Inflation US
Si le rapport sur l’inflation américaine publié aujourd’hui correspond aux attentes du consensus, il marquera une hausse des prix de plus de 4% en glissement annuel pour la première fois depuis le printemps 2023. Cette remontée ne devrait surprendre presque personne, car elle était en grande partie déjà intégrée, avec des prix du pétrole en hausse de 50% depuis le début de l’année.
Si vous discutez avec un optimiste des marchés actions ces temps-ci, il vous dira souvent qu’il n’y a rien à craindre du côté de l’inflation. Selon lui, une inflation plus élevée est même une bonne chose puisqu’elle stimule les bénéfices nominaux. Il y a une part de vérité dans cet argument, mais il simplifie à l’excès le fait que, pour que cela se produise sans freiner la croissance réelle, il faut soit un recours à l’épargne (désépargne), soit une hausse des revenus nominaux pour absorber l’augmentation des prix.
Lorsqu’un choc inflationniste survient, il passe souvent par une désépargne immédiate, ce qui peut donner l’illusion que la demande nominale s’ajustera naturellement à la hausse des prix. Mais cette adaptation initiale peut être de courte durée si les prix restent élevés.
La période immédiatement après le Covid a donné une image quelque peu trompeuse de la manière dont une poussée inflationniste se déroule habituellement. À ce moment-là, les interventions massives des gouvernements ont en quelque sorte effectué la désépargne nécessaire pour que les ménages maintiennent leur pouvoir de dépense nominal malgré la hausse des prix. Cela donnait l’impression que l’inflation élevée était positive pour les marchés actions.
Aujourd’hui, la situation est très différente. La croissance des salaires nominaux a été de 2,7% annualisés sur les trois derniers mois. Il n’y a pas de soutien budgétaire supplémentaire significatif en vue. Au contraire, ce sont les ménages qui supportent le poids, contraints de puiser agressivement dans leur épargne pour maintenir leur niveau de dépenses actuel. Cela peut durer un certain temps — rappelons que nous ne disposons pour l’instant que des données de demande jusqu’à la première moitié d’avril — mais, à terme, des ménages sous pression auront du mal à suivre.
Le retour à une inflation de 4% aujourd’hui rappelle cette pression.
Un regard sur les chiffres Le rapport sur l’inflation publié aujourd’hui devrait montrer une hausse de l’inflation globale à 4,2%, son niveau le plus élevé depuis plus de trois ans.