China Still (not rising) 2
La faiblesse chinoise persiste : ventes au détail, production et immobilier déçoivent, les marchés cassent leurs plus-bas de l’année et de 2020.
Confirmation que la faiblesse chinoise persiste.
Ces derniers jours, les marchés boursiers chinois sont tombés sous leurs plus bas de l’année — et de 2020, anéantissant l’espoir, en Occident, d’une relance chinoise en 2024. Tant qu’un véritable changement de politique n’aura pas lieu, le scénario a toutes les chances de se répéter.
Les indices passent sous leurs plus bas de l’année et sous les niveaux de 2020 : faute de relance pour enrayer le mouvement, la cassure appelle de nouvelles baisses.
Le week-end a livré une nouvelle salve de données décevantes
Sur le week-end, une nouvelle série de chiffres est ressortie nettement sous les attentes. Trois fronts, le même message — l’économie ralentit.
| Indicateur | Dernier (glissement annuel) | Lecture |
|---|---|---|
| Ventes au détail | +2,1 % | Quelques dixièmes sous les attentes, et très faibles dans tout contexte historique |
| Production industrielle | +4,5 % | Quelques dixièmes sous les attentes |
| Prix de l’immobilier | Nouveau plus-bas | Sur un an — voir réserve ci-dessous |
Sur l’immobilier, une précision s’impose : la plupart des observateurs savent que le chiffre officiel sous-estime largement la baisse des prix par rapport à ce que constate le secteur privé. Il n’en reste pas moins révélateur d’une tendance qui se poursuit.
Les marchés sanctionnent : actions et obligations sur de nouveaux plus-bas
En réponse à ces données, les marchés chinois ont enfoncé de nouveaux planchers.
- Les actions ont franchi les plus bas atteints plus tôt dans l’année et sont repassées sous les niveaux de 2020.
- Les rendements des obligations chinoises touchent eux aussi de nouveaux plus-bas — et ce malgré les tentatives récentes des régulateurs pour stopper l’engouement sur le marché obligataire.
Le signal est net : les taux continuent de plier alors même que les autorités cherchent à les retenir.
Personne, pour l’instant, ne reprend les choses en main
La faiblesse de l’économie, et des marchés qui anticipent déjà un ralentissement continu, n’est prise en main par personne. Jusqu’à présent, la plupart des responsables ne semblent pas avoir l’intention d’agir : l’espoir de voir le troisième plénum se concentrer sur les questions intérieures ne s’est pas concrétisé.
C’est probablement le pire résultat possible pour l’économie.
Un désendettement banal qui dérape en dépression
Le malaise chinois découle d’un désendettement pourtant plutôt normal. Il se poursuivra tant que les décideurs n’auront pas déplacé leur attention d’une obsession du « sentiment » vers une politique de fond — celle qui traite les créances douteuses et soutient la demande intérieure.
Tant que ces politiques ne seront pas mises en place, rien ne pourra arrêter la dynamique de la dépression, tant elle est profondément ancrée.
Et, comme souvent dans ces cas-là, il faudra vraisemblablement beaucoup plus de souffrance avant que l’action ne soit enfin engagée.