Fed Over Easying 50bps
La Fed assouplit agressivement une économie pourtant solide : or, actions, obligations et pente des taux valident déjà ce régime « Over Easy ».
La semaine dernière, la Fed s’est engagée à procéder à un assouplissement agressif pour soutenir une économie pourtant suffisamment solide. Depuis, l’action des marchés ne laisse guère de place au doute — avec, ces derniers jours, un coup de pouce venu de Chine :
- l’or monte ;
- les actions montent ;
- les obligations baissent ;
- la courbe des taux se repentifie.
Quatre réactions caractéristiques d’un régime « Over Easy » (Fed jugée trop accommodante) : or et actions montent, obligations refluent, courbe qui se repentifie.
Une politique « Over Easy »
Tout cela colle à la politique « Over Easy » de la Fed : s’engager dans un cycle d’assouplissement agressif au moment précis où l’économie est en fin de cycle, où les pressions inflationnistes restent supérieures au mandat et où la conjoncture se porte bien. Une telle combinaison produit logiquement un ensemble de réactions de marché alignées sur une politique jugée « trop accommodante » — et l’orientation des prix l’a assez clairement confirmé.
L’assouplissement ne faisant que commencer, cette politique devrait probablement continuer à pousser les marchés. La rhétorique de la Fed depuis l’annonce n’a fait que renforcer l’idée d’un engagement dans l’assouplissement agressif, peu importe les données, l’action du marché ou la prudence. La probabilité d’une réduction massive des taux en novembre augmente, et les rendements à 2 ans continuent de baisser.
Ce qu’il faudrait pour inverser la dynamique
Tant que la Fed assouplit agressivement et que les données macroéconomiques tardent, il faudra vraisemblablement un resserrement du marché par la partie longue — reflet de la politique imprudente en place — pour stopper le mouvement. Or un tel resserrement ne ferait qu’entraîner une baisse des prix des actifs financiers.
Mais la partie avant de la courbe est déjà tellement comprimée pour intégrer l’assouplissement de la Fed qu’il faudra sans doute une forte pression sur la partie longue pour renverser cette action des marchés — facilement dans les 4 % avant que ne surgissent les premières inquiétudes sur l’effet des taux sur la croissance ou les actifs financiers. Et tout signe de faiblesse risque d’être accueilli par une tarification encore plus agressive sur le segment court, ce qui ne ferait que renforcer davantage le caractère accommodant de la politique.
Échanger avec la Fed, pas la combattre
Même si cet assouplissement n’apparaît pas comme une stratégie prudente au regard des conditions macroéconomiques, c’est la politique en place — et la Fed redouble d’efforts sur les baisses à venir. Mieux vaut donc composer avec elle plutôt que la combattre, d’autant que d’autres pays semblent lui emboîter le pas.
Le segment court génère l’essentiel de la volatilité, y compris sur le segment long : les opinions sur le taux à 20 ans et à 10 ans ne changent au fond pas grand-chose. La prime de terme sur ces obligations reste faible, et la pression joue en faveur d’une nouvelle repentification de la courbe — dont on pourrait voir le début dès maintenant.
Enfin, une baisse de 50 points de base profite habituellement à un éventail d’entreprises plus large que les seules méga-capitalisations, ce qui soutient une surperformance des actions à pondération égale par rapport à la pondération par capitalisation boursière.