Le souffle du marché, chiffré. L’amplitude moyenne d’une bougie, gaps compris, sur une période (le true range). Aucune direction — il sert à calibrer : un stop placé à un multiple de l’ATR respire avec le marché au lieu de sauter au moindre bruit.
Amplitude vraie
True range
L’amplitude qui n’oublie pas le gap. La vraie amplitude d’une barre : le plus grand des trois écarts — haut−bas, |haut−clôture de la veille|, |bas−clôture de la veille|. En intégrant la clôture précédente, elle capture les gaps d’ouverture que le simple haut−bas ignore. Brique de l’ATR, du Keltner et de l’indice de choppiness.
Squeeze de volatilité
Volatility squeeze
Le calme avant la tempête. Quand les bandes de Bollinger se resserrent (volatilité au plancher), l’énergie s’accumule : la compression annonce une expansion, souvent brutale. Le TTM Squeeze la repère quand elles rentrent dans le canal de Keltner. Attention : la compression dit qu’un mouvement vient, pas dans quel sens — à ne pas confondre avec le short squeeze.
Suiveurs & niveaux
SuperTrend
SuperTrend
Une ligne, deux camps. Une bande à k·ATR du prix médian qui ne fait que se resserrer dans le sens du mouvement : SOUS le prix en tendance haussière, elle FLIPPE au-dessus quand la clôture la traverse. Suiveur de tendance binaire — lisible d’un coup d’œil, mais fouetté dans les ranges.
SAR
Parabolic SAR (Stop & Reverse)
Les points qui rattrapent le prix. Un chapelet de points sous la tendance, qui ACCÉLÈRE à chaque nouvel extrême (le facteur grimpe de 0,02 en 0,02) : plus la tendance dure, plus le stop se rapproche — jusqu’au contact, qui retourne la position (Stop & Reverse, Wilder). Conçu pour les marchés qui tendent ; en range, il fouette.
Chande Kroll
Chande Kroll Stop
Le stop calibré au bruit. Deux lignes de stop suiveur posées à un multiple d’ATR des extrêmes récents : assez loin pour survivre au bruit normal, assez près pour rendre peu en cas de retournement. Ligne basse sous les positions longues, ligne haute au-dessus des courtes.
Ichimoku
Ichimoku Kinkō Hyō
L’équilibre d’un coup d’œil. Cinq lignes à base de mi-ranges : Tenkan (9) et Kijun (26) pour le rythme, Senkou A/B projetées 26 barres EN AVANT — leur entre-deux forme le NUAGE, support et résistance en bloc — et Chikou, la clôture reculée de 26, qui vérifie le dégagement. Prix au-dessus d’un nuage épais = terrain haussier sain.
Alligator
Williams Alligator
Il dort, puis il mange. Trois SMMA du prix médian (5, 8, 13 — lèvres, dents, mâchoire), décalées vers l’avant : tressées serrées, l’animal DORT (range — on n’y trade pas) ; quand elles s’ouvrent en éventail dans l’ordre, il MANGE — la tendance est servie. Bill Williams en a fait une fable, la mécanique reste trois moyennes.
Fractals
Williams Fractals
Le pivot certifié… deux barres plus tard. Un sommet plus haut que ses quatre voisines (deux de chaque côté) = fractal haut ; symétrique pour les creux. Des swings objectifs, sans paramètre — mais le label n’apparaît qu’avec DEUX barres de retard : on s’en sert pour structurer le passé, pas pour entrer au tick.
ZigZag
ZigZag
Le squelette du mouvement. Relie les pivots en ignorant tout repli inférieur à un seuil (k %) : il ne reste que les swings qui comptent — parfait pour lire la structure, compter des vagues, repérer les figures. ATTENTION : le DERNIER segment se redessine tant que le seuil n’est pas confirmé — jamais de signal d’entrée dessus.
Points pivots
Pivot Points (floor trader)
La période précédente trace les niveaux de la suivante. Du haut-bas-clôture de la période PRÉCÉDENTE (jour, semaine ou mois selon l’ancrage), on dérive un pivot central et des étages R1/R2/R3, S1/S2/S3 — quatre recettes coexistent (standard, Fibonacci, Woodie, Camarilla), même idée : des repères objectifs connus d’avance, que beaucoup d’yeux regardent — donc qui réagissent.
52 semaines
52-Week High / Low
Le plafond et le plancher de l’année. Le plus-haut et le plus-bas glissants : deux niveaux que toute la presse cite, que les scanners filtrent, que les gérants surveillent — des aimants psychologiques. Un titre qui inscrit des plus-hauts d’un an APPARTIENT aux meneurs ; un plus-bas d’un an n’est jamais un hasard.
Fibonacci
Retracements & extensions
Les paliers d’un repli. Après une impulsion, le prix retrace souvent une fraction « clé » (38,2 %, 50 %, 61,8 %) avant de repartir. Ces niveaux servent de zones d’entrée ; les extensions (161,8 %) servent d’objectifs.
Golden pocket
Golden pocket
La poche dorée du repli. La zone serrée entre les retracements Fibonacci 61,8 % et 65 % — le creux le plus surveillé d’un retracement avant que la tendance reprenne. On y guette une réaction (bougie de rejet, retour du volume) pour entrer dans le sens de l’impulsion, stop juste sous la poche.
Multi-timeframe & contexte.
L’analyse multi-timeframe est le squelette de la lecture M0 : l’alignement HTF / MTF / LTF prime sur tout setup isolé.
Échelles de temps
LTF
Lower Time Frame
Unité de temps basse (15m, 5m, 1m). Sert à affiner les entrées une fois le HTF aligné, jamais l’inverse.
MTF
Medium Time Frame
Unité de temps intermédiaire (1H, 2H selon contexte). Le pivot tactique entre la direction HTF et l’exécution LTF — c’est là que se lisent les ranges et les transitions de phase.
HTF
Higher Time Frame
Unité de temps haute (1W, 1D, 4H selon contexte). Donne la direction macro et le biais de fond.
Lecture multi-UT
Analyse top-down
Du HTF vers le LTF
Du grand vers le petit. Lire d’abord les unités de temps hautes (direction, niveaux majeurs), puis descendre affiner l’entrée sur les basses. On ne trade le LTF que dans le sens du HTF — jamais l’inverse.
Confluence
Quand les signaux s’alignent
Plusieurs raisons de prendre le même trade. Quand des signaux indépendants pointent au même endroit — un support qui coïncide avec un retracement de Fibonacci, un VPOC et un biais HTF haussier. Plus la confluence est forte, plus la zone mérite qu’on agisse.
Fractalité
Récurrence multi-échelle
Les schémas Wyckoff se répètent à toutes les échelles temporelles — un range en M5 peut être un sous-range d’un range D1. Lire en multi-timeframe permet d’identifier les structures emboîtées et les zones d’intérêt majeures.
Contexte & catalyseurs
Surprise de résultats
Earnings surprise
L’écart entre le résultat publié et le consensus. Quand une société publie un bénéfice très au-dessus (bonne surprise) ou en dessous (mauvaise) des attentes des analystes, le titre gappe et part en tendance. Le mouvement se prolonge souvent plusieurs séances — la dérive post-annonce — et offre des cassures nettes.
Note d’analyste
Analyst upgrade / downgrade
Le verdict d’un analyste qui bouge le cours. Un relèvement (« acheter ») ou un abaissement (« vendre ») de recommandation, ou une initiation de couverture, provoque souvent un gap et une réaction immédiate. L’effet est généralement bref : le titre forme fréquemment un crochet — il part dans le sens de la note, puis se retourne.
Catalyseur
Catalyst
L’étincelle qui met le prix en mouvement. Un événement — donnée, décision, annonce, dépêche — capable de déclencher un mouvement. Le métier consiste à recenser les catalyseurs de son marché, à s’y préparer, et à réagir vite quand ils tombent.
Valeur refuge
Safe haven
Ce qu’on achète quand tout brûle. Un actif recherché en période de stress — or, yen, dollar, obligations d’État : il monte quand les actifs risqués sont vendus massivement. Sa corrélation faible ou négative aux actifs risqués, surtout en stress, en fait un abri, et un baromètre de la peur.
Saisonnalité
Seasonality
Des schémas qui reviennent avec le calendrier. Tendances récurrentes liées au temps : flux de fin de mois, « vendre en mai », effets de fin d’année, versements de retraite. Directionnelles mais jamais garanties : un biais de fond à confirmer, pas un automatisme.
Positionnement
Positioning
Qui est déjà long, qui est déjà short. La mesure de l’exposition agrégée des acteurs (sondages, données de marché, enquêtes). Directionnel sauf aux extrêmes : un positionnement record, dans un sens ou l’autre, annonce souvent un retournement — plus personne pour pousser dans le même sens.
Analyse intermarchés
Intermarket · lead-lag
Lire un marché à travers ses voisins. Suivre des marchés logiquement corrélés (pétrole et dollar canadien, taux et actions) pour repérer lequel mène et anticiper celui qui retarde. Pas besoin de modèle : il suffit de suivre le momentum et de construire une histoire cohérente.
Macro & politique monétaire.
Les banques centrales fixent le prix de l’argent — et, de proche en proche, la marée qui porte ou retire les actifs risqués. Le décor macro dans lequel se joue tout le reste.
Les institutions
Banque centrale
Central bank
Le gardien de la monnaie. L’institution qui émet la monnaie et conduit la politique monétaire d’un pays ou d’une zone, surtout via le taux directeur. Indépendante du pouvoir politique, elle vise avant tout la stabilité des prix.
Politique monétaire
Monetary policy
Régler la température de l’économie. L’ensemble des décisions d’une banque centrale pour agir sur le crédit, la monnaie et l’inflation. Levier principal : le taux directeur — bas, il stimule ; haut, il freine.
Politique budgétaire
Fiscal policy
Le levier de l’État, distinct de celui de la banque centrale. Là où la politique monétaire agit par les taux, la politique budgétaire agit par les dépenses publiques et les impôts. Relancer (déficit, baisses d’impôts) soutient la demande ; consolider (austérité) la freine. Les deux peuvent se renforcer — ou se contrarier.
Réserve fédérale (Fed)
Federal Reserve
La banque centrale des États-Unis. Créée en 1913, la plus influente au monde : le dollar étant la monnaie de réserve mondiale, ses décisions débordent partout. Son taux — le federal funds rate — est fixé par le FOMC, sous un double mandat prix + emploi.
BCE & Eurosystème
European Central Bank
La banque centrale de la zone euro. La BCE et les banques centrales nationales (l’Eurosystème) fixent les taux pour les vingt pays de l’euro. Objectif principal : la stabilité des prix. Elle pilote trois taux — dépôt, refinancement, prêt marginal — formant un corridor.
Banque du Japon (BoJ)
Bank of Japan
La grande anomalie monétaire. Fondée en 1882, la Banque du Japon a tenu des taux négatifs huit ans pour combattre la déflation. Sa normalisation, lente, pilote le yen — donc le carry trade, clé pour les actifs risqués.
FOMC
Federal Open Market Committee
Le comité qui décide des taux américains. Le Federal Open Market Committee réunit les responsables de la Fed huit fois par an pour fixer la fourchette du taux. Ses communiqués et son dot plot sont des rendez-vous de volatilité guettés par tous les marchés.
Les taux & le corridor
Taux directeur
Policy rate
Le prix de gros de l’argent. Le taux d’intérêt auquel une banque centrale prête — et rémunère — les liquidités des banques. Bougez-le, et tout s’indexe dessus de proche en proche : crédit immobilier, épargne, dette des États, jusqu’au prix des actifs risqués. C’est l’outil n° 1 de la politique monétaire — bas, il dope la prise de risque ; haut, il l’étouffe.
Facilité de dépôt
Deposit facility
Le plancher du corridor. Ce que les banques touchent en garant leurs liquidités à la banque centrale, au jour le jour. Aucune ne prête à moins — d’où le plancher. Dans le régime de liquidité abondante actuel, c’est lui qui pilote vraiment les taux courts.
Taux de refinancement
Main refinancing operations · MRO
Le pivot du corridor. Le taux des prêts ordinaires de la banque centrale aux banques — une semaine, contre garanties. C’est le chiffre que les médias appellent « le » taux directeur : la référence du système.
Facilité de prêt marginal
Marginal lending facility
Le plafond du corridor. L’emprunt d’urgence au jour le jour (contre garanties), pour une banque à court de liquidités en fin de journée. Personne n’emprunte ailleurs plus cher : ce taux ferme le corridor par le haut.
Corridor des taux
Le couloir des taux courts
Le couloir des taux courts. Les trois taux de la banque centrale forment un canal : plancher (dépôt) ≤ pivot (refi) ≤ plafond (prêt marginal). Le taux du marché au jour le jour ne peut s’en échapper.
Point de base
Basis point · bp
Un centième de pour cent. L’unité des décisions de taux : 1 point de base = 0,01 %. Une hausse « de 25 points de base » vaut +0,25 %. On compte ainsi pour éviter toute ambiguïté entre « 1 % de plus » et « +1 point de taux ».
Inflation, objectifs & cycle
Inflation
La hausse générale des prix
L’argent qui perd du pouvoir d’achat. La hausse durable du niveau général des prix : avec la même somme, on achète moins. Les banques centrales la visent autour de 2 % par an — assez pour fuir la déflation, assez peu pour rester indolore. Trop forte, elle force des hausses de taux directeur — vent contraire pour les actifs risqués.
Déflation
La baisse durable des prix
L’inverse de l’inflation — et bien pire. La baisse durable des prix. Tentante en apparence, elle est redoutée : on repousse ses achats (« ce sera moins cher demain »), la demande s’effondre, l’activité cale. C’est elle que la Banque du Japon a combattue des décennies durant.
Stabilité des prix
Price stability
La cible : ~2 %. L’objectif premier de toute banque centrale. Pas zéro — une inflation légèrement positive éloigne la déflation et laisse une marge pour baisser les taux en cas de crise. Trop chaud, on resserre ; trop froid, on détend.
Double mandat
Dual mandate
Deux objectifs, une banque. Le mandat de la Fed : stabilité des prix et plein emploi. Elle arbitre entre les deux, là où la BCE place les prix au-dessus de tout. Un chiffre de chômage peut donc peser autant qu’un chiffre d’inflation.
Taux réel
Real interest rate
Le taux, corrigé de l’inflation. Taux réel = taux nominal − inflation. Un taux nominal de 0,75 % avec 3 % d’inflation donne un taux réel de −2,25 % : l’argent reste « gratuit » en réalité. C’est lui qui dit si la politique est vraiment restrictive.
Resserrement
Monetary tightening
Serrer la vis. Quand la banque centrale monte les taux pour freiner l’inflation. L’argent devient cher, le crédit se tarit, la demande retombe — et les actifs risqués affrontent un vent contraire. Aussi dit « politique restrictive ».
Détente
Monetary easing
Desserrer. Quand la banque centrale baisse les taux pour stimuler. L’argent devient bon marché, le crédit repart, la demande accélère — vent porteur pour les actifs risqués. Aussi dite « politique accommodante ».
Pivot monétaire
Policy pivot
Le moment où la banque centrale change de cap. Après un cycle de resserrement, le passage à la détente (ou l’inverse). Les marchés le guettent et le célèbrent souvent avant l’heure : la seule anticipation d’un pivot peut faire bondir les actifs, bien avant la première baisse de taux.
Faucon / colombe
Hawkish / dovish
Le ton de la banque centrale. Un responsable faucon (hawkish) veut surtout dompter l’inflation — partisan de taux hauts. Une colombe (dovish) penche pour soutenir l’activité — partisane de taux bas. Leur ton, plus que la décision, déplace les marchés.
Le cycle économique
Cycle économique
Business cycle
L’économie respire en quatre temps. Expansion, surchauffe (le pic), récession, puis reprise — avant de repartir. Ce balancier de la croissance et de l’emploi guide les taux directeurs et la rotation des actifs. Ni régulier ni prévisible dans sa durée, mais reconnaissable dans sa forme.
Produit intérieur brut (PIB)
Gross domestic product (GDP)
La taille de l’économie — et surtout son rythme. La valeur de tout ce qu’un pays produit sur une période. Ce n’est pas son niveau qui fait l’actualité, mais sa croissance : un PIB qui accélère nourrit emplois et bénéfices ; deux trimestres consécutifs de baisse valent, par convention, une récession.
Chômage
Unemployment
La part des actifs sans emploi mais qui en cherchent. C’est la moitié du double mandat de la Fed. Le chômage monte en récession et reflue dans l’expansion ; un marché du travail tendu pousse les salaires — donc l’inflation — ce que la banque centrale surveille de près.
Économie Goldilocks
Goldilocks economy
Ni trop chaud, ni trop froid. Une économie au régime idéal : croissance solide mais modérée, inflation contenue près de 2 %, chômage bas. La banque centrale n’a ni à serrer ni à desserrer brutalement. Le décor rêvé des actifs risqués — qui en profitent rarement longtemps.
Boom économique
Economic boom
L’économie en surrégime. Une phase de croissance rapide et soutenue : production, emploi et consommation s’envolent. Euphorisant — mais le boom prépare souvent l’excès (bulles, inflation), que la banque centrale finit par refroidir.
Ralentissement
Croissance qui faiblit
Le pied qui se lève de l’accélérateur. Une croissance plus molle que la moyenne — sans pour autant tomber en récession : le PIB croît encore, juste moins vite. Souvent le premier signe d’un cycle qui se retourne.
Risk-on / risk-off
Risk-on / risk-off
L’humeur du monde, en un interrupteur. En risk-on, l’appétit domine : actions, devises cycliques et crypto montent, les refuges refluent. En risk-off, la peur inverse tout — le dollar, le yen, l’or et les obligations d’État sont recherchés. Un même facteur (l’aversion au risque globale) pilote alors des marchés que tout semblait séparer.
Balance des paiements
Balance of payments
Tout ce qui entre et sort d’un pays s’équilibre. Un registre comptable : le compte courant (commerce, revenus) et le compte financier (investissements, flux financiers) se compensent par construction. Un déficit courant est financé par une entrée de capitaux ; l’identité gouverne, à terme, la valeur de la monnaie.
Récession
Recession
L’économie se contracte. Un recul durable de l’activité : le PIB baisse, le chômage monte, investissement et consommation reculent. Convention courante : deux trimestres consécutifs de PIB en baisse. La banque centrale riposte en général par une détente.
Dépression
Depression
Une récession qui s’enracine. Une contraction sévère et prolongée — chute profonde du PIB, chômage massif, des années plutôt que des trimestres. Rare et redoutée ; la Grande Dépression des années 1930 en reste l’archétype.
Récession en V
V-shaped recession
Chute brutale, rebond aussi vif. L’activité plonge puis se redresse rapidement, dessinant un V. Le scénario le plus favorable : la reprise efface vite la chute.
Récession en W
Double-dip recession
La rechute. Une chute, une reprise… puis une seconde chute avant le vrai redressement — un W, le « double creux ». La fausse reprise piège ceux qui rachètent trop tôt.
Récession en L
L-shaped recession
La chute sans rebond. L’activité s’effondre puis stagne durablement, sans reprise nette — un L. Le pire profil : l’économie reste à terre des années (le Japon de l’après-1990 en est l’exemple).
Récession cyclique
Le bas du cycle
Le creux d’un cycle normal. Une récession qui découle des oscillations naturelles du cycle : après l’expansion vient la contraction, puis la reprise. Douloureuse, mais attendue — et réversible.
Récession structurelle
Structural recession
Quand les fondations changent. Une récession causée par des mutations profondes — technologie, démographie, énergie — et non par un simple creux de cycle. Elle exige des ajustements durables ; baisser les taux n’y suffit pas.
Récession induite par une crise
Le choc extérieur
Le choc venu de l’extérieur. Une récession déclenchée par un choc — crise financière, pandémie, guerre, choc énergétique. Brutale et imprévisible ; sa forme (V, U ou L) dépend de la vitesse à laquelle le choc se résorbe.
Reprise
Recovery
L’économie repart après le creux. La phase qui suit la récession : l’activité se stabilise puis réaccélère, le chômage plafonne et reflue, le crédit redémarre — souvent portée par une détente monétaire. Les marchés, eux, l’anticipent : ils rebondissent avant l’économie réelle.
Tendance séculaire
Secular trend
Le courant de fond, sous les vagues. La trajectoire de très longue durée — sur des décennies — autour de laquelle oscillent les cycles de court terme. L’économie progresse en moyenne le long de cette pente ; les cycles ne font que la balancer de part et d’autre. Prendre une simple vague pour le courant de fond — ou l’inverse — est une erreur classique.
Effet de richesse
Wealth effect
Plus riche sur le papier, plus dépensier dans la vraie vie. Quand les actifs montent — actions, immobilier — les ménages se sentent plus aisés et consomment davantage, sans même rien vendre. Le marché irrigue ainsi l’économie réelle… et l’assèche quand il chute. Un canal par lequel l’humeur des marchés se mue en croissance — ou en récession.
Propension marginale à consommer
Marginal propensity to consume
Sur un euro de plus, combien part en dépenses ? La part de tout revenu supplémentaire qui est consommée plutôt qu’épargnée. Élevée chez les ménages modestes — presque tout est dépensé —, plus faible chez les plus aisés. C’est elle qui règle la force avec laquelle une hausse de revenus, ou un effet de richesse, se diffuse dans l’économie.
Levier opérationnel
Operating leverage
Coûts fixes lourds : le profit s’emballe une fois le seuil franchi. Une entreprise aux gros coûts fixes voit chaque vente au-delà de son seuil de rentabilité tomber presque entièrement en bénéfice. Une petite variation du chiffre d’affaires fait alors bondir — ou plonger — le résultat. C’est l’une des raisons pour lesquelles les bénéfices oscillent bien plus fort que l’économie, et se couplent souvent au levier financier.
Levier financier
Financial leverage
Emprunter pour investir : tout mouvement est démultiplié. Financer une position par de la dette amplifie le rendement des capitaux propres : un même mouvement de l’actif produit un gain — ou une perte — bien plus grand. Le levier flatte les résultats à la hausse et les ravage à la baisse. Couplé au levier opérationnel, il rend les bénéfices d’une entreprise extrêmement cycliques.
Crises & excès
Ruée bancaire
Bank run
Tous veulent retirer leur argent en même temps. Une banque ne conserve qu’une fraction des dépôts en réserve. Si la confiance se fissure, la liquidité vient à manquer et même une banque saine peut tomber. La peur devient autoréalisatrice — c’est le cœur de bien des paniques bancaires.
Contagion
Financial contagion
La chute de l’un fait tomber les autres. Quand les acteurs sont liés par le crédit et la liquidité, le défaut d’un seul se propage — comme une rangée de dominos. Un choc local devient systémique : c’est ce qui transforme une faillite isolée en crise générale.
Krach boursier
Stock market crash
L’effondrement éclair. Une chute soudaine et massive des cours, dans la panique — des séances à −10 %, −20 % (1929, 1987, 2008, 5 août 2024). Souvent la fin d’une bulle, ou le déclencheur d’un débouclage en cascade.
Bulle économique
Asset bubble
Le prix décollé de la valeur. Quand les prix d’actifs (actions, immobilier, crypto) s’envolent très au-dessus de leur valeur réelle, portés par l’euphorie et l’argent facile. Toute bulle finit par éclater — d’autant plus fort qu’elle a gonflé.
Crise de la dette
Debt crisis
Quand on ne peut plus rembourser. Un État (ou une entité) peine à honorer sa dette : les taux exigés s’envolent, la confiance s’effrite, le défaut menace. Un cocktail explosif quand la dette est énorme et que les taux montent — le risque que surveille le Japon.
Stagflation
Stagflation
Le pire des deux mondes.Inflation élevée ET chômage élevé en même temps — une combinaison qui prend la banque centrale au piège : combattre l’un aggrave l’autre. Rare, redoutée (les années 1970 en restent le cas d’école).
Hyperinflation
Hyperinflation
La monnaie qui part en fumée. Une inflation devenue folle — des prix qui doublent en jours ou en semaines. La monnaie perd toute valeur, l’épargne est anéantie, l’économie bascule dans le troc (Weimar 1923, Zimbabwe 2008).
Cycle du crédit
Credit cycle
Le robinet du financement, ouvert puis claqué. La disponibilité du crédit gonfle dans l’euphorie — argent facile, taux bas, peu d’exigences — puis se ferme d’un coup dans la peur. Le plus volatil des cycles : une simple ride de l’économie l’emballe, et c’est lui qui décide qui peut se financer. Sa phase de fermeture fabrique les plus belles aubaines.
Fenêtre du crédit
Credit window
L’endroit où l’on va emprunter. L’image du cycle du crédit : tantôt grande ouverte (le financement coule à flots, abondant, bon marché, sans condition), tantôt claquée (introuvable à tout prix). Le trait décisif : elle passe d’ouverte à claquée en un instant — jamais l’inverse.
Course vers l’abîme
Race to the bottom
Chacun assouplit pour ne pas perdre de parts. Quand le crédit chauffe, aucun prêteur ne peut rester strict sans céder des affaires à ses concurrents : alors tous baissent les exigences, marche après marche, jusqu’à financer n’importe quoi. La seule bonne question — « pourquoi maintenant ? » — est celle que personne ne pose au sommet du cycle du crédit.
Dette en difficulté
Distressed debt
Acheter la dette d’entreprises au bord du gouffre. Des titres de sociétés en défaut (ou qui s’en approchent), achetés pour une fraction de leur valeur : en faillite, les actionnaires sont rayés et les créanciers deviennent propriétaires. La devise : « bon dossier, mauvais bilan ». Le creux du cycle du crédit en fait surgir les meilleures occasions.
Subprime
Subprime mortgage
Prêter à ceux qui ne peuvent pas suivre. Crédits immobiliers accordés à des ménages incapables de satisfaire les critères traditionnels, souvent à taux variable et à mensualités d’appel (« teaser ») dérisoires. Comme les prêteurs les revendaient aussitôt, ils cessèrent de se soucier de leur solidité — au cœur de la crise de 2008.
Aléa moral
Moral hazard
Prendre des risques qu’un autre paiera. Quand celui qui décide ne supporte pas les conséquences de ses actes, il en prend trop. Cas d’école : un prêteur qui revend aussitôt ses crédits cesse de se soucier de leur qualité — il a refilé le risque. Un moteur discret de presque toutes les crises, et de la course vers l’abîme.
Titrisation
Securitization
Transformer des prêts en titres négociables. On regroupe une foule de crédits — hypothèques, cartes, autos — dans un même panier, que l’on redécoupe en tranches revendues à des investisseurs. Le risque se disperse… mais devient opaque : plus personne ne sait vraiment ce qu’il détient. Appliquée aux prêts immobiliers, elle donne les titres adossés — au cœur de la crise de 2008.
Titres adossés à l’immobilier
Mortgage-backed security · MBS
Un titre nourri par les mensualités de milliers d’emprunteurs. Acheter un MBS, c’est toucher les remboursements d’un panier de crédits immobiliers. Tant que les ménages paient, le titre rapporte ; quand les subprimes ont massivement fait défaut, ces titres réputés sûrs se sont effondrés et ont propagé la crise au monde entier. Le produit emblématique de la titrisation.
Covenant
Clause protectrice du prêteur
Les garde-fous d’un prêt. Clauses qui contraignent l’emprunteur — plafond d’endettement, ratios à tenir — et protègent le prêteur en donnant l’alerte avant la catastrophe. Quand le crédit est trop facile, elles s’effacent : ce sont les prêts « covenant-lite », sans garde-fous — signal classique d’excès et de fenêtre du crédit grande ouverte.
Restructuration de dette
Debt restructuring
Renégocier plutôt que tout perdre. Quand un emprunteur ne peut plus payer, on réaménage sa dette : on étire l’échéance, on baisse le taux, on efface une part du capital, parfois on l’échange contre des actions. Le créancier encaisse une décote (un haircut) mais récupère plus qu’en cas de défaut pur. L’alternative négociée à la faillite — et la matière première de la dette en difficulté.
Défaut
Default
La promesse de paiement rompue. L’emprunteur ne verse pas, à l’échéance, l’intérêt ou le capital promis. C’est l’événement de crédit par excellence : il déclenche les clauses du contrat, fait plonger la valeur de la dette et ouvre la voie à la restructuration ou à la faillite. Les défauts se multiplient au creux du cycle du crédit.
Papier commercial
Commercial paper
La dette à très court terme des entreprises. Des reconnaissances de dette de quelques jours à quelques mois, qu’une entreprise renouvelle sans cesse pour financer son quotidien. Pratique et bon marché… tant que les prêteurs acceptent de renouveler. En cas de panique, ce marché peut geler d’un coup et assécher même des sociétés saines : la fenêtre du crédit claquée en un instant. Un point de rupture de la crise de 2008.
Outils & transmission
Carry trade
Emprunter bas, placer haut
L’argent emprunté qui dort dans le risque. Emprunter dans une monnaie à taux quasi nul — le yen, longtemps à 0 % — pour placer dans des actifs à plus haut rendement (actions, crypto) et empocher l’écart, le « carry ». Le moteur tient tant que le yen reste faible ; quand la Banque du Japon monte ses taux, le trade se déboucle et déclenche des ventes en cascade — comme le 5 août 2024.
Parité des taux
Interest rate parity
Le déjeuner qui ne devrait pas exister. En théorie, l’écart de taux entre deux monnaies est exactement compensé par la dépréciation attendue de la devise à haut rendement : gain net nul. Couverte (covered) = arbitrage sans risque, verrouillé par le change à terme ; non couverte (uncovered) = un pari. Dans les faits elle est violée — et c’est ce qui fait vivre le carry.
Régime de carry
Carry regime
Le monde vu par le carry. L’état durable où l’essentiel des marchés revient, au fond, à vendre de la volatilité : de longues montées calmes financées par la dette, ponctuées de krachs brutaux, chaque fois rattrapés par les banques centrales. Le calme se vend, la dette s’accumule, le risque se concentre — jusqu’au choc suivant, plus grand.
Anti-carry
Anti-carry regime
Le régime miroir. L’envers du régime de carry : là, acheter la volatilité paie, les prix suivent des tendances au lieu de revenir vers leur moyenne, et l’instabilité s’auto-entretient. Son moteur n’est plus la déflation mais l’inflation : la dette s’efface, détenir de la monnaie devient risqué. Un krach assez profond, ou une inflation incontrôlée, peut faire basculer le monde de l’un à l’autre.
Put de la banque centrale
Central bank put
Le plancher implicite. La conviction, ancrée par l’expérience, que la banque centrale interviendra pour empêcher les marchés de trop chuter — comme une option de vente offerte à tous. Elle rattrape le bas, jamais le haut : chaque sauvetage écrase la volatilité, encourage la prise de risque et nourrit l’aléa moral. Surnommée « Fed put » aux États-Unis.
Schéma de Ponzi
Ponzi scheme
Payer les anciens avec l’argent des nouveaux. Une promesse de rendement non adossée à de vrais profits, qui tient tant que les entrées dépassent les sorties — et s’effondre dès qu’elles s’inversent. La bulle de carry en partage la forme (richesse gonflée, krach quand les flux se retournent, caution d’une autorité), sans la fraude délibérée : elle ne ment pas, elle déplace le risque sur les autres.
Capital-investissement
Private equity
Le carry à l’os. Racheter des entreprises en mêlant un peu de capital et beaucoup de dette (le LBO), pour capter l’écart entre le rendement de l’actif et le coût de l’emprunt. Comme les fonds valorisent eux-mêmes leurs positions, ils lissent les rendements déclarés tout en portant plus de levier : le risque paraît bien moindre qu’il ne l’est.
Fonds souverain
Sovereign wealth fund
L’épargne des États. D’immenses portefeuilles publics (réserves de change, revenus pétroliers…) qui investissent à très long terme avec un passif d’une grande stabilité — le profil idéal pour porter un carry et survivre aux krachs sans vendre. Acteurs majeurs du régime de carry ; ils recyclent notamment les dollars accumulés par les excédents commerciaux.
Monnaie fiduciaire
Fiat money
La monnaie de confiance. Une monnaie sans valeur intrinsèque ni adossement à l’or, qui vaut parce que l’État l’impose et qu’on lui fait confiance. Sa stabilité tient à la crédibilité de la banque centrale ; une inflation qui s’emballe peut la faire fuir vers d’autres formes de monnaie. En dernier ressort, une monnaie viable devrait représenter une créance sur des actifs réels.
Monnaie de réserve
Reserve currency
La monnaie du monde. La devise — le dollar avant tout — que banques centrales et investisseurs détiennent et utilisent pour le commerce et l’épargne mondiale. Elle place son émetteur au cœur du régime de carry : les dollars sortent par le carry, reviennent en réserves, et financent le déficit qui les a créés. Sa banque centrale devient le prêteur de dernier ressort du monde.
Taux négatifs
Negative rates · NIRP
Payer pour prêter. Quand le taux directeur passe sous zéro : les banques sont en somme taxées sur leurs réserves, pour les pousser à prêter plutôt qu’à thésauriser. Mesure exceptionnelle anti-déflation — la BoJ (2016-2024) et la BCE (2014-2022) y ont eu recours.
Assouplissement quantitatif (QE)
Quantitative easing
Créer de la monnaie pour acheter des actifs. Quand les taux sont déjà à zéro, la banque centrale crée de la monnaie pour racheter massivement des obligations. But : faire baisser les taux longs et inonder le système de liquidités. Outil non conventionnel — un carburant historique des actifs risqués.
Resserrement quantitatif (QT)
Quantitative tightening
L’inverse du QE : la banque centrale dégonfle son bilan. Après l’avoir gonflé par le QE, elle laisse les obligations arriver à échéance sans les remplacer (le roll-off) : la monnaie créée est détruite, la liquidité se retire du système. Un frein discret mais puissant pour les actifs risqués.
Masse monétaire
Money supply (M2)
La quantité de monnaie en circulation. Billets, dépôts et placements liquides — l’agrégat M2. Le QE la gonfle, le QT la réduit. Trop de monnaie pour trop peu de biens nourrit l’inflation ; son ralentissement annonce souvent celui des prix.
Transmission monétaire
Monetary transmission
Du taux directeur à votre quotidien. La chaîne par laquelle une décision de taux se propage : coût des banques → coût du crédit → demande → inflation. Avec un délai de 12 à 18 mois : la banque centrale agit aujourd’hui pour une économie qu’elle ne verra que demain.
Dot plot
Les projections du FOMC
Le nuage des prévisions. Le graphique où chaque membre du FOMC place un point pour le taux qu’il juge approprié pour les années à venir. Sa médiane résume les intentions de la Fed — un repère scruté par tout le marché.
Indice dollar (DXY)
Dollar index
La force du billet vert. L’indice qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises. Fed restrictive → dollar fort → DXY en hausse → souvent un vent contraire pour le bitcoin, coté en dollars. Une tendance, pas une loi.
Obligation
Bond
Un prêt qui s’échange. Un titre de dette : l’émetteur (État, entreprise) emprunte et verse un intérêt — le coupon — jusqu’au remboursement. Quand les taux montent, le prix des obligations déjà émises baisse (et inversement). Le placement « sans risque » de référence.
Haut rendement
High yield · junk
Gros coupon, gros risque. Les obligations émises par des signatures fragiles, qui paient un rendement élevé pour compenser un risque de défaut réel — le « junk ». Leur écart de taux avec les emprunts d’État (le spread) enfle en période de stress : un baromètre avancé de l’appétit pour le risque.
Coût d’opportunité
Opportunity cost
Ce à quoi l’on renonce. Le rendement abandonné en choisissant un placement plutôt qu’un autre. Quand le « sans risque » rapporte beaucoup, détenir un actif volatil et sans coupon — comme le bitcoin — coûte cher en opportunité. Des taux hauts renchérissent ce coût.
Le change & le Forex.
Le plus grand marché du monde n’a ni adresse ni cloche : on n’y achète jamais une chose, mais un rapport — une monnaie contre une autre. Sa mécanique propre — pip, lot, sessions, swap — et les forces macro qui font pencher les devises.
Cotation & taille
Pip
La plus petite graduation du prix
L’unité atomique du change. La quatrième décimale du cours (0,0001) sur presque toutes les paires ; la deuxième (0,01) sur les paires en yen, où le grand chiffre rend les décimales lointaines inutiles. Tout se compte en pips : un gain, une perte, le spread, la distance d’un stop. La cinquième décimale, un dixième de pip, est la pipette. Combien un pip vaut en argent dépend ensuite de la taille de la position.
Valeur du pip
Pip value
Le pip en argent. Le pip est une distance ; pour la mettre en banque, on la multiplie par une quantité : pas de cotation × taille de la position. Le montant sort dans la devise de cotation, puis se reconvertit dans la devise du compte. Sur un lot standard d’EUR/USD, un pip vaut ≈ 10 $ ; 1 $ en mini, 0,10 $ en micro. C’est ce chiffre, et non le nombre de pips, qui dimensionne le risque.
Lot
L’unité de quantité
Le calibre standard de la position. Au change, on ne choisit pas un montant libre : on prend un lot, un paquet d’unités de la devise de base que tout le marché reconnaît. Standard : 100 000 unités ; mini : 10 000 ; micro : 1 000 — chaque calibre vaut dix fois le précédent. La taille se compte toujours dans la devise de base et fixe d’avance la valeur du pip : choisir un lot, c’est régler le cran de l’exposition — donc, avec le levier, ce que chaque pip fera entrer ou sortir.
Big figure
Big figure
Le handle, les gros chiffres. La tête d’une cotation — la partie ronde qui change rarement : le « 1,08 » d’EUR/USD est le handle, et 1,1000 une big figure. Les cambistes la sous-entendent et ne parlent qu’en pips autour d’elle (« dix-huit » pour 1,0818). Comme les nombres ronds, ces niveaux sont des aimants à ordres et à stops : les prises de bénéfices et les barrières d’options s’y agglutinent, ce qui en fait des résistances et supports par pure convention — d’où la règle de pupitre : poser son ordre un cran au-delà du rond, jamais dessus.
Instruments & temps
Paire croisée
Cross rate
Un prix fabriqué à partir de deux jambes. Une paire sans dollar — EUR/JPY, GBP/CHF — n’est pas cotée directement : elle se déduit de deux paires en USD. EUR/JPY = EUR/USD × USD/JPY. Le dollar sert de pivot ; l’arbitrage triangulaire maintient le cross collé au produit de ses jambes.
Arbitrage triangulaire
Triangular arbitrage
La boucle qui se referme. Convertir EUR → USD → JPY → EUR : si les trois taux ne s’accordent pas, la boucle finit avec plus (ou moins) qu’au départ — un profit sans risque. Les algorithmes le traquent en millisecondes, ce qui force le cross à respecter le produit de ses jambes. Le gardien de la cohérence des changes.
FX swap
FX swap
Un prêt-emprunt déguisé en change. Deux jambes de sens opposé en une opération : une jambe au comptant aujourd’hui, et la jambe inverse à terme. On n’échange pas un risque directionnel — on échange de la trésorerie dans une devise contre de la trésorerie dans une autre, pour une durée définie, en se reprenant le tout à la fin. C’est l’instrument le plus traité du change (BIS 2025 : plus de 40 % du volume), la brique de financement du système, pas un pari. À distinguer du swap de devises (CCS), qui échange en plus les intérêts sur toute la durée.
NDF
Non-deliverable forward
Le terme qui ne livre rien. Un forward sur une devise restreinte — yuan, roupie, real — dont le pays encadre la circulation hors de ses frontières. On fixe un cours à terme, mais à l’échéance aucune devise ne change de mains : seul l’écart entre le cours convenu et le cours constaté est réglé en cash, le plus souvent en dollars. La couverture du risque de change existe ; la livraison, jamais.
Date de valeur
Value date
Le jour où l’argent change vraiment de mains. À ne pas confondre avec le jour où l’on traite : la date de valeur est celle où les deux devises sont effectivement livrées. Au comptant (spot), elle tombe par convention à J+2, deux jours ouvrés plus tard. C’est elle qui commande le rollover : la faire avancer d’un jour, c’est financer une nuit d’intérêt — le swap. Et c’est l’écart entre la valeur spot et une valeur future qui définit le prix d’un forward.
Rollover
Le passage de la nuit
Le minuit financier du marché. Vers 17h heure de New York, toute position de change encore ouverte est reconduite : sa date de valeur avance d’un jour et le différentiel de taux des deux devises est crédité ou débité — c’est le swap. Long la devise au taux le plus haut ? La nuit vous paie. L’inverse ? Elle vous coûte. Le mercredi, le swap est triplé : la date de valeur enjambe le week-end, et l’on finance d’un coup les trois nuits du vendredi, du samedi et du dimanche.
Place de marché
Sessions
Les trois relais du marché
Le change suit le soleil. Le marché des devises tourne 24h / 5j en se passant le relais d’est en ouest : l’Asie (Sydney, Tokyo), puis l’Europe (Londres), puis l’Amérique (New York). La liquidité n’est pas une nappe étale : elle culmine au chevauchement Londres–New York (13h–16h GMT, plus de la moitié du volume) et se vide dans le creux de la nuit asiatique tardive, où les écarts s’élargissent.
Fixing de Londres
London 4pm fix · WM/Refinitiv
Le prix de référence de 16h. À 16h heure de Londres, le benchmark WM/Refinitiv (ex-WM/Reuters) est calculé sur une courte fenêtre : c’est le taux « officiel » que visent d’innombrables flux passifs — fonds indiciels, trésoreries — qui s’exécutent « au fixing ». Résultat : un mur d’ordres de même sens à la même minute, comparable à un benchmark d’exécution, qui peut tendre le cours à l’approche puis le détendre juste après. Une distorsion née non d’une nouvelle, mais de la concentration des ordres elle-même.
Le dollar partout
Eurodollar
Le dollar hors des États-Unis
L’océan de dollars du large. Rien à voir avec l’euro : ce sont les dépôts en dollars détenus hors du système bancaire américain, prêtés et empruntés entre banques du monde entier. Cet immense fond offshore finance le commerce mondial sans passer par les coffres de la banque centrale qui les émet. En stress (risk-off), la pénurie soudaine de ces dollars force chacun à s’en procurer d’un coup : le billet vert bondit au moment où l’on croirait le voir chuter — ce qui en fait, paradoxalement, une valeur refuge.
Stablecoin
Le dollar numérique
Le dollar qui ne dort jamais. Des jetons numériques — USDT, USDC en tête — arrimés 1:1 au dollar et adossés à des réserves de cash et de bons du Trésor, qui circulent vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur la blockchain, week-ends compris. Là où une banque locale ferme, un habitant d’un pays à monnaie fragile peut détenir et envoyer des dollars depuis un téléphone : les stablecoins dollarisent par le bas les économies émergentes et prolongent la demande de dollar hors du système bancaire — un nouveau rail pour la monnaie de réserve du monde.
Devises & régimes de change
Monnaie de financement
Funding currency
La devise qu’on emprunte pour porter ailleurs. La jambe d’emprunt d’un carry trade : on s’endette dans la devise au taux le plus bas pour placer le produit là où ça rend davantage. Il lui faut deux qualités — un taux durablement au plancher et une faible volatilité — réunies depuis vingt ans par le yen, autrefois par le franc suisse. Son talon d’Achille : quand le carry se déboucle, chacun doit la racheter d’un coup pour solder l’emprunt, et elle bondit violemment.
Devise matière première
Commodity currency
Une option longue sur sa propre ressource. La monnaie d’un pays qui vit d’une grande exportation et dont le cours suit le prix de cette ressource : l’AUD au minerai de fer et au cuivre, le CAD et la NOK au pétrole, le NZD aux produits laitiers. Quand le sous-jacent monte, les recettes en dollars gonflent, les termes de l’échange s’améliorent et la devise s’apprécie. La corrélation est tendancielle, pas mécanique — et une cotation inversée comme USD/CAD en retourne le signe.
Caisse d’émission
Currency board
Un ancrage adossé, pas promis. Le régime de change le plus dur : chaque unité de monnaie locale émise est couverte, à l’unité près, par une réserve en devise étrangère — le dollar de Hong Kong (7,80 pour un dollar américain depuis 1983) en est l’exemple. L’autorité s’engage à convertir aux bornes du corridor autant qu’il le faut, ce qui rend le peg crédible ; mais elle paie ce crédit en renonçant à toute politique de taux autonome — la banque centrale importe celle du pays d’ancrage.
Bretton Woods
1944–1971
L’ordre d’après-guerre. Le système monétaire né en 1944 (44 nations, dans le New Hampshire) : des taux de change fixes, tous ancrés au dollar, lui-même seul convertible en or à 35 $ l’once. Il fait du billet vert la monnaie de réserve du monde. Son effondrement — Nixon ferme la fenêtre or le 15 août 1971 — bascule la planète vers les changes flottants et la monnaie de pure confiance ; c’est de ce basculement (mars 1973) que part la base 100 du DXY.
Intervention de change
FX intervention
L’État entre sur le marché. Le geste par lequel une banque centrale (ou un ministère des Finances) achète ou vend sa propre monnaie pour en infléchir le cours — sans chercher le profit, mais un objectif politique. Trois intensités : verbale (les mots seuls), unilatérale (vendre ses réserves seule), concertée (plusieurs banques ensemble — l’accord du Plaza, 1985). Seule contre une tendance que portent les taux et les flux, elle ralentit la chute mais ne la renverse presque jamais : l’État a des réserves finies, le marché a le temps.
Plomberie du courtier
STP
Straight-through processing
Votre ordre file dehors. Modèle d’exécution dit A-book où le courtier ne garde rien : il transmet votre ordre à ses fournisseurs de liquidité et se paie sur le spread ou une commission, sans tenir le marché lui-même. Vos intérêts sont alignés — il gagne quand vous traitez, pas quand vous perdez ; l’inverse du B-book, où il prend la contrepartie et où votre perte devient son gain.
Protection solde négatif
Negative balance protection
Vous ne devez jamais au courtier. Garde-fou réglementaire (ESMA, Union européenne, depuis le 1er août 2018) qui empêche le compte d’un particulier de tomber sous zéro : si un gap violent fait passer votre équité sous zéro entre deux ticks, c’est le courtier qui éponge la dette, pas vous. C’est le pendant du plafond de levier ; il borne la perte du client à sa mise, là où la liquidation à 50 % protège, elle, le bilan du courtier.
Les moteurs macro
Différentiel de taux
Interest rate differential
La gravité du change. L’écart entre les taux directeurs de deux devises : le capital glisse vers celle qui paie le plus, ce qui la raffermit. Moteur du carry et des grandes tendances ; à lire en taux réel (après inflation), jamais en nominal seul.
Parité de pouvoir d’achat (PPA)
Purchasing power parity (PPP)
Le même panier partout. À long terme, le change « devrait » s’ajuster pour qu’un panier identique coûte autant d’un pays à l’autre (l’indice Big Mac de The Economist en est l’illustration). Ancre lente : forte sur dix ans, presque muette à court terme, où dominent le taux réel et les flux. Formalisée par Gustav Cassel vers 1918.
Termes de l’échange
Terms of trade
Le taux de change réel du producteur. Le rapport entre le prix de ce qu’un pays exporte et le prix de ce qu’il importe. Quand il s’améliore — le baril ou le minerai vendu gagne de la valeur face aux biens achetés —, les revenus extérieurs gonflent et la monnaie se raffermit. C’est le moteur profond des devises-matières premières : lire le sous-jacent, c’est lire la moitié du cours.
Déficit jumeau
Twin deficit
Vivre à crédit, deux fois. Un pays qui cumule un déficit courant — il consomme plus qu’il ne produit pour l’étranger — et un déficit budgétaire, l’État dépensant plus qu’il ne lève. Les deux trous sont comblés par l’épargne étrangère, comme aux États-Unis. C’est une dépendance structurelle : tant que les capitaux affluent, la monnaie tient ; s’ils se retirent, elle devient vulnérable et le différentiel de taux doit les rappeler.
NFP
Non-farm payrolls
La statistique reine du change. Le rapport mensuel sur l’emploi non agricole américain, publié le premier vendredi à 13h30 GMT : la donnée qui déplace le plus l’EUR/USD. Le marché ne trade pas le chiffre mais la surprise — l’écart au consensus, déjà payé avant l’annonce. À la seconde de la publication, la liquidité se rétracte, le spread s’écarte et le prix saute : l’instant le plus dangereux du mois.
Actions & investissement.
Posséder un morceau d’entreprise : ce qu’est une action, comment elle se cote, ce qui fait sa valeur, et comment la choisir au juste prix.
L’action & la Bourse
Action
Share · Stock
Un morceau d’entreprise, pas un pari sur un prix. Détenir une action, c’est posséder une fraction du capital — avec trois droits : une part des bénéfices (le dividende, lorsqu’il est versé), le plus souvent un droit de vote, et une part résiduelle en cas de liquidation — payée en dernier, après les créanciers et les actions de préférence.
Dividende
Dividend
Une part des bénéfices, versée en cash. Quand une entreprise dégage un profit, elle peut en distribuer une fraction à ses actionnaires : c’est le dividende. Mais rien ne l’y oblige — il se réduit, se suspend ou se supprime selon les résultats et les choix d’allocation. Un revenu possible, jamais une rente garantie.
Capitalisation boursière
Market cap
Le prix de toutes les actions réunies, vu par la Bourse. Capitalisation boursière = cours de l’action × nombre d’actions en circulation. C’est la valeur que le marché attribue à l’ensemble des parts — pas le chiffre d’affaires, pas l’actif, et pas la valeur d’entreprise (qui y ajoute la dette nette). Une action à 10 € et un milliard de titres : 10 milliards d’euros de capitalisation.
S&P 500
Standard & Poor’s 500 · SPX
Le baromètre de la Bourse américaine. Un indice des 500 plus grandes sociétés cotées aux États-Unis, pondérées par leur capitalisation : une poignée de mégacapitalisations y pèse autant que des centaines de petites. C’est le benchmark le plus suivi au monde — d’innombrables ETF, options et futures le répliquent, la gestion passive s’y adosse, et le VIX en mesure la peur. « Le marché », pour la plupart des investisseurs, c’est lui.
Dow Jones
Dow Jones Industrial Average (DJIA)
Les trente géants de Wall Street. Trente grandes entreprises américaines, le plus ancien indice encore suivi. Particularité archaïque : il est pondéré par le prix de l’action, pas par la capitalisation — une action cotée 500 $ y pèse plus qu’une à 50 $, quelle que soit la taille réelle des deux sociétés. La presse l’appelle « la Bourse », mais le S&P 500 est bien plus représentatif.
Nasdaq
Nasdaq Composite / Nasdaq-100
Le thermomètre de la tech américaine. Les indices de la Bourse électronique Nasdaq : le Composite réunit tous ses titres, le Nasdaq-100 (NDX) en isole les cent plus grandes hors finance, dominées par les géants technologiques. Plus « croissance » et plus volatil que le S&P 500 : il monte plus fort dans les phases d’euphorie et corrige plus brutalement.
Russell 2000
Russell 2000
Le baromètre des petites capitalisations américaines. Deux mille petites entreprises américaines — le miroir des grandes valeurs du S&P 500. Très sensible au cycle économique domestique et aux conditions de crédit, il mène souvent la danse dans les reprises et trinque le premier quand l’économie ralentit.
Nikkei 225
Nikkei 225
Le baromètre de la Bourse de Tokyo. Deux cent vingt-cinq grandes valeurs japonaises ; comme le Dow, il est pondéré par le prix — quelques actions très cotées y pèsent lourd. Indissociable du yen et de la politique de la Banque du Japon : un yen faible le dope, un yen fort le pénalise.
CAC 40
CAC 40
Le baromètre de la Bourse de Paris. Les quarante plus grandes capitalisations cotées sur Euronext Paris — le visage de l’actionnariat français, très ouvert sur le luxe, l’industrie et l’international.
DAX
DAX 40
Le baromètre de la Bourse de Francfort. Les quarante plus grandes valeurs allemandes. Particularité : c’est un indice de performance — les dividendes y sont réinvestis, ce qui le fait grimper plus haut que ses équivalents en prix nu (à entreprises égales). Le pouls de l’industrie européenne.
FTSE 100
FTSE 100 · « Footsie »
Le baromètre de la Bourse de Londres. Les cent plus grandes valeurs du London Stock Exchange. Très international : l’essentiel de ses revenus vient de l’étranger, si bien qu’une livre faible peut le faire monter. Riche en énergie et en matières premières.
Euro Stoxx 50
Euro Stoxx 50
Les cinquante blue chips de la zone euro. Cinquante des plus grandes valeurs de la zone euro, tous pays confondus — le sous-jacent de référence des dérivés sur actions européennes.
Hang Seng
Hang Seng Index (HSI)
Le baromètre de Hong Kong. Les grandes valeurs cotées à Hong Kong — la principale porte d’accès boursière à l’économie chinoise, où se croisent banques, immobilier et géants de la tech continentale.
MSCI World
MSCI World
L’indice des actions du monde développé. Environ mille cinq cents valeurs réparties sur vingt-trois pays développés, pondérées par la capitalisation — le benchmark de la gestion passive mondiale. « World » exclut les marchés émergents (c’est l’indice ACWI qui les ajoute).
Marché primaire
Primary market
Le seul moment où l’argent entre dans l’entreprise. Sur le marché primaire, des titres nouvellement créés sont émis : les investisseurs paient, et les fonds vont directement à l’émetteur — introduction en bourse, augmentation de capital. C’est l’étape où une société lève des capitaux pour financer son activité.
Marché secondaire
Secondary market
L’argent va au vendeur, pas à l’entreprise. Le marché secondaire, c’est l’échange de titres déjà émis entre investisseurs : l’acheteur paie le vendeur précédent, l’émetteur n’est pas partie à l’opération. L’entreprise n’a encaissé qu’une fois, à l’émission. Un cours élevé l’aide tout de même — il facilite ses futures levées.
Rendement total
Total shareholder return · TSR
Tout ce que rapporte vraiment une action. Le rendement total additionne deux sources : la plus-value (la hausse du cours) et les dividendes encaissés en chemin. Une action qui stagne mais verse 4 % par an n’a aucune plus-value, et pourtant elle a rapporté 4 %. Mesuré rigoureusement, il suppose les dividendes réinvestis.
Valeur d’entreprise
Enterprise value · EV
Le vrai prix pour racheter toute la boîte, dettes comprises. Valeur d’entreprise (EV) = capitalisation boursière + dette nette (dette moins trésorerie). Reprendre une société, ce n’est pas seulement payer ses actionnaires : c’est aussi assumer sa dette. À même capitalisation, deux entreprises plus ou moins endettées ne valent pas la même chose.
Capitaux propres
Equity
Ce qui resterait aux actionnaires, dettes payées. Les capitaux propres (equity) = tout ce que possède l’entreprise (l’actif) moins tout ce qu’elle doit (ses dettes). C’est la valeur comptable revenant aux propriétaires : apports initiaux et bénéfices accumulés non distribués. À ne pas confondre avec la valeur de marché, la capitalisation.
Flottant
Free float
La part des actions réellement disponibles à l’achat. Toutes les actions d’une société ne circulent pas : fondateurs, État ou actionnaires stratégiques en gardent des blocs durables. Le flottant (free float) est ce qui reste négociable sur le marché. Plus il est faible, moins le titre est liquide — et plus son cours réagit vite. À distinguer de l’offre flottante de Wyckoff.
M. le Marché
Mr. Market
Un associé maniaco-dépressif qui vous cote un prix chaque jour. L’allégorie de Benjamin Graham. M. le Marché frappe à votre porte tous les jours et vous propose un prix — euphorique un jour, paniqué le suivant ; il ne se vexe jamais si vous l’ignorez, et revient le lendemain avec une cote toute neuve. Il est là pour vous servir, pas pour vous instruire : à vous d’ignorer son humeur ou d’en profiter. Tout l’art est de séparer le prix (son humeur, instable) de la valeur (l’entreprise, stable) — à court terme une machine à voter, à long terme une machine à peser.
ETF / fonds indiciel
ETF · index fund
Détenir tout un panier d’actions en un seul geste. Un fonds indiciel — ou ETF, sa version cotée en Bourse — met en commun l’argent de milliers d’épargnants pour répliquer un indice à coût minime, au lieu de choisir les titres un à un : une diversification immédiate. Le fonds indiciel grand public est l’invention de John Bogle ; pour la plupart des gens, c’est la façon la plus simple et souvent la plus sage de posséder des actions : on récolte le rendement du marché, moins presque rien de frais. Près de 9 fonds actifs sur 10 font moins bien que leur indice sur quinze ans. Mais c’est le rendement du marché — qui monte, et qui baisse.
Action de préférence
Preferred stock
Un hybride entre la dette et l’action. Son dividende est prioritaire — souvent fixe, parfois cumulatif (les arriérés se rattrapent) — et elle passe devant l’action ordinaire en cas de liquidation. En échange, elle renonce le plus souvent au droit de vote et son gain est plafonné : plus de sécurité sur le revenu, moins de potentiel et de pouvoir.
ADR
American Depositary Receipt
L’étranger, emballé en certificat coté chez vous. Un certificat négocié sur une Bourse américaine qui représente des actions d’une société étrangère, conservées par une banque dépositaire dans leur pays d’origine. Il donne accès à l’étranger depuis sa place locale — mais ajoute un pari de change : votre rendement réel est la performance locale plus la variation de la devise.
REIT (foncière cotée)
Real Estate Investment Trust
De l’immobilier de rendement, découpé en parts cotées. Une société qui détient et exploite des murs (bureaux, entrepôts, logements) et dont vous achetez une part en Bourse. En échange d’une fiscalité de faveur, elle doit distribuer l’essentiel de son bénéfice — d’où un profil d’actif de revenu. Comme l’obligation, elle est très sensible aux taux : taux qui montent, cours qui baisse.
SIIC (foncière cotée française)
French listed REIT (SIIC)
Le REIT à la française : exonérée si elle reverse l’essentiel des loyers. Une SIIC est une société d’investissement immobilier cotée qui détient et loue des murs. En échange d’une exonération d’impôt sur les sociétés, elle s’engage à distribuer au moins 95 % de ses bénéfices locatifs et 70 % de ses plus-values de cession. L’impôt n’est pas effacé : il est simplement reporté sur l’actionnaire, qui sera taxé sur le dividende reçu. C’est l’équivalent national du REIT américain.
Actions à droit de vote multiple
Dual-class / multiple-voting shares
Contrôler la majorité des voix sans détenir la majorité du capital. Certaines sociétés émettent plusieurs catégories d’actions aux droits inégaux. Les fondateurs se réservent des titres à votes multiples — souvent 10 voix par action — quand le public reçoit des actions à une voix. Résultat : avec une fraction minoritaire du capital, les dirigeants gardent le contrôle des votes (ainsi Alphabet). À distinguer de l’action de préférence, qui troque le vote contre un revenu prioritaire. Un enjeu de gouvernance : l’argent et le pouvoir se séparent.
Entrer en bourse
Introduction en bourse
Initial public offering · IPO
De société privée à société cotée. L’introduction en bourse (IPO) ne crée pas l’entreprise : une société déjà existante ouvre son capital au public et fait coter ses actions sur un marché. Elle y gagne des capitaux et de la liquidité pour ses actionnaires ; en échange, elle accepte des obligations permanentes — transparence, reporting, contrôle. Un compromis : des ressources contre des contraintes.
Prospectus
Document d’information
La carte d’identité officielle de l’opération. Le prospectus rassemble ce que tout investisseur doit savoir avant de souscrire : activité, comptes, stratégie, gouvernance et facteurs de risque. En France, l’AMF l’approuve (on ne dit plus « visa » depuis 2019) ; aux États-Unis, la SEC revoit la déclaration d’enregistrement (le Form S-1) avant qu’elle devienne « effective ». Mais approuvé ne veut pas dire recommandé : le régulateur vérifie l’information, pas la qualité du placement.
Gouvernance
Corporate governance
Qui dirige, qui contrôle, et au nom de qui. La gouvernance répartit le pouvoir entre actionnaires (qui votent et élisent), conseil d’administration (qui nomme et contrôle) et direction (qui gère). Son but : aligner les décisions sur l’intérêt des propriétaires et limiter les abus. Les administrateurs sont souvent indépendants — non par obligation du régulateur, mais selon les règles de la bourse de cotation.
Lire l’entreprise
Compte de résultat
Income statement
La première photo : combien l’entreprise a gagné sur une période. Il se lit de haut en bas comme une cascade — du chiffre d’affaires (tout en haut, l’argent facturé aux clients) au résultat net (la « dernière ligne »), en retranchant à chaque étage une couche de coûts : coût des ventes, charges d’exploitation, intérêts, impôt. Piège : le bénéfice n’est pas le cash — une vente facturée non encaissée le gonfle, un amortissement l’ampute sans sortie d’euro. Le cash se lit dans le tableau des flux, le résultat ramené à une action donne le BPA.
Bilan
Balance sheet
La deuxième photo : ce que l’entreprise possède et ce qu’elle doit, à un instant donné. Deux colonnes qui s’équilibrent toujours — à gauche l’actif (ce qu’elle possède), à droite son financement : les dettes et les capitaux propres. D’où l’égalité fondatrice : actif = dettes + capitaux propres. C’est ici que se lit la solidité — beaucoup de dette face à peu de capitaux propres, et le moindre choc fait vaciller l’édifice. Contrairement au compte de résultat, il est daté, pas étalé sur une période.
Marges
Margins
Quelle fraction de cent euros de ventes survit à chaque étage. Trois paliers du même film que le compte de résultat : marge brute (après le coût des ventes), marge d’exploitation (après les charges courantes), et marge nette (après tout — intérêts et impôt compris) = résultat net ÷ chiffre d’affaires. La plus parlante pour le propriétaire est la dernière. Mais une marge ne se lit jamais dans l’absolu : 5 % est superbe pour un supermarché, médiocre pour un éditeur de logiciels. On la juge en tendance et face aux pairs.
EBITDA
EBITDA
Le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements — pratique, mais ce n’est pas du cash. EBITDA = résultat d’exploitation + amortissements. On l’emploie pour comparer des sociétés inégalement endettées (il neutralise dette et impôt) et pour jauger l’endettement (dette nette ÷ EBITDA). Son piège : il ignore les investissements (capex), les intérêts et l’impôt. Charlie Munger y voit, en substance, un « bénéfice avant les vraies dépenses ». Le vrai cash disponible, c’est le flux de trésorerie libre.
Bénéfice par action · BPA
EPS · Earnings per share
La dernière ligne du compte de résultat, ramenée à une action. BPA = résultat net ÷ nombre d’actions. C’est ce qui revient, au bout de la cascade, à chaque titre que vous détenez — le pont entre le profit global et l’actionnaire. Il sert ensuite de dénominateur au P/E. Deux pièges : il juge l’entreprise, pas son prix ; et son dénominateur bouge — un rachat d’actions le fait monter sans que l’entreprise gagne un euro de plus.
Rentabilité des capitaux propres · ROE
ROE · Return on equity
Ce que l’entreprise rapporte sur la mise des actionnaires — mais gare au levier. ROE = résultat net ÷ capitaux propres. Un ROE flatteur peut ne rien devoir au talent et beaucoup à la dette : la décomposition de DuPont le révèle — ROE = marge nette × rotation de l’actif × levier. Même chiffre, deux natures : robuste s’il vient des marges et de l’efficience, fragile s’il vient surtout de l’endettement. D’où la préférence du propriétaire pour le ROIC, indifférent au financement.
Dette nette
Net debt
La dette, une fois la trésorerie déduite — ce qu’il resterait vraiment à rembourser. Dette nette = dettes financières − trésorerie. Rapportée à l’EBITDA, elle dit combien d’années de profit il faudrait pour s’en acquitter : en dessous de 2 à 3 fois on respire, au-delà l’air se raréfie (le seuil dépend du métier). Elle entre aussi dans la valeur d’entreprise (capitalisation + dette nette).
Rentabilité de l’actif
Return on assets (ROA)
Le profit tiré de chaque euro d’actif. La rentabilité de l’actif rapporte le résultat net à l’actif total — usines, stocks et trésorerie compris. Là où le ROE ne regarde que les capitaux propres (et flatte les sociétés très endettées), le ROA juge l’efficacité de l’ensemble des moyens mis au travail. À profit égal, l’entreprise la plus légère en actifs affiche le meilleur ROA.
Rotation de l’actif
Asset turnover
Combien de fois l’actif se transforme en ventes. Rotation = chiffre d’affaires ÷ actif total. Une rotation de 1,5 signifie qu’un euro d’actif engendre 1,50 € de ventes par an. C’est l’un des trois moteurs de la décomposition de DuPont : à marge égale, faire tourner ses actifs plus vite dope la rentabilité. Les distributeurs vivent de rotations élevées à faibles marges ; le luxe, de l’inverse.
Couverture des intérêts
Interest coverage
Combien de fois le bénéfice couvre les intérêts de la dette. Couverture = résultat d’exploitation ÷ charges d’intérêts. Une couverture de 6 veut dire que l’entreprise gagne six fois de quoi payer les intérêts de sa dette : un confortable matelas. Sous 2 ou 3, le moindre trou d’air sur les profits met en péril le service de la dette. C’est l’un des premiers cadrans de solidité, à lire avec l’EBITDA.
Ratio de liquidité générale
Current ratio
De quoi payer ses dettes à court terme. Liquidité générale = actifs courants ÷ passifs courants — ce qui se transforme en cash sous un an, divisé par ce qu’il faut rembourser sous un an. Au-dessus de 1, l’entreprise a un coussin ; en dessous, elle dépend de sa banque ou d’une rallonge. À lire au bilan avec la dette nette : un bon ratio ne dit rien de la dette longue, seulement de la trésorerie immédiate.
Décomposition de DuPont
DuPont analysis
D’où vient vraiment le ROE. La décomposition de DuPont éclate la rentabilité des capitaux propres en trois moteurs qui se multiplient : marge nette (gagne-t-elle bien ?) × rotation de l’actif (fait-elle tourner ses moyens ?) × levier financier (s’aide-t-elle de la dette ?). Deux entreprises au même ROE peuvent le devoir à des recettes opposées — l’une à ses marges, l’autre à son levier. Décomposer, c’est voir si la rentabilité est saine ou dopée par la dette.
Bourrage de canal
Channel stuffing
Gonfler les ventes en inondant les distributeurs. Expédier aux revendeurs plus de marchandise qu’ils ne peuvent écouler, pour comptabiliser la vente tout de suite et enfler le chiffre d’affaires. Le signal qui trahit la manœuvre : les créances clients grossissent bien plus vite que les ventes — l’argent n’est pas encaissé. Drapeau rouge à croiser entre le compte de résultat et le tableau des flux.
Le moteur de la valeur
ROIC
Return on invested capital
Le rendement de chaque euro investi dans l’entreprise. ROIC = NOPAT ÷ capital investi : le profit d’exploitation après impôt rapporté à tout l’argent immobilisé (actionnaires et créanciers). Seul juge de la création de valeur : l’entreprise en crée si son ROIC dépasse son coût du capital, elle en détruit sinon. C’est l’écart entre les deux qui compte, pas le niveau.
NOPAT
Net operating profit after tax
Le profit d’exploitation, après impôt, avant financement. NOPAT = EBIT × (1 − taux d’impôt) : ce que dégage l’activité une fois l’impôt payé, mais avant les intérêts de la dette. Il mesure la performance opérationnelle pure, disponible pour tous les apporteurs de capitaux — d’où son rôle de numérateur du ROIC. À ne pas confondre avec le bénéfice net, qui, lui, déduit les intérêts.
Coût du capital
Weighted average cost of capital · WACC
Le prix de l’argent qu’utilise l’entreprise. Réunir des fonds a un coût : les actionnaires exigent un rendement, les créanciers un intérêt. Le coût du capital (WACC) en est la moyenne pondérée. Il fixe le seuil à franchir : au-dessus, l’entreprise crée de la valeur ; en dessous, elle en détruit. C’est une estimation, pas un chiffre observable.
Allocation du capital
Capital allocation
Décider où va chaque euro. Un dirigeant a quatre emplois pour la trésorerie qu’il génère : réinvestir (capex, R&D, acquisitions), restituer (dividendes, rachats), rembourser la dette, ou céder des actifs. Répétés sur des années, ces choix font diverger deux entreprises identiques. Buffett en a fait une responsabilité majeure du dirigeant — un rôle auquel beaucoup sont mal préparés.
Flux de trésorerie
Cash flow
L’argent qui entre et sort, vraiment. Le flux de trésorerie suit les encaissements et décaissements réels — pas le bénéfice comptable, qui inclut des écritures sans mouvement d’argent (amortissements, ventes pas encore payées). Une entreprise peut être bénéficiaire sur le papier et pourtant à court de cash. C’est la trésorerie, pas le bénéfice, qui paie les salaires et la dette.
Flux de trésorerie libre
Free cash flow · FCF
Le cash qui reste vraiment libre. Flux de trésorerie libre = trésorerie générée par l’exploitation moins ses dépenses d’investissement (capex). C’est l’argent que l’entreprise peut affecter librement : dividendes, rachats, désendettement, acquisitions. C’est aussi ce que l’on actualise dans un DCF pour estimer la valeur.
Rachat d’actions
Buyback · Share repurchase
Rendre du capital en réduisant le nombre d’actions. L’entreprise rachète ses propres titres sur le marché et les annule : le bénéfice se partage alors sur moins d’actions, donc le bénéfice par action monte (à profit égal). C’est une alternative au dividende pour restituer du cash. Créateur de valeur seulement si les titres sont rachetés sous leur valeur — sinon il en détruit.
Choisir & valoriser
Investissement dans la valeur
Value investing
Acheter un actif pour moins qu’il ne vaut. L’investissement dans la valeur consiste à estimer la valeur intrinsèque d’une entreprise, puis à n’acheter qu’en dessous — cet écart est la marge de sécurité. L’approche vient de Benjamin Graham (années 1930) ; Buffett, son élève, l’a popularisée puis enrichie d’une exigence de qualité (un rempart durable, pas seulement un prix bas).
Rempart économique
Economic moat
La douve qui protège les bénéfices. Un rempart économique est un avantage concurrentiel durable qui tient les rivaux à distance : coûts plus bas, effets de réseau, marque ou brevets, coûts de changement, échelle efficiente (un marché juste assez grand pour ses acteurs en place). L’image de la « douve » a été popularisée par Buffett (dès 1986) ; le terme d’analyse « economic moat » a été codifié par Morningstar. Plus le rempart est large, plus l’entreprise défend longtemps sa rentabilité.
Cercle de compétence
Circle of competence
Ne jouer que là où l’on comprend vraiment. Le cercle de compétence, c’est l’ensemble des affaires qu’un investisseur maîtrise assez pour en juger la valeur. Sa taille importe peu — ce qui est vital, c’est d’en connaître les frontières, pour ne pas investir hors de sa zone de compréhension. La formule est de Buffett (lettre 1996) ; Munger en est le co-promoteur.
Actualisation des flux
Discounted cash flow · DCF
Estimer la valeur « par le bas », flux après flux. L’actualisation des flux (DCF) projette les flux de trésorerie futurs d’une entreprise, puis les ramène à aujourd’hui par un taux (un euro demain vaut moins qu’un euro aujourd’hui). Leur somme est la valeur intrinsèque — une valeur absolue, fondée sur ce que l’entreprise produira, pas sur ce que paient les autres.
Ratio cours/bénéfice
Price/earnings · P/E · PER
Combien d’années de bénéfices on paie. Le PER = cours de l’action ÷ bénéfice par action. Un PER de 15 signifie qu’on paie 15 fois le bénéfice annuel. C’est un multiple de marché — une valorisation relative (chère ou bon marché par rapport à d’autres), pas une valeur intrinsèque. Un PER bas ne dit pas qu’une action vaut son prix ; seulement qu’elle est moins chère que ce à quoi on la compare.
VE / EBITDA
EV/EBITDA
Le P/E qui n’oublie pas la dette. VE/EBITDA = valeur d’entreprise (capitalisation + dette nette) ÷ EBITDA. Sa vertu sur le P/E : il juge l’entreprise entière, dette comprise, et neutralise les structures de financement — commode pour comparer deux sociétés inégalement endettées. Mais il hérite du défaut de l’EBITDA (qui ignore capex, intérêts, impôt) et reste relatif : « cher ou bon marché par rapport à… », jamais une valeur.
Cours / valeur comptable · P/B
Price-to-book
Ce qu’on paie pour un euro de valeur comptable. P/B = cours ÷ valeur comptable par action (≡ capitalisation ÷ capitaux propres). Parlant pour une banque ou une activité riche en actifs ; muet pour une société légère (logiciel, services), dont la vraie valeur — marque, R&D, talent — n’est pas au bilan. Et valeur comptable ≠ valeur de marché : un P/B sous 1 n’est pas mécaniquement une affaire.
PEG
PEG ratio
Le P/E rapporté à la croissance. PEG = P/E ÷ taux de croissance des bénéfices. Il répond à l’objection « un P/E élevé se justifie-t-il si les bénéfices grimpent ? ». Voisin de 1 = correctement payé au regard de sa croissance. Mais c’est un repère commode, pas une loi : il dépend tout entier d’une croissance prévue — fragile — et hérite des défauts du P/E.
Rendement du FCF
FCF yield
Le multiple à l’envers : un rendement, pas un nombre de fois. Rendement du FCF = flux de trésorerie libre ÷ capitalisation. Il dit ce qu’on toucherait, en cash, si tout revenait à l’actionnaire — le pendant du rendement bénéficiaire (l’inverse du P/E), mais fondé sur le flux le plus honnête. Il suppose un FCF normalisé : un capex sous-investi le gonfle artificiellement.
Bénéfices du propriétaire
Owner earnings
Le cash qu’on peut sortir sans abîmer l’entreprise — la matière d’un DCF. Terme de Warren Buffett (rapport Berkshire 1986) : l’argent qu’on peut prélever une fois l’outil entretenu — à peu de chose près le flux de trésorerie libre. C’est lui qu’on actualise dans un DCF, pas le bénéfice comptable, qui « peut s’habiller ». La clause « sans l’abîmer » est centrale : il faut d’abord financer l’entretien de l’appareil productif.
Valeur terminale
Terminal value
La « queue » des flux au-delà de l’horizon — souvent le plus gros morceau, et le plus incertain. Dans un DCF, on ne projette pas les flux à l’infini : la valeur terminale estime d’un bloc tout ce qui vient après l’horizon retenu, ramené à aujourd’hui comme les autres flux. Elle pèse souvent l’essentiel de la valeur — et la moindre hypothèse y fait tout basculer. D’où la règle : une fourchette, jamais un point, et une marge de sécurité.
Investissement factoriel
Factor investing · smart beta
Acheter des traits, pas des noms. Bâtir un portefeuille en s’exposant à des facteurs de rendement documentés — valeur, taille, momentum, qualité, faible volatilité — plutôt qu’en triant les titres un à un. Un fonds smart-beta est un indice qui s’incline vers l’un de ces traits. Les primes sont réelles à long terme, mais variables : un facteur peut traverser des années de désert.
Investissement de qualité
Quality investing
Une entreprise merveilleuse à un prix correct. L’investissement de qualité cherche d’abord d’excellentes entreprises — ROIC élevé, rempart durable, dirigeants intègres — puis les achète à un prix correct, et les garde. La formule est de Buffett, mûrie au contact de Munger : « mieux vaut une entreprise merveilleuse à un prix correct qu’une entreprise correcte à un prix merveilleux. » Cela renverse le value pur, qui traque d’abord le prix bas : ici, c’est la qualité qui prime, le prix vient ensuite.
Investissement de croissance
Growth investing
Payer cher aujourd’hui des profits bien plus gros demain. L’investissement de croissance parie sur une accélération des bénéfices : on accepte un multiple élevé maintenant en pariant que les profits futurs le justifieront. L’approche vient de Philip Fisher (Common Stocks and Uncommon Profits, 1958), qui privilégiait les entreprises capables de croître des années durant. Le revers : tout repose sur cette croissance — si elle déçoit, le multiple se dégonfle et la chute est brutale. C’est le miroir du value ; le GARP tente le pont entre les deux.
Croissance à un prix raisonnable
GARP
Le pont entre la valeur et la croissance. Le GARP (growth at a reasonable price) paie la croissance, mais refuse de la surpayer. Popularisé par Peter Lynch chez Fidelity, il emprunte au value sa discipline de prix et à la croissance son moteur. Son repère : un PEG voisin de 1 — c’est-à-dire un P/E à peu près égal au taux de croissance des bénéfices. Au-delà, on paie trop cher la croissance ; bien en deçà, on flaire l’aubaine (ou le piège).
Critères ESG
ESG (Environmental, Social, Governance)
Juger une entreprise au-delà de ses comptes. Les critères ESG forment une grille extra-financière à trois piliers : Environnement (climat, ressources, pollution), Social (salariés, clients, chaîne d’approvisionnement) et Gouvernance (conseil, droits des actionnaires, éthique — le cœur de la gouvernance). L’idée : ces enjeux finissent tôt ou tard par devenir financiers (une amende, un boycott, un actif échoué). Des référentiels comme le SASB, repris par l’ISSB, cherchent à standardiser ces mesures encore disparates. Promesse et réalité divergent parfois — voir l’éco-blanchiment.
Éco-blanchiment
Greenwashing
Une vitrine verte plus grande que la réalité. L’éco-blanchiment consiste à afficher une vertu environnementale ou sociale plus belle que les faits, pour séduire investisseurs et clients. C’est l’écart entre le discours « vert » et la réalité : une mince couche de communication par-dessus des pratiques inchangées. Le risque grandit avec l’engouement pour les critères ESG : plus le label « durable » attire de capitaux, plus la tentation de le revendiquer sans le mériter est forte. D’où l’essor des audits et d’une gouvernance chargée de vérifier les promesses.
Posséder un portefeuille
Enveloppe fiscale
Tax wrapper
La fiscalité se compose contre vous — l’enveloppe l’en empêche. Presque tous les pays offrent des enveloppes qui abritent l’épargne en actions du fisc, de deux façons : différer l’impôt (payé plus tard, souvent à la retraite) ou l’exonérer. Comme les frais, l’impôt grignote chaque année une part des gains, qui cesse alors de composer. L’enveloppe ne change rien au rendement brut ; à rendement égal, l’écart entre « avec » et « sans » se creuse — après vingt ou trente ans, le capital à l’abri dépasse l’autre de très loin. (Les règles évoluent : la logique, pas le barème du jour.)
Plan d’épargne en actions · PEA
PEA · French equity savings plan
L’enveloppe française : exonérer en échange d’une détention longue. Le PEA abrite vos actions européennes de l’impôt sur le revenu. Au-delà de 5 ans de détention, plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu — seuls restent dus les prélèvements sociaux (de l’ordre de 18 %). Plafond de versements : 150 000 € (la valorisation, elle, n’est pas plafonnée). Sortir avant 5 ans fait perdre l’avantage. Même précaution que pour les pays voisins : la logique, pas le barème du jour — plafonds et taux évoluent.
Fractionnement · split
Stock split
Cosmétique : plus d’actions, un cours divisé d’autant — aucune valeur créée. Un fractionnement multiplie le nombre d’actions et divise le cours dans la même proportion : dix actions à 100 € deviennent cent actions à 10 €. Votre part est strictement inchangée — la valeur totale et la fraction de l’entreprise que vous détenez ne bougent pas ; seule l’unité change. On redécoupe le gâteau, on ne l’agrandit pas. À ne pas confondre avec un rachat d’actions, qui, lui, fait grossir la part de chacun.
Scission · spin-off
Spin-off
La maison-mère détache une activité en société cotée distincte. Lors d’une scission, une société essaime une de ses divisions en entité cotée à part ; en tant qu’actionnaire, vous recevez des actions de la nouvelle société. C’est une décision d’allocation du capital qui peut révéler de la valeur, en laissant le marché juger chaque morceau séparément au lieu de les noyer dans un conglomérat. À ne pas confondre avec un gain automatique : la valeur révélée est un potentiel, pas une création garantie.
Investissement programmé
Dollar-cost averaging (DCA)
Verser un peu, souvent, quel que soit le cours. On place une somme fixe à intervalle régulier : quand le titre est bas, le versement achète plus de parts ; quand il est haut, moins. Le prix d’entrée se lisse — on n’attrape ni le plus bas, ni le plus haut. Statistiquement, l’achat en bloc (lump-sum) l’emporte environ deux fois sur trois, mais le programmé neutralise le risque de mal tomber.
Rendement du dividende
Dividend yield
Ce que le dividende rapporte, rapporté au prix payé. Rendement = dividende annuel ÷ cours de l’action, en %. Une action à 50 € qui verse 2 € rend 4 %. Attention au piège du rendement : un chiffre anormalement élevé vient le plus souvent d’un cours qui s’est effondré — le marché anticipe une coupe du dividende. Ce n’est pas une aubaine, c’est un avertissement. À regarder avec le taux de distribution.
Taux de distribution
Payout ratio
La part du bénéfice qui repart en dividendes. Taux de distribution = dividendes ÷ bénéfice net. Le reste est gardé pour réinvestir ou financer des rachats d’actions. Un taux modéré laisse de la marge ; trop élevé — proche de 100 %, voire au-delà — l’entreprise distribue presque tout, ne réinvestit plus et fragilise le dividende au premier trou d’air sur les profits.
Date de détachement
Ex-dividend date
Le jour où l’action se négocie sans le prochain dividende. À partir de cette date, qui achète le titre n’a plus droit au dividende à venir : il revient à l’ancien détenteur. Mécaniquement, le cours ouvre en baisse d’environ le montant détaché. Ce n’est donc pas un cadeau d’acheter « juste avant » : ce que vous touchez en dividende, vous le perdez en cours. Le rendement total est inchangé.
Regroupement d’actions
Reverse split
L’inverse du fractionnement : moins d’actions, un cours multiplié d’autant. Dix actions à 1 € deviennent une action à 10 € : le nombre de titres est divisé, le cours multiplié dans la même proportion, et la valeur totale ne bouge pas. Le motif est souvent cosmétique — remonter un cours trop bas pour sortir du statut de « penny stock » ou respecter un seuil de cotation. À ne pas confondre avec le fractionnement, qui fait l’opposé.
NISA (enveloppe japonaise)
NISA
L’enveloppe d’actions japonaise : composer à l’abri de l’impôt, sans limite de durée. Le NISA abrite vos actions de toute imposition sur les gains. Réformé en 2024, il est désormais permanent et offre un plafond à vie de 18 M¥ de versements, dont 12 M¥ réservés à la poche « croissance ». Une fois logés, plus-values et dividendes échappent à l’impôt sans échéance. C’est l’équivalent nippon du PEA : la logique, pas le barème du jour — plafonds et règles peuvent changer.
Rachat à effet de levier
Leveraged buyout (LBO)
Racheter une entreprise surtout avec de la dette, remboursée par ses propres flux. Dans un LBO, l’acquéreur finance le rachat avec très peu de fonds propres (20 à 30 % du prix) et beaucoup de dette (70 à 80 %). Cette dette est ensuite remboursée par le flux de trésorerie de la cible elle-même. Le levier amplifie le rendement des fonds propres… et le risque : si les flux faiblissent, la dette reste. C’est l’outil-clé du capital-investissement.
Gestion active
Active management
Sélectionner les titres pour tenter de battre l’indice — et y échouer le plus souvent. Un gérant actif choisit ses positions dans l’espoir de faire mieux que son indice de référence, à l’inverse de la gestion passive qui se contente de le répliquer. Le pari se paie en frais plus élevés, et l’addition est lourde : sur longue période, après frais, la grande majorité des fonds actifs sous-performent leur indice (les études SPIVA pointent près de 9 sur 10). C’est pourquoi tant d’investisseurs lui préfèrent un simple ETF.
Écart de comportement
Behavior gap
Le fonds gagne plus que ses investisseurs. Écart entre le rendement affiché d’un fonds et le rendement réellement obtenu par ceux qui le détiennent : ils achètent haut, dans l’euphorie, et vendent bas, dans la panique. L’expression est de Carl Richards ; Morningstar mesure ce manque à gagner à environ 1 à 1,5 point par an. La discipline — ne pas s’agiter au gré des émotions — referme l’écart.
Diworsification
Diworsification
Trop diversifier finit par dégrader. Mot-valise de Peter Lynch (diversification + worse) : au-delà d’une vingtaine de positions, ajouter des titres n’apporte presque plus de protection — il dilue les meilleures idées et rapproche du rendement moyen du marché. La diversification protège jusqu’à un point ; passé ce point, mieux vaut rester dans son cercle de compétence.
Crypto & actifs numériques.
Derrière chaque ticker à trois lettres : un registre que personne ne tient, une émission inscrite dans le code, des jetons et une foule. Du bloc à la clé, de Bitcoin à la DeFi, jusqu’aux métriques on-chain.
Le registre & les clés
Chaîne de blocs
Blockchain
Un registre en blocs cousus par l’empreinte. Chaque bloc scelle l’empreinte (hash) du précédent ; retoucher un bloc ancien change son empreinte et invalide tous les suivants. Pour réécrire le passé, il faudrait refaire le travail de toute la chaîne plus vite que le réseau entier — d’où un historique infalsifiable, sans centre à qui se fier.
Registre distribué
Distributed ledger
La même liste d’écritures, recopiée partout. Au lieu d’un serveur central, le registre est dupliqué à l’identique sur des milliers de machines indépendantes qui le re-vérifient en continu. Aucune ne fait foi seule : c’est leur accord qui fait autorité. Supprimer ou corrompre une copie ne change rien — pas de point unique à saisir.
Empreinte
Hash
Une fonction à sens unique. Le hash transforme n’importe quelle donnée en une empreinte de taille fixe ; le moindre changement à l’entrée bouleverse toute l’empreinte, et l’on ne peut pas remonter de l’empreinte à la donnée. C’est ce qui permet à chaque bloc de sceller le précédent — et de trahir la moindre retouche.
UTXO
Unspent transaction output
Bitcoin ne tient pas de soldes : il tient des pièces. Une UTXO est une sortie de transaction non encore dépensée. On ne dépense pas une pièce « à moitié » : on la consomme entière et la transaction recrée les sorties — exactement comme régler 0,9 avec un billet de 1,2 et recevoir 0,3 de monnaie. Le solde d’un portefeuille n’est que la somme de ses pièces non dépensées.
Mempool
Memory pool · file d’attente
La salle d’attente des transactions. Avant d’entrer dans un bloc, chaque transaction patiente dans le mempool. L’espace d’un bloc étant plafonné, celles qui offrent le plus de frais passent devant : le mempool est une enchère permanente pour l’espace de bloc. Quand il s’engorge, les frais grimpent.
Clés publique & privée
Public & private key
Posséder, c’est pouvoir signer. La clé privée reste secrète et ne sort jamais ; l’adresse publique s’en dérive à sens unique et se partage, comme un RIB. On signe une transaction avec la première — ce qui prouve qu’on détient le secret sans le montrer — et le réseau la vérifie avec la seconde. On ne remonte jamais de l’adresse à la clé privée.
Auto-conservation
Self-custody
« Not your keys, not your coins. » Tenir soi-même sa clé privée, c’est détenir réellement ses coins, sans intermédiaire. Laisser un tiers (une plateforme) tenir la clé, c’est ne détenir qu’une créance sur sa réserve — une promesse, pas une pièce. Retirer, c’est convertir la promesse en possession.
Double-dépense
Double-spend
Le problème que toute monnaie numérique doit résoudre. Un fichier se copie à l’infini : sans garde-fou, on pourrait dépenser deux fois la même unité — la double-dépense. Les banques l’évitent en tenant un registre central. La prouesse de Bitcoin a été de le faire sans tiers de confiance : le registre partagé n’accepte la pièce qu’une seule fois et rejette toute tentative de la redépenser.
Finalité
Finality
Le moment où une transaction devient irréversible. En preuve de travail, la finalité est probabiliste : chaque bloc supplémentaire la rend plus sûre, sans jamais atteindre la certitude absolue (d’où l’usage d’attendre plusieurs confirmations). En preuve d’enjeu, elle est quasi déterministe : passé un point de scellement, revenir en arrière coûterait au tricheur sa mise. Savoir laquelle s’applique dit combien de temps attendre.
Bitcoin & l’émission
Preuve de travail
Proof-of-work
La loterie qui sécurise Bitcoin. Les mineurs essaient des milliards de combinaisons (nonces) jusqu’à ce qu’une empreinte tombe sous la cible — un nombre commençant par assez de zéros. Trouver est coûteux ; vérifier, instantané. Le gagnant pose le bloc ; refaire ce travail pour réécrire l’historique est hors de portée.
Minage
Mining
Transformer de l’électricité en sécurité. Miner, c’est dépenser de la puissance de calcul pour résoudre la preuve de travail. Plus il y a de mineurs, plus la difficulté monte ; moins il y en a, plus elle baisse — de sorte qu’un bloc tombe environ toutes les dix minutes, quel que soit le nombre de machines en course.
Halving
Division de moitié
Vingt-et-un millions, jamais un de plus. Tous les 210 000 blocs (environ quatre ans), la récompense de bloc est divisée par deux : 50 → 25 → 12,5 → 6,25 → 3,125 BTC. L’offre nouvelle décroît par paliers vers zéro, et l’essentiel des 21 millions est déjà émis. Une rareté inscrite dans le code, pas promise par un émetteur.
Lightning
Couche 2 de Bitcoin
La couche 2 de paiement de Bitcoin. Des canaux hors-chaîne (off-chain) règlent des paiements instantanés et quasi gratuits entre deux parties ; seul le solde net finit inscrit sur la chaîne. On garde la sécurité de Bitcoin pour le règlement, en gagnant vitesse et coût — le pendant des rollups d’Ethereum.
Ethereum & la pile applicative
Contrat intelligent
Smart contract
Du code qui tient ses promesses — même les mauvaises. Un programme déposé sur la chaîne, déterministe et public, qui s’exécute tout seul dès qu’une condition est vérifiée : il libère ou rembourse sans notaire. Le revers : si une faille s’y cache, elle s’exécute avec la même fidélité que l’intention, et personne ne peut l’arrêter (« code is law »).
Preuve d’enjeu
Proof-of-stake
Sécuriser par le capital, pas par l’énergie. Au lieu de brûler de l’électricité, des validateurs mettent en jeu (stake) leur propre capital. Bien se comporter rapporte une récompense ; tricher fait trancher une part de la mise (slashing). La sécurité se mesure en capital risqué — c’est le consensus d’Ethereum depuis 2022.
Validateur
Validator
Celui qui met en jeu pour valider. Sur Ethereum, un validateur immobilise une mise minimale de 32 ETH pour proposer et attester des blocs, et touche un rendement en échange. S’il triche ou reste hors ligne, une part de sa mise est tranchée (slashing) : son intérêt est aligné sur l’honnêteté du réseau.
Gas
Frais de calcul
Pourquoi chaque calcul a un prix. Le gas mesure le coût de calcul d’une opération sur Ethereum. L’espace d’un bloc étant plafonné, les transactions enchérissent pour y entrer : quand la demande dépasse la capacité, le prix du gas grimpe le long d’une courbe de congestion. Un même geste coûte alors bien davantage.
Rollup
Couche 2
Passer à l’échelle sans tout refaire. Un rollup exécute des centaines de transactions hors de la chaîne principale, puis n’y dépose qu’un lot compressé accompagné d’une preuve unique. On hérite de la sécurité de la couche 1 tout en divisant les frais — la principale voie de mise à l’échelle d’Ethereum (optimistic ou ZK).
Couche 2
Layer 2
Exécuter en haut, régler en bas. Une couche 2 traite le trafic rapidement et pour presque rien, puis ancre périodiquement une preuve sur la couche 1 (layer 1) — lente et chère mais sûre, qui détient la vérité et tranche en dernier ressort. On n’a pas changé le moteur : on a ajouté une boîte de vitesses.
Slashing
Sanction du validateur
La punition qui rend la triche coûteuse. En preuve d’enjeu, un validateur qui signe deux versions contradictoires d’un bloc voit une part de sa mise confisquée (slashing) et se fait éjecter du réseau. Une simple absence prolongée, elle, ne coûte que de petites pénalités. La sécurité tient parce que la malhonnêteté brûle du capital immobilisé, pas seulement du temps.
Machine virtuelle Ethereum
EVM
L’ordinateur que toute la planète recalcule. La machine virtuelle Ethereum (EVM) est le processeur logique qui exécute les contrats. Sa particularité : chaque nœud du réseau refait le même calcul et doit aboutir au même état — c’est ce consensus sur le résultat qui rend l’exécution infalsifiable. Un seul programme, des milliers de copies qui se vérifient mutuellement.
Trilemme des blockchains
Blockchain trilemma
On ne peut pas tout maximiser à la fois. Le trilemme résume une tension : une chaîne ne peut pousser à fond que deux des trois qualités — décentralisation, sécurité, scalabilité — sans rogner la troisième. Ce n’est pas une loi physique mais une heuristique utile : elle explique pourquoi chaque chaîne assume un compromis, et pourquoi les couches 2 cherchent à desserrer l’étau.
Pont inter-chaînes
Bridge
Faire passer la valeur d’une chaîne à l’autre. Un pont (bridge) verrouille un actif sur la chaîne de départ et émet un jeton qui le représente sur la chaîne d’arrivée. Indispensable à un univers multi-chaînes, c’est aussi son maillon le plus fragile : en concentrant en un seul contrat les fonds de tous ceux qui transitent, il est devenu l’une des cibles préférées des pirates.
Jetons & stablecoins
Décrochage
Depeg
Quand l’ancre lâche. Un stablecoin décroche dès que son prix s’écarte durablement de sa cible. Si la confiance vacille, les rachats s’emballent, les réserves ne suivent pas et l’écart se creuse en spirale — c’est ainsi qu’UST s’est effondré en 2022. L’ancrage n’est jamais une garantie : c’est une promesse qui tient tant qu’on y croit.
Économie du jeton
Tokenomics
Qui détient quoi, et combien sera émis. La tokenomics décrit l’offre d’un jeton, sa répartition (équipe, investisseurs, communauté, trésor) et son rythme d’émission. Une part trop concentrée ou un déblocage massif à venir dilue les porteurs : avant d’acheter un jeton, on lit d’abord sa table de répartition.
Acquisition progressive
Vesting
Des jetons libérés au compte-gouttes. Le vesting verrouille les jetons de l’équipe et des investisseurs, puis les débloque par paliers sur plusieurs années — souvent après une période sèche initiale (cliff). Le but : aligner les fondateurs sur le long terme et éviter qu’ils ne vendent tout dès le premier jour.
Jeton de gouvernance
Governance token
Détenir, c’est voter. Un jeton de gouvernance confère un droit de vote sur les décisions d’un protocole : barème des frais, allocation du trésor, mises à jour. Le poids de chacun est proportionnel à ses jetons — ce qui démocratise la décision, mais peut aussi la concentrer entre quelques gros porteurs.
Mémécoin
Memecoin
De la valeur faite d’attention pure. Un mémécoin n’a aucun usage ni revenu sous-jacent : son prix ne tient qu’à la viralité et au récit social. Tant que l’attention monte, il flambe ; dès qu’elle retombe, il revient près de zéro. C’est un jeu de chaises musicales — amusant à comprendre, ruineux à détenir trop tard.
Jeton non fongible
NFT
Un jeton unique, pas une pièce de monnaie. Là où un bitcoin en vaut un autre (fongible), un NFT (non-fungible token) est un titre de propriété unique inscrit sur la chaîne : art, objet de jeu, certificat. Sa valeur vient de la rareté et de ce qu’il représente — pas d’une interchangeabilité.
Actifs du monde réel
Real-world assets
Porter le réel sur la chaîne. Les RWA sont des actifs hors-chaîne — bons du Trésor, immobilier, or, crédit — représentés par des jetons. L’idée : gagner la liquidité et la transparence de la chaîne tout en s’adossant à des actifs tangibles. Le maillon faible reste le lien juridique entre le jeton et le bien réel.
Valeur pleinement diluée
FDV
Le prix, multiplié par tous les jetons qui existeront un jour. La valeur pleinement diluée (FDV) prend le cours actuel et le multiplie par l’offre maximale, pas seulement par les jetons en circulation. L’écart avec la capitalisation de marché mesure la dilution à venir : une FDV très supérieure à la capitalisation signale une avalanche de jetons encore verrouillés, prêts à peser sur le prix.
DeFi & marché crypto
Finance décentralisée
DeFi
La finance sans guichet. La DeFi rejoue prêt, emprunt, échange et placement non plus dans une banque mais dans des contrats publics, ouverts à tous et composables entre eux comme des briques. On gagne la transparence et l’accès libre ; on perd le filet de sécurité — pas de service client, pas de recours en cas de bug.
Teneur de marché automatisé
AMM
Un marché sans carnet d’ordres. Un AMM remplace acheteurs et vendeurs par une formule : le produit des deux réserves reste constant (x · y = k). Chaque échange glisse le long de cette courbe, et le prix n’est que le rapport des réserves. Plus l’échange est gros, plus il dérape — c’est le slippage.
Pool de liquidité
Liquidity pool
La réserve commune où l’on échange. Plutôt que d’apparier acheteur et vendeur, un pool réunit deux jetons déposés par des fournisseurs de liquidité. Les traders échangent contre cette réserve et paient des frais, qui reviennent aux fournisseurs. C’est le carburant d’un AMM — sans pool, pas d’échange.
Perte impermanente
Impermanent loss
Le coût caché d’être fournisseur. Quand le prix des jetons d’un pool diverge, le rééquilibrage automatique de l’AMM fait que la valeur déposée vaut moins que si on avait simplement gardé les jetons. L’écart — la perte impermanente — ne se fige qu’au retrait ; les frais perçus doivent le compenser pour que fournir reste rentable.
Oracle
Oracle
Les yeux de la chaîne sur le monde. Un contrat ne sait rien de l’extérieur : un oracle lui apporte une donnée hors-chaîne — le plus souvent un prix. C’est un pont indispensable, mais c’est aussi un point fragile : si l’oracle est manipulé ou défaille, le contrat exécute des décisions sur une réalité faussée.
Valeur extractible
MEV
La taxe invisible de l’ordre des transactions. Celui qui compose un bloc choisit l’ordre des transactions — et peut s’insérer autour de la vôtre pour en tirer profit. La MEV (maximal extractable value) regroupe ces gains : l’attaque « sandwich » achète juste avant vous et revend juste après, vous laissant un plus mauvais prix.
Échange centralisé
CEX
La Bourse de la crypto, avec un gardien. Un échange centralisé (CEX) apparie acheteurs et vendeurs via un carnet d’ordres, comme une Bourse classique — mais il détient aussi vos fonds et exige une pièce d’identité (KYC). Pratique et liquide ; en contrepartie, vous lui faites confiance pour ne pas geler, perdre ou détourner vos avoirs.
Échange décentralisé
DEX
Échanger sans guichet ni gardien. Un échange décentralisé (DEX) remplace le carnet d’ordres et le dépositaire par un contrat public : vous traitez directement contre un pool de liquidité, sans jamais lâcher vos clés ni montrer de pièce d’identité. La contrepartie : aucun recours en cas d’erreur, et des pièges propres aux AMM comme le slippage ou la perte impermanente.
Prêt-éclair
Flash loan
Emprunter une fortune sans garantie — pour un instant. Un prêt-éclair (flash loan) prête des sommes énormes sans collatéral, à une seule condition : être remboursé dans la même transaction. Si le remboursement échoue, tout s’annule comme si rien ne s’était passé. Génial pour l’arbitrage ; redoutable entre de mauvaises mains, où il sert à manipuler un oracle le temps d’un bloc.
Yield farming
Agriculture de rendement
Faire fructifier ses jetons en sautant de protocole en protocole. Le yield farming consiste à déplacer son capital vers le rendement le plus élevé du moment — frais des pools, mais surtout jetons distribués en récompense. Le piège : ce rendement vient souvent de l’émission de nouveaux jetons (de la dilution), pas de revenus réels, et le plus haut taux cache presque toujours le plus haut risque.
Cash-and-carry
Arbitrage de base
Encaisser le funding sans parier sur le prix. La stratégie cash-and-carry combine deux jambes de taille égale : on achète au comptant et on vend le perpétuel correspondant. Les deux mouvements de prix s’annulent — la position est neutre au prix, ou delta-neutre — et l’on encaisse le funding tant qu’il reste positif. Un rendement réputé sûr, mais qui suppose deux contreparties et peut se retourner.
Lire la chaîne & survivre
MVRV
Market-value-to-realized-value
Le marché paie-t-il plus que le coût ? Le MVRV compare la valeur de marché à la valeur « réalisée » — le prix moyen auquel chaque pièce a bougé pour la dernière fois. Sous 1, les détenteurs sont collectivement à perte (zone de capitulation, souvent un creux) ; bien au-dessus, ils sont en gros profit (euphorie, souvent un sommet).
NVT
Network-value-to-transactions
Le « PER » d’une chaîne. Le NVT rapporte la valorisation du réseau au volume qu’il traite réellement on-chain. Comme un PER boursier, un NVT élevé signale un prix tendu par rapport à l’usage — la chaîne vaut cher pour ce qu’elle sert ; un NVT bas suggère l’inverse.
NUPL
Net unrealized profit/loss
Le profit que personne n’a encore pris. Le NUPL mesure, à l’échelle du réseau, la part de gains (ou de pertes) latents — non encore vendus. Au-dessus de zéro, le marché est globalement en profit ; en dessous, en perte. Les extrêmes — euphorie et capitulation — accompagnent souvent les sommets et les creux.
Dominance BTC
Bitcoin dominance
La part du gâteau qui revient à Bitcoin. La dominance mesure le poids de BTC dans la capitalisation totale de la crypto. Quand elle monte, l’argent se réfugie sur Bitcoin ; quand elle baisse, il se déverse sur les altcoins (souvent une « saison des altcoins »). C’est une boussole de rotation, pas un signal d’achat.
Phrase de récupération
Seed phrase
Douze mots qui valent tout ton portefeuille. La seed phrase est la suite de 12 à 24 mots dont sont dérivées toutes tes clés privées. Qui la possède possède les fonds — il n’y a ni mot de passe oublié ni service client. On la note hors ligne, jamais en photo ni dans le cloud, et on ne la saisit jamais sur un site.
Autorisation de dépense
Token approval
Le droit que tu signes sans le lire. Pour qu’une appli DeFi utilise tes jetons, tu lui signes une autorisation de dépense. Beaucoup demandent un montant illimité par confort — pratique, mais si le contrat est malveillant ou piraté, il peut tout vider. La parade : n’autoriser que le montant nécessaire et révoquer les vieilles permissions.
MiCA
Markets in Crypto-Assets
Un seul cahier des charges pour l’Europe.MiCA est le règlement européen qui encadre la crypto : émetteurs de stablecoins, plateformes et prestataires de services, règles d’information et d’agrément. Déployé en 2024-2025, il vise à protéger l’investisseur et à harmoniser les 27 pays — au prix d’exigences lourdes pour les acteurs.
ETF au comptant
Spot ETF
Du vrai bitcoin, acheté comme une action. Un ETF au comptant est un fonds coté en Bourse qui détient réellement le sous-jacent en garde. L’investisseur traditionnel s’y expose via son courtier habituel, sans portefeuille ni clés. Approuvés aux États-Unis pour le bitcoin début 2024 (l’ether a suivi à l’été), ces produits ont ouvert un canal massif entre la finance classique et la crypto.
Capitalisation réalisée
Realized cap
Combien le réseau a vraiment payé. Plutôt que de valoriser chaque bitcoin au prix du jour (la valeur de marché), la capitalisation réalisée compte chaque pièce au prix auquel elle a bougé pour la dernière fois. La somme approche le coût de revient agrégé de tous les détenteurs — un plancher de référence bien plus stable que le prix, et le dénominateur du ratio MVRV.
Flux d’exchange
Exchange flows
Ce qui entre ou sort des plateformes, et ce que ça trahit. Quand des coins affluent vers les exchanges, c’est souvent qu’on s’apprête à vendre ; quand ils en sortent vers des portefeuilles personnels, c’est un signe de conservation. Le solde net de ces flux sert de thermomètre — à manier avec prudence, car un dépôt n’est pas une vente, et un simple transfert technique peut fausser le signal.
Rug pull
Arnaque à la sortie
Quand l’équipe arrache le tapis. Un rug pull (« tirage de tapis ») est une arnaque où les créateurs d’un projet, après avoir attiré les dépôts, vident d’un coup la liquidité ou bradent leurs jetons et disparaissent. La valeur s’effondre à zéro en un instant, sans recours. C’est pourquoi un rendement mirobolant servi par une équipe anonyme mérite la plus grande méfiance.
Portefeuille chaud & froid
Hot & cold wallet
Le compromis entre commodité et sécurité. Un portefeuille chaud (hot wallet) est connecté à Internet — pratique pour transiger, mais exposé au piratage. Un portefeuille froid (cold wallet) garde la clé hors ligne — bien plus sûr, moins commode. La règle des détenteurs sérieux : une petite somme courante au chaud, le gros de l’épargne au froid.
Portefeuille matériel
Hardware wallet
Un coffre de poche pour vos clés. Un portefeuille matériel (hardware wallet) range la clé privée dans une puce isolée, coupée d’Internet. Pour valider une transaction, l’appareil la signe en interne et ne laisse sortir que la signature — la clé, elle, ne quitte jamais le boîtier. C’est la forme la plus accessible de la conservation à froid.
Risque & money management.
Ce qui sépare le trader qui dure de celui qui saute : pas le point d’entrée, mais ce qu’il risque et comment il le dimensionne. Survivre d’abord — gagner ensuite.
Définir le risque
Money management
Money management
Combien risquer — la vraie question. Gestion de la taille des positions et du risque par trade, indépendamment de la qualité des signaux. Plus décisive que l’entrée : c’est elle qui décide si une série de pertes vous coûte une mèche ou votre compte.
Risque
La vraie perte, pas l’oscillation
La probabilité d’une perte définitive. Pas l’agitation des prix — la possibilité de ne jamais revoir son capital. On confond risque et volatilité : la volatilité passe et se rattrape ; le risque, lui, peut être permanent.
Volatilité
Volatility · l’ampleur des oscillations
De combien un prix s’agite. Mesure la dispersion des variations autour de la moyenne. Souvent prise pour le risque — à tort : un actif volatil qui finit par se redresser n’a rien coûté de définitif. Elle se mesure (écart-type), le vrai risque non.
Drawdown
Repli depuis le sommet
La chute depuis le plus haut atteint. Écart, en %, entre un pic de capital et le creux qui suit. Le max drawdown mesure la pire douleur traversée — et l’effort pour s’en remettre : −50 % exige +100 % rien que pour revenir à l’équilibre.
Risque de baisse
Downside risk
Seule la baisse fait mal. L’étendue des pertes possibles, en ignorant le potentiel de hausse. Là où la volatilité compte les écarts dans les deux sens, le risque de baisse ne mesure que ce qui appauvrit.
Risque de ruine
Risk of ruin
La perte de trop. Probabilité de perdre assez de capital pour ne plus pouvoir continuer. Le levier et le sur-dimensionnement le font exploser : quelques pertes enchaînées sur des positions trop grosses, et le compte ne se relève jamais.
Horizon
L’échelle de temps du pari
Combien de temps on peut attendre. Plus l’horizon est long, plus on encaisse la volatilité sans être forcé de vendre au pire moment. Un horizon court — ou du levier qui force la main — transforme une simple oscillation en perte bien réelle.
Risque de crédit
Credit risk
Le risque que l’emprunteur ne paie pas. Intérêts manqués, capital jamais remboursé : un prêt ne vaut que ce que vaut la solvabilité d’en face. Ne se porte volontairement que si le surcroît de rendement — la prime de risque — compense généreusement la perte possible.
Risque de financement
Funding risk
Emprunter court pour investir long. Si la dette doit être remboursée au pire moment — échéance, appel de marge — il faut brader des actifs sains et le capital fond : le « meltdown ». L’image classique : l’homme d’1,80 m noyé dans une rivière profonde d’1,50 m en moyenne.
Risque de valorisation
Valuation risk
Le risque le plus contrôlable : surpayer. Acheter un bon actif à un prix trop élevé : même si l’entreprise tient ses promesses, le rendement futur est raboté par l’excès payé au départ. C’est le risque racine du value investing, celui qu’une marge de sécurité réduit — payer bien en dessous de la valeur estimée.
Risque fondamental
Fundamental risk
Quand l’entreprise déçoit vraiment. Le risque que la performance réelle de l’actif se détériore — bénéfices en baisse, part de marché perdue, thèse cassée. À la différence du risque de valorisation (payer trop cher un bon actif), ici c’est l’actif lui-même qui se dégrade. Le binôme des deux résume l’essentiel du risque actions.
Aversion au risque
Risk aversion
Préférer le sûr à l’espérance. À gain moyen égal, préférer un résultat certain à un pari incertain — la marque d’un investisseur normal, qui exige une prime de risque pour accepter l’incertitude. À ne pas confondre avec l’aversion à la perte : l’une pèse le risque, l’autre la douleur d’une perte.
Risque de gérant
Manager risk
Choisir la mauvaise main. Le risque de confier son capital à un gérant qui sous-performe, dérive de son mandat ou détruit de la valeur. Distinct du risque du marché : même dans un marché porteur, un mauvais gérant peut perdre. C’est le pendant, côté mandant, de la gestion active.
Risque médiatique
Headline risk
Quand la position fait les gros titres. Le risque qu’une nouvelle très visible — un scandale, un tweet, une une de journal — retourne brutalement un actif ou une exposition, indépendamment des fondamentaux. Pour un gérant, une position trop voyante devient un risque en soi : elle attire l’attention, donc la pression.
Risque de carrière
Career risk
Jouer prudent pour garder son poste. L’asymétrie de récompense de l’agent : se tromper en suivant la foule est pardonné, se tromper en s’en écartant est fatal. Résultat, beaucoup de gérants collent à l’indice plutôt que de viser juste — un biais d’agence bien décrit par Howard Marks. Cousin du risque médiatique.
Mesurer
Capitalisation
Compounding
Les gains qui génèrent des gains. Réinvestir ses profits pour qu’ils produisent à leur tour : la croissance s’accélère de façon exponentielle dans le temps. Un rendement modeste mais régulier, capitalisé sur des années, dépasse de loin quelques gros coups isolés. Revers : les pertes se composent aussi — un recul de 50 % exige ensuite +100 % pour revenir à l’équilibre.
Espérance
Expectancy · le gain moyen par trade
Ce que rapporte, en moyenne, un trade. (taux de gain × gain moyen) − (taux de perte × perte moyenne). Positive, le système gagne sur la durée ; négative, aucune discipline ne le sauve. C’est le seul chiffre qui dit si un edge existe vraiment.
Win rate
Taux de réussite
La part de trades gagnants. Trompeur seul : 90 % de gains peut ruiner si les 10 % de pertes sont énormes. Il n’a de sens que couplé au ratio gain/perte — ensemble, ils donnent l’espérance. Viser « avoir raison souvent » est un piège.
Ratio gain/perte
Average win / average loss
Ce que pèse un gain type face à une perte type. Un ratio de 3 signifie qu’un gain moyen vaut trois pertes moyennes. Couplé au win rate, il fixe le seuil de rentabilité : un gain triple permet d’être gagnant en réussissant à peine plus d’un quart du temps.
VaR
Value at Risk · valeur à risque
La perte « maximale » d’une journée normale. Estime la perte qu’on ne dépassera pas, disons, 95 % du temps. Utile mais traître : elle ne dit rien des 5 % restants — c’est-à-dire des krachs, justement là où ça fait le plus mal.
Rendement ajusté du risque
Risk-adjusted return
Le gain rapporté au risque pris. Comparer deux stratégies non par leur rendement brut, mais par leur rendement par unité de risque : 10 % gagnés calmement valent mieux que 10 % arrachés dans la tourmente. C’est l’idée derrière le ratio de Sharpe ; le rapport gain/risque en est la version au niveau d’un trade.
Ratio de Sharpe
Sharpe ratio
Le rendement, corrigé du risque pris. Rendement au-delà du taux sans risque, divisé par la volatilité. Plus il est haut, mieux on est payé pour le risque encaissé. Limite connue : il pénalise la volatilité haussière autant que la baissière.
Asymétrie
Skew · le profil gain/perte
Risquer peu pour gagner gros.Favorable : la perte est plafonnée, le gain laissé courir (risquer 1 pour viser 5). Défavorable : de petits gains réguliers… avant la perte qui efface tout. Les meilleurs paris sont asymétriques.
Risque de queue
Tail risk · l’extrême qui dévaste
Le rare, mais catastrophique. Risque des événements extrêmes, peu probables et dévastateurs. Les marchés ont des « queues épaisses » : les krachs surviennent bien plus souvent que ne le prédit la courbe en cloche. C’est précisément ce que la VaR néglige.
Risque de contrepartie
Counterparty risk
Et si l’autre ne paie pas ? Le risque que la partie en face d’une transaction fasse défaut avant de tenir son engagement. C’est le vrai danger d’un notionnel de dérivé en gré à gré ; la chambre de compensation existe précisément pour l’effacer. Distinct du risque de crédit d’un emprunteur.
Cygne noir
Black swan
L’imprévisible qui change tout. Un événement rare, à fort impact, que personne n’avait vu venir — et que chacun explique très bien… après coup. Les marchés en sous‑estiment toujours la probabilité : c’est la queue épaisse de la distribution. On ne le prédit pas ; on s’y prépare, en gardant des réserves et en bornant son risque pour y survivre.
Risque de modèle
Model risk
Trop croire un modèle — ou croire un modèle faux. Les modèles supposent des lois « normales » quand la réalité a des queues épaisses ; et leur précision apparente pousse à oser ce qu’on n’oserait jamais au seul jugement. La VaR rassurait — jusqu’à la crise.
Dimensionner & protéger
Contrôle du risque
Risk control
Un état d’esprit permanent — pas une manœuvre de gros temps. Accorder autant d’importance à éviter les erreurs qu’à réussir de grands coups : limites fixées d’avance, humilité, conscience de ce qu’on ignore. À ne pas confondre avec l’évitement du risque, qui évite aussi le rendement. Comme l’assurance incendie : on ne regrette pas la prime des années sans feu.
Risque / rendement
Risk / reward · R:R
Ce qu’on risque pour ce qu’on vise. Rapport entre la distance au stop (risque) et la distance à l’objectif (gain). Un R:R de 1:3 autorise d’avoir tort deux fois sur trois et de rester gagnant. À fixer avant d’entrer, jamais après.
Taille de position
Position sizing
Combien risquer sur ce trade. On part du risque accepté (ex. 1 % du capital) et de la distance au stop pour en déduire la taille — pas l’inverse. Le réglage le plus sous-estimé : il décide de la survie bien avant le choix du point d’entrée.
Critère de Kelly
Kelly criterion
La mise qui maximise la croissance. Fraction optimale à risquer : f = p − (1−p)/R, avec p la probabilité de gain et R le ratio gain/perte. Très volatile en pratique — la plupart misent une demi-Kelly, ou moins, pour dormir la nuit.
Stop-loss / Take-profit
Couper la perte / prendre le gain
Les deux bornes décidées d’avance. Le stop-loss ferme à une perte maximale acceptée ; le take-profit, à l’objectif atteint. Posés à froid, avant l’entrée — pas dans l’émotion du moment, quand le jugement flanche toujours.
Stop suiveur
Trailing stop
Un stop qui monte avec le prix. Il remonte à chaque nouveau plus haut mais ne redescend jamais : il verrouille les gains acquis tout en laissant courir la tendance. Se déclenche dès que le prix se retourne du montant fixé.
Breakeven
Seuil de rentabilité
Ni gain ni perte. Le niveau où la position vaut son prix d’entrée, frais inclus. Remonter son stop au breakeven, une fois en profit, supprime le risque tout en gardant le potentiel : le trade devient « gratuit ».
Sortie partielle
Scale-out
Encaisser une part, laisser courir le reste. Solder une fraction de la position à une première cible transforme le trade : dès que le gain déjà pris couvre le risque initial — la moitié à +2R, un tiers à +3R —, le stop est « payé » : on le remonte au breakeven, et le trade ne peut plus virer perdant. Le reliquat — le runner — garde alors la queue droite du gain : on le laisse courir sous stop suiveur. On allège par paliers, jamais tout d’un bloc : la sécurité d’un côté, l’asymétrie de l’autre.
Exposition
Exposure
Le capital réellement en jeu. Somme des risques ouverts à un instant. Plusieurs positions corrélées = une seule grosse position déguisée : on se croit diversifié alors qu’on est, en réalité, surexposé au même pari.
Diversifier & couvrir
Diversification
Ne pas tout miser au même endroit
Répartir pour ne pas tout perdre d’un coup. Détenir des actifs peu corrélés : quand l’un souffre, l’autre tient. Mais sur-diversifier dilue le rendement — et en pleine crise, les corrélations filent vers 1 : presque tout chute ensemble.
Risque de concentration
Concentration risk
Trop d’œufs dans le même panier. Le risque de porter peu de positions, ou fortement corrélées : chaque erreur pèse alors très lourd. L’inverse exact de la diversification — concentrer amplifie autant les gains que les pertes, et une seule thèse qui casse peut emporter le portefeuille.
Corrélation
Correlation
Deux actifs bougent-ils ensemble ? De +1 (à l’unisson) à −1 (en miroir). Seuls des actifs peu ou négativement corrélés diversifient vraiment. Le piège : la corrélation grimpe juste quand on en aurait besoin — en crise, tout tombe de concert.
Bêta
Beta · sensibilité au marché
De combien on bouge quand le marché bouge. Bêta 1 = comme le marché ; > 1 = amplifie (plus nerveux) ; < 1 = amortit. Il mesure l’exposition au risque non diversifiable — le risque systématique du marché, qu’aucune diversification n’efface.
Couverture
Hedging
Céder un peu de gain pour réduire la perte. Prendre une position qui gagne quand la principale perd, afin d’amortir le choc. Raisonnable, mais jamais gratuit ni garanti — et truffé de pièges : le mauvais instrument, le mauvais montant, le mauvais moment.
Risque de base
Basis risk
La couverture qui se désolidarise. Quand l’actif de couverture cesse de bouger comme celui qu’il protège, l’écart se paie. C’est le risque central de tout hedge imparfait : les deux jambes divergent, souvent au pire moment.
Arbitrage positif
Le bon compromis d’une couverture
Retirer plus de risque que de potentiel. Une couverture bien menée ôte davantage de risque de perte qu’elle ne sacrifie de potentiel de gain. C’est tout l’objectif d’un bon hedge : un compromis dont le solde net penche du bon côté.
Prime de risque
Risk premium
Le surplus qui paie le risque. Rendement attendu au-delà de l’actif sans risque, en compensation du risque pris. Sans elle, personne ne détiendrait d’actif risqué. Trop maigre, le risque n’est pas payé ; généreuse, elle signale souvent une vraie occasion.
Psychologie & biais.
Le dernier adversaire, le plus coriace : soi-même. La stratégie se trouve dans les livres ; la discipline de l’appliquer, nulle part. Les comptes meurent d’émotion, pas de mauvaise analyse.
Biais cognitifs
Aversion à la perte
Loss aversion
Perdre fait deux fois plus mal que gagner ne fait plaisir. À somme égale, la douleur d’une perte pèse environ le double du plaisir d’un gain. D’où nos pires réflexes : garder un perdant pour « se refaire », couper un gagnant trop tôt.
Biais de confirmation
Confirmation bias
On ne voit que ce qui nous donne raison. Une fois la position prise, on cherche les informations qui la confirment et on écarte celles qui la contredisent. Le marché, lui, n’a que faire de notre thèse.
Biais d’infirmation
Disconfirmation bias
Chercher activement ce qui nous donne tort. L’inverse — et le remède — du biais de confirmation : au lieu de collectionner les preuves qui rassurent, on part en chasse de celles qui réfutent sa propre thèse. Rare, mais les traders qui y parviennent comptent parmi les plus profitables : c’est le moteur du pré-mortem et de l’instruction du camp adverse.
Excès de confiance
Overconfidence
Se croire meilleur que la moyenne. Surestimer la justesse de ses prévisions et son contrôle sur le hasard. Mène à des positions trop grosses et trop nombreuses… jusqu’à la séance qui remet les pendules à l’heure.
Ancrage
Anchoring
S’accrocher au premier chiffre vu. On juge un prix par rapport à un repère arbitraire — souvent son propre prix d’achat — plutôt qu’à sa valeur. « C’était à 100, à 60 c’est donné » : on suit l’ancre, pas l’analyse.
Biais de récence
Recency bias
Le passé récent paraît éternel. On extrapole les dernières séances : après une hausse, tout le monde est haussier ; après un krach, personne ne rachète. On surpondère ce qu’on vient de vivre — souvent juste au pire moment.
Effet de disposition
Disposition effect
Vendre ses gagnants, garder ses perdants. L’exact inverse du bon sens : on encaisse vite un petit gain, par peur de le rendre, et on laisse courir une perte, par espoir du retour. L’aversion à la perte en action.
Comptabilité mentale
Mental accounting
Tout argent n’a pas la même couleur. On traite l’argent différemment selon son origine — « je joue avec les gains de la maison » — alors qu’un euro vaut un euro. Pousse à prendre trop de risque sur les profits récents.
Erreur du parieur
Gambler’s fallacy
« Après cinq rouges, le noir est dû. » Croire qu’une série passée change les probabilités à venir, alors que chaque tirage est indépendant. En Bourse : « ça a tellement baissé que ça doit remonter » — pas forcément.
Sophisme de la main chaude
Hot hand fallacy
« Je suis en forme, je double. » Croire qu’une série de succès va se poursuivre, comme si la chance « chauffait ». Le jumeau inversé de l’erreur du parieur : l’un attend le retournement après une série, l’autre sa continuation. Deux façons de voir une structure là où il n’y a que du hasard.
Biais du survivant
Survivorship bias
On n’entend que les gagnants. On étudie les traders et stratégies qui ont réussi, en oubliant la masse de ceux qui ont disparu. Le palmarès visible surévalue les chances de succès et masque le rôle de la chance.
Heuristique
Mental shortcut
Le raccourci mental du cerveau. Face à l’incertitude, on juge vite avec des règles approximatives plutôt qu’un calcul complet. Souvent efficace — mais c’est de ces raccourcis que naissent les biais : la vitesse se paie en erreurs systématiques.
Biais de disponibilité
Availability bias
Se contenter de l’information qui tombe sous la main. Au lieu de chercher activement toute l’information utile, on décide sur un signal faible — un résultat publié, une baisse prise pour « une affaire » — sans attendre la convergence de plusieurs signaux. Le novice se précipite dès le premier.
Biais de représentativité
Representativeness
Conclure d’un échantillon minuscule. On prend une courte série pour une loi — cinq trades gagnants et l’on se croit infaillible — et l’on juge par ressemblance à un schéma type, en oubliant les probabilités de base. La fameuse loi des petits nombres.
Biais de familiarité
Familiarity bias
Confondre familier et sûr. On surpondère ce qu’on connaît — son action fétiche, son marché national — en croyant que la familiarité réduit le risque. Elle ne réduit que la diversification, et concentre le danger là où l’on se sent à l’aise.
Biais de conservatisme
Conservatism bias
S’accrocher à sa conviction initiale. On surévalue ce qui la confirme et l’on minimise ce qui la contredit, révisant trop lentement face à une information nouvelle — pour fuir l’inconfort d’avoir tort. Le scénario est démenti qu’on y croit encore.
Biais d’optimisme
Optimism bias
« Ça n’arrivera qu’aux autres. » On surestime ses chances de gain et sous-estime la probabilité que tout tourne mal — pour soi. Le stop paraît superflu, le scénario rose forcément acquis. La réalité, elle, ignore nos vœux.
Dissonance cognitive
Cognitive dissonance
Quand le marché contredit nos certitudes, ça fait mal. Cette tension entre ce qu’on croit et ce qu’on voit, on la résout trop souvent en occultant l’information gênante plutôt qu’en changeant d’avis : on ferme les yeux au lieu de couper.
Pensée magique
Magical thinking
Croire que vouloir suffit à faire. Espérer qu’en pensant très fort à la hausse on l’influencera — comme le parieur qui encourage son cheval. Le marché n’entend pas nos vœux : seuls comptent le plan et les probabilités, jamais l’intensité de l’espoir.
Biais du résultat
Outcome bias
Confondre une bonne décision et un bon résultat. On juge un choix d’après ce qu’il a rapporté, pas d’après sa justesse au moment où on l’a pris. Or une bonne décision peut perdre (malchance) et une mauvaise peut gagner (chance) : sur la durée, seul le processus paie.
Biais rétrospectif
Hindsight bias
« Je le savais. » Une fois l’issue connue, on se persuade qu’on l’avait prévue — alors qu’avant l’événement, tout était incertain. Le passé paraît toujours évident après coup : d’où l’illusion de contrôle, et ces gros titres qui « expliquent » chaque séance.
Apophénie
Apophenia
Voir des figures là où il n’y a que du hasard. Le cerveau impose des motifs et des liens de cause à effet à des données aléatoires. En trading : croire qu’une poignée de bougies « dessine » une figure fiable, ou qu’un backtest a déniché un signal — là où il n’y a que du bruit.
Effet de dotation
Endowment effect
Ce qui est à moi vaut plus… parce que c’est à moi. Du seul fait de posséder un actif — ou une position — on lui prête une valeur supérieure au prix qu’on accepterait de payer pour l’acheter. On garde sa ligne « parce que c’est la mienne », pas pour de bonnes raisons.
Argent du casino
House money effect
On joue les gains plus gros que le capital. Après une bonne série, on traite ses profits comme « l’argent du casino » — pas vraiment le sien — et on prend des risques qu’on s’interdirait sur sa mise de départ. La discipline de taille se relâche juste quand le compte vient de monter.
Biais favori-outsider
Favorite-longshot bias
On surpaie le ticket de loto. On surévalue les paris à faible probabilité et gros gain — l’outsider — et on sous-évalue les favoris, pourtant plus rentables sur la durée. En Bourse : payer trop cher des options très en dehors, pour le ×10 improbable.
Biais des nombres ronds
Round-number bias
Les ordres s’agglutinent sur les chiffres ronds. Humains et algorithmes concentrent leurs ordres et leurs stops sur les nombres ronds (1,1000, 50 000…). Ces amas de liquidité deviennent des aimants à prix et des zones de réaction — d’où l’astuce : placer son stop un cran au-delà du rond, jamais dessus.
Biais de négativité
Negativity bias
Le pessimiste paraît plus intelligent. On donne plus de poids — et plus de crédit — aux avis et aux nouvelles négatifs qu’aux positifs. « Les baissiers ont l’air malins, les haussiers ont l’air riches. » Bon à savoir face aux médias et aux permabears.
Recherche de sensations
Sensation seeking
Le frisson l’emporte sur l’espérance. Le besoin de stimulation pousse à trader pour l’excitation, pas pour le gain : on délaisse les setups ennuyeux mais rentables au profit des marchés volatils et des paris « loterie ». Une cause majeure de surtrading.
Sagesse des foules
Wisdom of crowds
La moyenne de la foule vise juste. La moyenne des estimations d’une foule nombreuse, diverse et indépendante est souvent plus juste que l’avis de presque chaque individu. C’est pourquoi le prix de marché — cette moyenne — est si difficile à battre.
Système 1 / Système 2
Fast & slow thinking
Deux vitesses de pensée. Le Système 1 est rapide, instinctif, économe — et truffé de raccourcis biaisés. Le Système 2 est lent, conscient, logique — mais paresseux. Trader, c’est savoir débrancher le réflexe (S1) pour engager l’analyse (S2) aux moments qui comptent.
Rationalité (QR)
Rationality quotient
Bien raisonner n’est pas être intelligent. L’aptitude à raisonner logiquement et probabilistiquement, sans céder aux raccourcis mentaux — distincte du QI. On peut avoir un QI élevé et une rationalité faible. C’est elle, plus que le QI, qui pèse sur le succès en trading.
Calibration
Calibration
Accorder sa certitude à la réalité. Un jugement est bien calibré quand la confiance affichée colle à la probabilité réelle : sûr à 70 %, on a raison 7 fois sur 10. Le trader mal calibré donne le plus souvent des fourchettes trop serrées — et se trompe avec aplomb.
Pré-mortem
Pre-mortem
Imaginer l’échec avant de jouer. Avant d’entrer, on suppose que le trade a déjà échoué et on en cherche les causes. L’exercice débusque les angles morts que l’excès de confiance et le biais de confirmation masquent — et affine le plan, ou l’annule.
Pensée bayésienne
Bayesian updating
Un a priori, révisé à chaque indice. Plutôt que chercher à confirmer sa vue, on lui donne une probabilité de départ (l’a priori) puis on la met à jour honnêtement à chaque information nouvelle. L’antidote direct au biais de confirmation.
Surapprentissage
Overfitting · p-hacking
Parfait au backtest, désastreux en réel. À force d’optimiser une stratégie sur le passé, on épouse le bruit, pas le signal : la courbe de backtest est superbe, la performance réelle s’effondre. Moins d’observations, plus de mirages — la loi des petits nombres.
Émotions & discipline
FOMO
Fear of missing out
La peur de rater le train. Entrer en catastrophe sur un mouvement déjà bien avancé, parce que « tout le monde gagne sauf moi ». On achète le sommet — juste avant que la fusée ne retombe.
Revenge trading
Le trade de la vengeance
Vouloir se refaire, tout de suite. Après une perte, reprendre aussitôt une position plus grosse pour « récupérer », sous le coup de la colère. La pire décision se prend presque toujours juste après la précédente.
Surtrading
Overtrading
Trop trader tue le trade. Multiplier les opérations par ennui, impatience ou besoin d’action, bien au-delà des vraies occasions. Chaque trade superflu ajoute des frais et des erreurs ; souvent, ne rien faire est la meilleure position.
Tilt
Sur les nerfs
Le moment où la raison décroche. Emprunté au poker : un état émotionnel — après une grosse perte ou un gros gain — où l’on abandonne son plan et enchaîne les décisions impulsives. Se savoir en tilt, c’est déjà devoir s’arrêter.
Moyenner à la baisse
Averaging down
Du bon argent après le mauvais. Racheter plus bas pour abaisser son prix moyen — séduisant, mais c’est ajouter de l’argent à une position qui prouve déjà qu’on avait tort. Parfois ça sauve ; souvent ça transforme une petite perte en désastre.
Couper ses pertes
Cut losses, let profits run
La seule règle qui sauve un compte. Solder vite une position qui a tort, laisser filer celle qui a raison. Contre-intuitif — l’instinct fait l’inverse — mais c’est cette asymétrie qui rend gagnant sur la durée.
Discipline
Maîtrise de soi
Faire ce qu’on a prévu, même sans en avoir envie. Ce qui sépare le plan de son exécution. Le talent d’analyse ne vaut rien sans elle : la plupart des comptes sautent sur une entorse au plan, pas sur une erreur d’analyse.
Plan de trading
Trading plan
Décider à froid pour exécuter à chaud. Un jeu de règles écrites — entrée, sortie, risque, taille — fixé avant d’être exposé. Il transforme des choix émotionnels en gestes mécaniques. Sans plan, chaque trade est une improvisation.
Patience
Attendre sa configuration
Attendre le bon coup, pas un coup. Savoir rester à l’écart tant que la configuration n’est pas là. Les bonnes occasions sont rares ; forcer le marché entre-temps ne fait que distribuer son capital à ceux qui patientent.
La zone
In the zone · flow
L’état où tout devient fluide. En harmonie avec le marché, on exécute sans forcer ni douter. Elle se tient sur la crête entre l’anxiété — quand le défi dépasse la maîtrise — et l’ennui, quand la maîtrise dépasse le défi. Devoir forcer, c’est déjà en être sorti.
Observateur interne
Internal observer
Se regarder agir, de l’extérieur. Prendre du recul sur soi comme un témoin neutre : nommer l’émotion qui monte — « là, je panique » — suffit souvent à reprendre la main. La première compétence pour revenir dans la zone.
Ego
Avoir raison, ou gagner
Vouloir avoir raison plutôt que gagner. L’ego fait d’une position une affaire d’amour-propre : on refuse de couper pour ne pas s’avouer son erreur, et une petite perte devient énorme. Le marché se moque de qui a raison ; les grands traders n’en ont aucun.
Visualisation
Mental rehearsal
Répéter le film avant la séance. S’imaginer, au calme, exécuter chaque étape — entrée, prise de bénéfices, et surtout le stop — et affronter le pire scénario. Le jour venu, la bonne réaction est devenue un réflexe. Comme le sportif avant l’épreuve.
Journal de trading
Trading journal
Le carnet de bord qui fait progresser. Y consigner chaque trade — raison d’entrée, état d’esprit, stop, résultat — puis le relire à froid. C’est là qu’on repère ses erreurs récurrentes et qu’on change l’expérience en compétence. Le pendant du plan de trading.
Théorie des marchés
Finance comportementale
Behavioral finance
La psychologie appliquée aux marchés. La discipline qui étudie comment l’émotion et les biais éloignent les prix de la rationalité. Elle explique pourquoi des erreurs persistent là où la théorie classique les croit impossibles.
Prospect theory
Théorie des perspectives
On ne pèse pas le risque rationnellement. Théorie de Kahneman et Tversky : face au gain on devient prudent, face à la perte on prend des risques pour l’éviter — et la douleur d’une perte dépasse le plaisir d’un gain égal. Le socle de la finance comportementale.
Comportement grégaire
Herding · l’instinct de troupeau
Faire comme tout le monde, jusqu’au bord du gouffre. Acheter parce que tout le monde achète, vendre parce que tout le monde vend — quel que soit le prix. Rassurant pour l’individu, dévastateur pour le groupe : c’est le moteur des bulles et des krachs.
Prophétie auto-réalisatrice
Self-fulfilling prophecy
Y croire suffit à le faire advenir. Quand assez de monde agit sur une anticipation, elle se réalise d’elle-même — un support tient parce que tous y achètent. Vrai… jusqu’à ce que la foule change d’avis.
Inefficience de marché
Market inefficiency
L’écart de prix qu’on peut exploiter. Quand le prix s’éloigne de la valeur — par excès d’émotion, contrainte ou information mal digérée. C’est le contraire de l’hypothèse d’efficience : sans inefficiences, aucune gestion active ne pourrait battre le marché. La performance vit dans ces erreurs temporaires.
Sentiment de marché
Market sentiment
L’humeur collective qui meut les prix. L’état d’esprit dominant des intervenants, du désespoir à l’euphorie. Aux extrêmes, il devient contrarian : la peur maximale marque souvent un creux, l’avidité un sommet. Se lit dans les enquêtes, le VIX, le positionnement — et alimente les emballements.
Marchés efficients
Efficient Market Hypothesis · EMH
« On ne bat pas le marché. » L’hypothèse que les prix reflètent déjà toute l’information disponible — donc aucune affaire à dénicher. Vraie en grande partie : l’information est intégrée vite… mais pas toujours correctement. C’est la faille qu’exploite l’investisseur actif.
Valeur intrinsèque
Intrinsic value
Ce que la chose vaut vraiment. La valeur fondamentale d’un actif, indépendante de son prix coté. Le prix tourne autour d’elle sans s’y poser : tout l’écart entre les deux est, selon le camp, une erreur ou une occasion.
Prix vs valeur
Le prix n’est pas la valeur
Le prix, c’est ce qu’on paie ; la valeur, ce qu’on obtient. Les deux coïncident rarement : l’euphorie pousse le prix bien au-dessus de la valeur, la panique bien en dessous. Acheter quand le prix est inférieur à la valeur, voilà tout l’art.
Retour à la moyenne
Mean reversion
Tout finit par revenir vers sa moyenne. Les excès se corrigent : un actif loin au-dessus (ou au-dessous) de sa moyenne tend à s’y recoller. Plus l’écart se creuse, plus la correction promet d’être ample — l’inverse de ce que croit la foule, qui extrapole.
Contrarian
À contre-courant
Acheter quand les autres vendent. Aller à l’encontre du consensus — précisément quand la peur ou l’euphorie a poussé les prix trop loin. Inconfortable, intenable sans conviction… mais c’est là que se trouvent les meilleures affaires.
Variant perception
Avoir raison ET être différent
Avoir raison quand le marché a tort. Une opinion qui s’écarte du consensus et se révèle juste. C’est la seule source de surperformance : penser comme tout le monde donne le rendement de tout le monde.
Cycles de marché
Le balancier
Le marché oscille, il ne marche pas droit. Tel un balancier, il passe de l’euphorie à la panique, du trop cher au trop bas — et ne s’arrête presque jamais au « juste prix », qu’il se contente de traverser. Savoir où l’on se situe dans le cycle vaut mieux que prédire : on achète la peur, on vend l’avidité, on garde de la marge pour l’excès suivant.
Capitulation
La reddition de la foule
Quand tout le monde abandonne en même temps. Le plongeon final d’une baisse : la foule, à bout, vend en panique dans un pic de volume. Paradoxalement, cet abandon massif marque souvent le creux — il ne reste plus personne pour vendre. C’est l’instant où les mains fortes ramassent ce que les mains faibles jettent.
Marge de sécurité
Margin of safety
Acheter bien en dessous de la valeur. L’écart entre le prix payé et la valeur estimée d’un actif. Plus il est large, plus on est protégé d’une erreur d’analyse ou d’un coup du sort : la marge absorbe l’imprévu. Le cœur de l’investissement « value » — ne pas payer le juste prix, mais nettement moins.
Meneurs
Valeurs phares
Les valeurs qui donnent le la. Une poignée de titres — les plus gros, les plus actifs, les plus suivis — mènent le marché : l’impulsion y naît d’abord, puis se propage aux seconds rôles et aux retardataires avec un temps de retard. On les surveille pour lire la tendance en premier — et si l’élan passe aux retardataires tandis que les meneurs calent, cette rotation trahit souvent une distribution, signe d’un sommet proche.
Mains faibles / fortes
Weak / strong hands
Tout dépend de qui détient. Les mains faibles — opérateurs à crédit, émotifs, sur-engagés — lâchent à la première frayeur et vendent dans la panique, au plus bas. Les mains fortes — capital patient, souvent les gros — accumulent dans le calme et tiennent. Un titre passe des mains fortes aux faibles au sommet (distribution), et des faibles aux fortes au creux : une secousse qui éjecte les mains faibles sert précisément à livrer le titre aux mains fortes.
Edge
Avantage statistique
L’avantage durable sur le marché. Tout ce qui donne une espérance positive — une information, une structure, une discipline comportementale — au-delà des coûts de transaction. Sans edge identifiable et explicable, le trading est un jeu à somme négative.
Régime de marché
Market regime
L’état dominant du moment. Selon la volatilité et la liquidité, le marché est en tendance, en range ou en chaos — et chaque régime favorise une stratégie différente. Il change sans prévenir : la clé est de l’identifier et de s’y adapter, pas de s’accrocher à un style.
Variance
Le rôle du hasard
Une bonne décision peut perdre. La part de hasard dans les résultats. Sur peu de trades, le bruit domine : un bon process peut enchaîner les pertes, un mauvais peut gagner. Seul le grand nombre révèle l’espérance — d’où l’intérêt de juger le process, pas le coup isolé.
Métajeu
Metagame
Le jeu derrière le jeu. La stratégie gagnante dépend de ce que font les autres — et s’érode dès que tout le monde s’y met. Lire le métajeu, c’est anticiper l’adaptation des autres et changer de terrain avant eux.
Réflexivité
Reflexivity
Le prix change les attentes… qui changent le prix. Boucle de rétroaction popularisée par un grand spéculateur : la hausse nourrit l’optimisme, qui nourrit les achats, qui nourrissent la hausse. Le prix ne reflète pas seulement la réalité — il la façonne, jusqu’au retournement.
Bruit de marché
Noise
Du mouvement sans information. La majeure partie des variations de prix est aléatoire et ne porte aucun signal. Certaines séances sont 100 % bruit. Le danger : y réagir, inventer des causes, surtrader. L’art est de distinguer le signal du bruit — et d’ignorer le second.
Pensée de second niveau
Second-level thinking
Penser plus loin que l’évidence. Le premier niveau conclut vite — « bonne entreprise, j’achète ». Le second creuse : que pense déjà le consensus ? est-ce intégré au prix ? quel est l’éventail des issues ? Surperformer suppose d’être différent de la foule et plus juste qu’elle ; sinon, on récolte le rendement de tout le monde.
Machine à peser, machine à voter
Weighing & voting machine
À court terme on vote, à long terme on pèse. La formule de Benjamin Graham : à court terme, le marché est une machine à voter — mû par l’émotion et la popularité, le prix s’écarte de la valeur ; à long terme, c’est une machine à peser — il finit par refléter la valeur réelle. La patience transforme le vote en pesée.
Gestion passive
Passive investing
Posséder tout le marché, sans rien choisir. Plutôt que sélectionner des titres, on réplique un indice et l’on accepte son rendement moyen — à très bas coût. Logique si l’on croit les marchés efficients : puisqu’on ne les bat pas, autant ne pas payer pour essayer. Son succès même finit par creuser des occasions pour l’investisseur actif patient.